ENTREE DE TEMPLE OU TORI
(D'après une esquisse de Keisaî Yeïsen.)
Un certain nombre de monuments de cette période ont été conservés. Parmi les plus remarquables, au double point de vue de l'histoire et de l'art, on cite le palais de Kinkakoudji, à Kioto, élevé par Yoshimitsou dans les premières années du xve siècle, et le pavillon de Ghinkakoudji, élevé par Yoshimasa au milieu du xve siècle, dans la même ville. Ces deux constructions se sont conservées à peu près intactes. Elles sont d'une grande élégance de formes et sont considérées par les Japonais comme des spécimens.
de l'architecture nationale dans sa pureté. D'après les photographies, il est facile de juger de leurs heureuses proportions. La décoration extérieure est fort simple; les toits, peu relevés, rappellent le galbe des toitures des temples shintos; toute la décoration avait été réservée pour l'intérieur qui était d'une extrême richesse. Les
plafonds étaient revêtus de plaques d'argent; les boiseries délicatement sculptées.
Ce qui en reste suffit à plonger les visiteurs dans le ravissement, selon l'expression de M. Dubard". Les jardins au milieu desquels se trouvent ces deux reliques architecturales sont des plus pittoresques de Kioto.
Les constructions religieuses du xvie siècle abondent dans cette ville. M. Georges Bousquet, qui n'est pas suspect de partialité pour l'art japonais, les qualifie de « merveilles de goût et de simplicité, qui impressionnent par leur antiquité, leur encadrement et d'heureuses proportions ».
Du xvie siècle datent aussi, en partie, les remparts cyclopéens de la citadelle d'Osaka2. Ils sont l'œuvre du prédécesseur des Tokougava, l'illustre Taïko-Sama (Hidéyoshi), qui avait fixé sa résidence dans cette ville. Ils témoignent qu'à l'occasion les Japonais n'étaient pas embarrassés pour faire un emploi magistral de la pierre. Construit en blocs posés à cru, comme dans les remparts de la Grèce primitive, le siro d'Osaka semble défier le temps. Quelques-uns de ces monolithes mesurent jusqu'à douze mètres de long sur six de