BRULE-PARFUMS EN BRONZE
le portefeuille de nos musées d'art et d'industrie s'enrichira d'une mine d'études sans pareille. Les photographies que j'ai eues entre les mains donnent l'impression de quelque chose de tout à fait extraordinaire, comme abondance d'invention, pureté de goût et virtuosité d'exécution. La porte en bois de pin sculpté de la ferme japonaise, à l'Exposition universelle de 1878, était décorée de motifs de Zingoro empruntés au grand temple de Nikkô.
Voici la description que donne M. Dresser1 de quelques-unes des parties principales de ce temple.
« Sur quelques-uns de ces bâtiments qui entourent la cour principale et que nous voyons de face en y entrant, se trouvent des panneaux sculptés de toute beauté. Le premier de ces panneaux à gauche représente des paons et l'oiseau sacré ou Fû — ■ le phénix japonais — avec ses trois petits. Un autre est décoré de branches de pin, un autre de chrysanthèmes fkikouj, la plante qui compose l'armoirie des Mikados, et qui est la nourriture supposée du Fô ; d'autres encore, de fleurs et d'oiseaux variés, traités avec une maîtrise surprenante.
« En quittant cette cour, nous montons treize marches qui nous mènent à un portique, gardé par deux figures colossales à droite et à gauche. Le portique est d'une hauteur considérable; il est couvert d'un toit massif et entouré d'une galerie. Le toit et la galerie reposent sur un système de supports assez compliqué, et qu'il faut avoir vu pour le comprendre.
« La finesse des détails de ce portique est indescriptible. Des milliers de poutres soutiennent le toit et la galerie. Nous y voyons sculptés des dragons en plein relief et dans toutes les attitudes possibles, des fleurs, des groupes de figures, des nuages, des vagues, des dessins géométriques, des compositions décoratives travaillés par le ciseau, dessinés par le pinceau ou martelés en métal. Tout