PIVOINE SOUS UNE AVERSE, GARDE EN FER INCRUSTÉ D'ARGENT, PAR TEÏKAN
(Collection de M. Louis Gonse. )
d'or. On peut imaginer la variété infinie des combinaisons. La garde, représentant un tigre sous la pluie, qui se trouve reproduite dans la planche XX, n° 7, des héliogravures, est ciselée dans l'or massif. Elle est signée Kad\ounori.
Plus tard même, la recherche des patines a donné naissance à des artifices surprenants. La ciselure des métaux est devenue peu à peu la plus riche des palettes. Je ne puis en suivre les développements sous peine de dépasser les limites que je me suis assignées. Les artistes qui, depuis une centaine d'années, se sont distingués dans cette branche de l'art forment toute une légion. Je me contenterai de relever les noms de quelques grands virtuoses dont les œuvres ont
acquis, du fait des amateurs américains, une valeur considérable.
L'un des plus habiles maîtres de la seconde moitié du xvme siècle est certainement Konkouan, d'Osaka, qui s'est rendu célèbre par ses singes minuscules. Il est le Sosen de la ciselure. Il y a, dans les collections parisiennes, trois ou quatre gardes signées Konkouan, qui sont de pures merveilles. L'une d'elles , en shakoudo incrusté d'or et d'argent, représente un aigle (collection de m. Louis Go„se.) attaquant une famille de
singes cachés dans le creux d'un arbre; une autre en fer est décorée
d'un groupe en shibouitshi ciselé
en haut relief : une guenon épluchant son petit. Celle-ci porte, avec
la signature, la date de 1783.
Non moins habiles sont Mit-
souhiro, Mitsouoki et Toshinaga,
les coryphées du bronze jaune, à
la fin du xvme siècle. Ces trois
artistes de Kioto se sont adonnés
aux gardes ciselées dans ce beau
métal clair et incrustées de fleurs
ou d'animaux en haut relief. Toshinaga affectionne les grues. La
grande garde de M. Alph. Hirsch, incrustée, d'un côté, d'une