CAVALIER TRAVERSANT LA M PAR HIDÉMASA HIBOU EN HAUT RELIEF
(Gardes des collections de MM. Ph. Burty et Montefiore
CARPE REMONTANT LE COURANT, GARDE INACHEVEE, PAR YOKOKOUJ POISSON VOLANT, PAR YOUKITOSHI.
(Gardes des collections de MM. Montefiore et Louis Gonse.)
i54 L'ART JAPONAIS.
sabres les alliages et les métaux mous : le shibouitshi, le shakoudo, les bronzes rouge et jaune'. Nous devons dire que les Japonais ont toujours eu plus d'estime pour les travaux de fer ; à leurs yeux, l'emploi de ces métaux constitue une décadence, en raison des facilités de travail que ceux-ci donnent à l'outil du ciseleur. Je partage cette opinion, en ajoutant toutefois que ces alliages, ces patines, convenaient mieux que le fer à des armes de luxe et de parade et qu'ils offraient à l'ingéniosité des ciseleurs du Nippon et en particulier de Yédo des ressources dont ils ont tiré les effets les plus nouveaux, les plus délicats, tant au point de vue des colorations qu'à celui du pittoresque des sujets.
Les ciseleurs de gardes de la fin du xvme siècle et du commencement du xixe ont poussé le travail des incrustations et le jeu des mé-
i. Le shakoudo est un bronze d'or et le shibouitshi un bronze d'argent; mais, dans ces deux alliages, la proportion de métal précieux varie suivant la coloration que l'artiste veut obtenir. Le shakoudo à titre élevé se couvre par l'oxydation d'une patine d'un beau violet foncé, tirant sur le bleu, et devient susceptible de prendre le poli d'un miroir; le shibouitshi est d'un gris argenté très fin. Dans le premier de ces métaux, la proportion d'or peut varier de trois à vingt pour cent ; dans le second, l'argent peut atteindre trente, quarante et même cinquante pour cent. Le shakoudo a cette curieuse propriété, lorsqu'il a perdu sa patine par suite du frottement, de la reprendre en restant abandonné à l'air. L'analyse chimique révèle aussi la présence d'étain, de zinc, d'argent, de plomb, de fer et d'arsenic en petites quantités.
Ces deux métaux sont essentiellement propres aux travaux d'incrustation. Rien n'est plus opulent d'aspect que le shakoudo associé à des reliefs d'or et d'argent. C'est un superbe métal dont l'usage appartient exclusivement au Japon et dont l'origine remonte sans doute jusqu'au Bouddha de Nara dont l'alliage renferme, comme je l'ai dit plus haut, une notable quantité d'or.
L'incrustation se fait à froid, sans soudure, au moyen du marteau, dans des réserves dont les bords sont légèrement rentrants; le métal incrusté tient comme un plombage dans une dent; puis le modelé des reliefs s'obtient dans la masse du métal par le burin et le polissoir. Dans les pièces bien exécutées il est impossible de voir la juxtaposition des métaux, même à la loupe; la netteté des jointures tient du prodige. Généralement l'or et l'argent sont réservés pour le modelé des chairs, des fleurs et en général de toutes les parties claires. L'or est lui-même de plusieurs tons; il y a des gammes d'ors verts, jaunes et rouges dont les Japonais font un merveilleux usage.
Les patines sont ajoutées soit à chaud, soit à froid.
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-BOlTE A ONGUENTS GARDES ET. APPLIQUES DE SABRE..BOUT DE.SABRE. FERMETURE DE POCHE A TABAC' ' .
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LA MONTURE DES SABRES
taux de couleurs jusqu'aux dernières limites du raffinement. Du reste, le fer n'est pas abandonné; seulement les artistes le combinent volontiers avec les autres métaux , soit comme accessoire , soit comme principal. Tantôt c'est le fer qui forme le fond, les alliages servant aux reliefs et aux incrustations ; tantôt, au contraire, le fer est modelé et enchâssé dans les surfaces de bronze, d'argent et même
LAPIN AU CLAIR DE LUNE, AU MILIEU DES HERBES, GARDE EN BRONZE JAUNE, PAR MITSOUHIRO.