APPUI- M A IN EN BAM3DU SCULPTE
(Collection de M. Louis Gonse.)
masques.
J'en possède un dans ma collection qui exprime la souffrance, la souffrance calme, concentrée, résignée. 11 est beau comme |L| une tête de Christ, douloureux comme un Mantègne. Il porte *jj"* la signature de Démé-Jioman. Je pourrais citer bien d'autres Q exemples où ce genre de sculpture atteint au plus grand art. Jj^ Nous ne connaissons les masques grecs que par certaines A^p reproductions qui se trouvent sur les bas-reliefs ou sur les • 7* vases, mais il est certain que personne n'a été plus loin que »<**»■ les Japonais dans l'expression théâtrale des passions et de la vie.
La place considérable qu'occupent les masques dans la plas-
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ETUI A PIPF. EN CORNE DE CERF ET NETZKES EN IVOIRE (COLLECTION DE M LOUIS GONSEÏ
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LA SCULPTURE
tique du Nippon m'a engagé à en faire reproduire ici un certain nombre.
J'ajouterai que les beaux masques de théâtre étaient soignés par leurs possesseurs comme le sont ici des violons de Stradivarius. Ils étaient enfermés dans des boîtes de laque et enveloppés dans des chemises doublées et ca- c ^p-^/^^r P^'"\
pitonnées de soie, souvent d'une grande richesse. Et, comme le raffinement des Japonais s'étend aux plus petits détails, les soies employées étaient en harmonie de tons avec les masques eux-mêmes.
C'est dans les enveloppes de masques, dans les chemises de boîtes de laque, dans les gaines de sabres et dans les encadrements de kakémonos, que l'on rencontre les spécimens les plus précieux et les plus rares des anciennes soieries japonaises.
LES NETZKES.
Les netzkés sont de petites breloques qui, attachées à un cordonnet de soie, servaient à retenir à la ceinture la boîte à médecine, la blague à tabac, l'étui à pipe. Il n'est pas d'objets d'art dans lesquels les Japonais aient donné plus libre carrière à leur goût inventif, à leur fantaisie. Parmi les bibelots importés en Europe après la révolution de 1868, ils ont été les premiers à conquérir la faveur du public; en peu de temps, les netzkés japonais devenaient célèbres parmi nous. L'engouement était naturel. Rien n'est plus charmant, délicat et imprévu. C'est un monde d'infiniment petits dont la variété dépasse tout ce que l'on peut imaginer.
Des collections plus ou moins importantes se trouvent chez plusieurs amateurs de Paris. La plus nombreuse est celle de M. Auguste Dreyfus, qui a acquis en bloc la collection bien connue de M. Vibert. Ce dernier avait réuni, lors des premiers arrivages, près de quatre cents netzkés. Quoique tout n'y soit pas d'égale beauté et que bien des pièces soient modernes, on y compte encore une centaine de netzkés de la meilleure qualité, dont une trentaine au moins de premier ordre. On cite celle de M. de Goncourt parmi les mieux choisies.
LA SCULPTURE
M. M.ontefiore en a d'excellents. M. Bing en possède une soixantaine d'un goût vraiment irréprochable ; quelques-uns sont au nombre des meilleurs que le Japon nous ait envoyés. Moi-même, j'ai réuni une série de cent cinquante netzkés tant en bois qu'en ivoire, que je crois être l'une des parties les plus intéressantes de ma collection.
Aujourd'hui il ne vient plus de bons netzkés du Japon, et il n'en viendra plus. C'est, avec les masques, les foukousas1, les impressions en couleurs, les belles ciselures anciennes , l'article le plus épuisé. Les marchands européens, en vrais marchandsqu'ils étaient, ont d'a-