‹ L'art japonais (volume 2)Chapitre 26 sur 159 · AV · texte numérisé non relu

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LA SCULPTURE. 67

çantes. On ne peut refuser au type choisi par l'artiste toutes les qualités de symétrie et de noblesse que nous sommes habitués à estimer. Le modelé a la tenue et la plénitude de la plastique grecque. C'est de la statuaire au sens européen du mot.

Je noterai encore, appartenant à M. Lansyer, un petit brûleparfums décoré de feuilles de houx qui est une merveille de grâce et d'ingéniosité décorative.

Le xvine siècle continue le xvne. Il en assouplit les formes; le sentiment est moins sévère ; l'expression de la vie devient prépondérante; la virtuosité de l'outil acquiert une grande liberté sans être encore excessive. C'est l'époque des cires perdues inimitables.

Il n'est pas un des visiteurs de l'exposition rétrospective de la rue de Sèze qui n'ait admiré la grande carpe en bronze de M. Alphonse Hirsch. Quand on parle de la plastique japonaise au xvme siècle, c'est le morceau de maîtrise qui se présente au souvenir. L'interprétation large, savante de la nature atteint ici à la suprême beauté; le gras du travail rend l'apparence même de la vie. On peut supposer ce bronze au Bargello de Florence entre une statue du Verocchio et un bas-relief de Cellini. En se gardant bien de dire qu'il est japonais, j'entends d'ici les exclamations des quattrocentistes. « Ce bronze serait digne, dit M. Mantz1, de figurer dans le musée le plus glorieux. Il s'agit simplement d'une modeste carpe qui s'agite et se replie sur elle-même en remuant ses nageoires. C'est la vérité dans le mouvement avec l'ampleur dans le style. » L'œuvre, malheureusement anonyme, appartient au commencement du xviif siècle plutôt qu'à la fin. La patine est d'un beau poli et d'un ton clair.

Dans un autre ordre d'idées, le pèlerin de M. Cernuschi est une pièce d'une extrême importance. C'est un des rares spécimens

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