LES RONDS ET LES BOUTS DE SABRE
La lame est le principal d'un sabre aux yeux d'un Japonais. Il est facile de comprendre que la monture en soit la partie essentielle pour un amateur européen.
De tout temps la monture des sabres a été traitée avec le plus grand soin au Japon. Sous le règne de Yoritomo qui est l'âge d'or de l'arme de guerre, elle était encore sévère et simple; elle ne commença à devenir vraiment artistique qu'à la fin du xve siècle et suivit pas à pas les progrès de la ciselure. Avec l'introduction des métaux de couleur, des incrustations et des patines dans le travail des petits objets, coïncide l'usage des montures luxueuses.
Ce n'est qu'à la fin du xvme siècle et au commencement du xix' qu'on voit apparaître ces garnitures de sabres, de poignards, dont l'élégance et la recherche sont pour nous un sujet d'étonné-
LA MONTURE DES SABRES. 1 35
ment. L'ornementation des armes devient peu à peu une véritable orfèvrerie. Jusqu'à la fin du xve siècle le fer et le bronze doré dominent à peu près exclusivement dans les montures; les ciselures sur fer, les incrustations, les damasquinures d'or ne se développent qu'aux xvie et xvne siècles. L'argent et l'or sont employés dans quelques cas exceptionnels, mais c'est le fer qui reste en honneur tant que l'esprit militaire et féodal régit le Japon. Les métaux mous n'ont été à la mode qu'assez récemment; ils ont été longtemps dédaignés et même méprisés par les hommes de classe noble.
Lorsque la révolution de 1868 survint, l'efféminement était complet. Aucune monture n'était trop riche, aucun travail trop élégant.
Il est très rare de rencontrer une belle arme dans sa monture primitive. Presque toutes les lames anciennes ont été remontées dans le cours des cent cinquante dernières années et mises au goût du jour. Souvent même elles ont été remontées plusieurs fois; les trous nombreux qu'on aperçoit dans la fusée des lames et qui ont servi à la fixer dans le manche en sont une preuve. Ce n'est guère que dans les armes sans valeur que l'on a chance de rencontrer une garniture intacte remontant au delà de la fin du xvie siècle. La plupart de celles qui subsistent au Japon sont conservées dans les temples.
Voici comment se décompose, à quelques variations près, la monture d'un sabre japonais :
Un pommeau en métal, que nous appelons bout de sabre, en langage de collectionneur. On peut en voir quatre spécimens reproduits dans la planche XIX des héliogravures.
Une poignée droite dans laquelle se trouve insérée la fusée de la lame. Cette poignée est généralement en bois recouvert de galuchat à gros grains et de tresses de soie entre-croisées. Elle
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