‹ L'art japonais (volume 2)Chapitre 16 sur 159 · PELERIN SUR UNE MULE · texte numérisé non relu

PELERIN SUR UNE MULE

(Brûle-parfums en bronze de la collection de M. Henri Cernuschi. — Rédaction au i/ûe.)

toutes probabilités, remonte à cette époque. J'en ai donné une reproduction dans le premier chapitre du présent ouvrage (t. I", p. 11). C'est un vase de om,i8 de hauteur représentant la naissance des trois signes du zodiaque, le bœuf, le tigre et la souris, correspondant aux trois premiers mois de l'année. Il est formé par des flots sym-

boliques qui en épousent la courbure ressentie. « Les animaux au robuste relief, dit M. Paul Mantz, qui décorent les flancs du vase et qui s'en dégagent comme des formes sortant du chaos, ont une sorte de grandeur héroïque. » La patine tire sur le gris verdâtre et dénote un bronze à alliage d'argent de la plus grande finesse. Elle est exactement semblable à celle des bronzes grecs de travail archaïque. Du reste, tout l'ensemble de la pièce est du plus beau style, du plus original, du plus simple et du plus vigoureux caractère; et n'étaient le sujet et la provenance, le premier sentiment serait d'en reporter l'origine à la Grèce elle-même. Ce rare et intéressant monument a été découvert à Osaka, dans les décombres d'un temple brûlé.

Plus nombreux encore sont les monuments du xnc siècle. La grande époque de Yoritomo a laissé dans toutes les branches de l'art des traces de son activité.

A cet âge il faut rattacher la grande cloche en bronze de Kioto, placée au sommet d'une colline non loin du temple de Tshiôin. M. Dubard en évalue la hauteur à six mètres et la largeur d'ouverture à trois mètres. Elle est décorée de figures en relief d'un superbe travail. Une autre cloche du poids de 3o,ooo kilogrammes, de belles lanternes en bronze, une image de la déesse Kouanon et des vases appartenant à l'art du xne siècle sont conservés dans le temple du Daïbouts à Nara. Une troisième cloche, plus grande encore, mais de date un peu plus récente, existe à Kioto, près du Daïbouts en bois.

J'ai hâte maintenant d'arriver à l'œuvre de sculpture la plus importante que le siècle de Yoritomo ait produite et qui fort heureusement subsiste intacte : le Daïbouts de Kamakoura. Ce bloc de bronze égale presque en grandeur et en beauté le colosse de Nara. Il est mieux conservé, quoique le temple qui l'abritait ait été détruit. La tête n'a pas été refaite et elle n'est pas nimbée; elle est très supérieure à celle de Nara. La pose, par contre, est

LA SCULPTURE

moins heureuse, le drapé moins ample et moins vivant; les formes cnt moins de noblesse, l'ensemble moins de puissance et d'originalité. Les mains, posées sur les genoux, sont jointes par les

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