FABRICANT D ARCS
ENJBAMBOU.
LES ARMURES
de la forme des casques, imprimé au Japon à la fin du xvne siècle, qui peut donner une idée approximative de l'extraordinaire fantaisie des armuriers japonais.
Je puis citer encore les brassards en mailles de fer décorés de médaillons à niellures d'or et d'argent, appartenant au même amateur; les magnifiques gantelets de M. Burtv, damasquinés de dragons en or; et enfin une série de dix - sept fers de lance ciselés et travaillés à jour , provenant des Tokougava du xvne siècle et rapportés du Japon par M. Ph.
Sichel. Ces fers merveilleux sont, je crois, aujourd'hui en Amérique. Nous donnons le dessin de trois d'entre eux d'après une photographie.
Nous reproduisons aussi un cavalier tout équipé d'après Yosaï et des fragments d'armures de la plus grande richesse conservés dans le temple d'Idzoukou-Shima : une armure avec son casque, chef-d'œuvre de Yoshiyé (xie siècle), et un casque de Yoshimitsou (xnf siècle).
CAS QUE EN FER (XVIe SIÈCLE
(Collection de M. E.-L. Montefiore
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LES LAMES
Le plus bel objet d'art aux yeux d'un vrai Japonais a été, jusqu'à la révolution de 1868, la lame de son sabre. J'ai dit que le sabre sacré d'Amatérassou , conservé au temple d'Assouta, était l'emblème parlant de l'histoire du lapon. De tout temps, les Japonais ont attaché la plus extrême importance à la qualité et à la perfection de cette arme. Par contre-coup, aucune profession n'était plus estimée et plus respectée que celle de forgeron de lames et il n'était pas rare de voir des nobles s'adonner à ce métier et y acquérir une grande habileté.
Les lames japonaises sont incomparablement les plus belles qui se soient faites au monde; les damas et les lames de Tolède ne
LES LAMES
sont, au point de vue de la trempe de l'acier, si on les compare à certaines lames exceptionnelles du Japon, que des jouets d'enfant.
Le sabre japonais est, en effet, une arme terrible. Une lame de moyenne grandeur, bien trempée, doit pouvoir trancher d'un seul coup la tête d'un homme; une lame ancienne, exécutée par un maître en renom, coupera sans difficulté celle d'un de nos « coupe-choux » d'infanterie.
Certaines lames ont été payées des prix fabuleux, ce qui s'explique par les longs mois, d'un travail souvent incertain, qui sont nécessaires pour mener à perfection le martelage et la trempe d'une lame de marque. On a vu des pièces portant la signature d'un forgeron célèbre atteindre la somme de mille yen, cinq mille francs. Le dernier Taïkoun, dit M. Dubard, offrit à notre ministre plénipotentiaire une lame conservée dans un simple fourreau de bois blanc qui fut estimée par un marchand de Yokohama plus de sept mille francs.
Le sabre japonais personnifie le sentiment du point d'honneur et le courage. Il sert aux nobles usages de la guerre, mais aussi à l'exécution des sentences capitales ; il venge l'injure reçue et efface, dans le sang du harakiri, les remords de la conscience troublée.
L'étiquette du sabre est aussi complexe que solennelle.
Frapper le fourreau de son sabre contre celui d*une autre personne^ est une grave faute contre l'étiquette. Tourner le fourreau dans sa ceinture comme si l'on se préparait à tirer son sabre équi-
ANCIEN DA1WIO
(D'après Hokkeî.)
vaut à une provocation. Poser son arme par terre dans une chambre et en pousser avec le pied la garde dans la direction de son interlocuteur est une insulte mortelle. Il n'est pas poli de sortir son sabre
du fourreau, en la présence d'autres personnes, sans en demander d'avance la permission à chacun.
Entrer dans la maison d'un ami avec son sabre est une rupture de l'amitié. Ceux à qui leur position permet d'avoir un serviteur qui les suit doivent laisser leur arme à la charge de celui-ci, à l'entrée de la maison, ou, s'ils sont seuls, doivent la déposer à l'entrée. Les serviteurs de l'hôte doivent ensuite la prendre, non avec la main, mais avec un mouchoir de soie, qui ne sert qu'à cette cérémonie et placer l'arme sur un porte-sabre, qui doit se trouver à la place d'honneur, près de l'invité, et la traiter avec tout l'honneur et la politesse dus au propriétaire du sabre lui-même.
Le grand sabre, si toutefois on en porte deux, doit être sorti de la ceinture avec son fourreau, et posé à droite du possesseur, parce que, de cette façon, on ne peut pas tirer le sabre et s'en servir; il ne doit jamais être posé à gauche, excepté lors d'un danger immédiat d'attaque.
Montrer un sabre nu est une grave offense, à moins qu'il ne s'agisse de faire admirer une belle lame à ses amis. Il n'est pas d'usage de demander à voir un sabre, excepté s'il s'agit d'une lame de valeur, et que la demande puisse flatter l'amour-propre du possesseur. Dans ce cas, on présente l'arme par le dos, le cou-
gravure DU BÏEHON SOUIKODEN»,