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I. Ils viennent d'être acquis par le Musée de Leyde

UilNAOKA PE

iGNANT UN PORTRAIT, — (D'après Yosaï.)

Yoriyoshi, de la famille des Minamoto, et de Motomitsou, fondateur de Técole de Yamato et par corrélation de l'école de Tosa qui en est devenue plus tard la dénomination officielle. Auxii^ siècle, nous voyons apparaître un maître dont Pinfluence a été considérable sur le caractère futur de Tart japonais, c'est Toba Sôjo, créateur du genre que Itshio devait porter, à la fin du xvii^ siècle, à sa perfection : le genre comique ou humoristique. Il est intéressant de remarquer que ce caractère inimitable de la caricature, dont certains auteurs peu attentifs ont fixé l'apparition dans l'art japonais à une époque toute récente, remonte, au contraire, à des temps fort anciens. Les connaisseurs donnent une place très importante à Toba Sôjo et le considèrent comme un des artistes les plus habiles et les plus originaux de l'ancienne école. Ses esquisses, traitées largement et avec un profond sentiment caricatural, ont eu de nombreux imitateurs. Ce genre a pris le nom de Tobayé. Toba Sôjo excellait aussi dans la peinture des chevaux, et l'on cite, parmi les œuvres d'art les plus précieuses du Japon, son fameux paravent des douze chevaux, conservé longtemps dans la famille des Tokougava ei donné par elle à l'empereur actuel; La collection Gierke, à Berlin, possède un album de caricatures et quatre rouleaux de Toba, considérés comme authentiques.

D'autres artistes, moins célèbres peut-être, mais d'un talent également supérieur, ont encore illustré le xn" siècle : tels sont, au dire de M. FenoUosa, la divine Nobouzané, Genkeï, Genson, Taméyouki, Mitsounaga, Keiyon et le grand coloriste Taméhissa.

LA PEINTURE

C'est aussi au xii^ siècle que le grand art de la peinture prend, en Chine, quelque développement. Bien que les historiens chinois citent des oeuvres fort antérieures, et même remontant au m" siècle avant J.-C, il n'en est pas moins vrai que, jusqu'à cette époque, l'art chinois était demeuré presque exclusivement bouddhique et n'était point sorti d^une enfance relative.

L'anciennetéqu'on lui attribue est très exagérée. Il n'est même pas prouvé qu'avant le IX* siècle la Chine ait eu des maîtres plus habiles que Je Japon.

L'éclosion d'un style vraiment original correspond à Tavènement

de la dynastie des |

Mings. C'est l'empereur Kijô, qui, après

KO U AT EN. — (D'après une peinture antique autrefois conservée au temple de Kounoji.)

i8 L'ART JAPONAIS.

avoir voyagé dans toute la Chine en qualité d'artiste, fonda, en iiio, Técole, dont les principes ont été en honneur jusqu'au xvn" siècle.

Au siècle suivant, la puissante famille des Foujivara produit, au Japon, un certain nombre de peintres de talent, tels que Shinkai et Takayoshi. Parmi eux, il en est un dont le nom est à retenir, c'est Tsounétaka, peintre de la cour impériale. Il était en même temps sous-gouverneur de la province de Tosa. Ses descendants adoptèrent ce dernier nom, qui devint celui d'une des deux plus importantes écoles de peinture du Japon. L'école impériale de Tosa, fondée par Tsounétaka, existe encore aujourd'hui. Elle n'est, pour ainsi dire, que la continuation de l'ancienne académie impériale, établie par l'empereur Heizeï, en 808, sous le nom de Yédokoro, dont Kanaoka fut le plus illustre représentant, et de l'école de Yamato, fondée par Motomitsou.

Le style de l'école de Tosa occupe une place à part dans l'art japonais ; il représente le goût de l'aristocratie, mis à la mode par la cour de Kioto, et personnifie en quelque sorte le style officiel. 11 ne doit rien à l'influence chinoise et se caractérise par des procédés patients, par un soin extrême dans l'exécution. Une grande distinction de formes, une finesse précieuse de pinceau, comme celle des miniatures de la Perse, avec lesquelles elle a, du reste, de singuliers rapports de style, une rigueur délicate dans les contours , peu d'invention pittoresque, un sentiment de nature intime et assez étroit, un coloris clair, vif et brillant, le goût pour les tons gouaches, une habileté incomparable à peindre avec minutie les objets inanimés, les fleurs et les oi-

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seaux, un iimour excessif du détail, tels sont les carac-

tères dominants de cette école. Les peintures de Tosa se reconnaissent aisément entre toutes. J'ai vu des

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cailles, des paons, des coqs, des branches de cerisiers en fleurs, des bouquets de roses qui auraient t'ait honneur au pinceau d'un miniaturiste flamand. Les artistes de cette école — dont les plus distingués furent, ainsi que nous le verrons : le quatrième descendant de Tsounétaka, Foujivara Mitsounobou (f en i525), puis Mitsouoki, et enfin Mitsouyoshi — se sont surtout employés, dans les albums, les makimonos et les paravents, à peindre des scènes historiques, des fêtes et des danses de la cour, et à représenter les daïmios dans leurs costumes de cérémonie, dans ces vêtements aux plis doux et harmonieux dont la splendeur décorative ne saurait être surpassée. Ils se servent de pinceaux pointus et bien effilés ; ils affectionnent remploi des feuilles d'or, dont l'application sur les fonds accentue encore l'éclat de leur coloris. Les paravents de l'école de Tosa, si appréciés à Kioto, ressemblent à de vastes missels à fond d'or. Les plus beaux dessins pour le décor des laques sortent de cet atelier *. Les écoles de Kioto se distinguent, du reste, par l'élégance et la précision du dessin. L'art de Yédo, d'origine plus récente, est caractérisé, au contraire, par la largeur, la puissance, la liberté du faire et surtout par une admirable entente de la couleur et de l'effet décoratif- Il est important de remarquer, à ce propos, que Kioto est, jusqu'au xwf siècle, le grand et presque unique foyer d'art du Japon.

I. Les plus magnifiques spécimens de l'art de Tosa qui soient venus en Europe sont assurément une paire de paravents à cinq feuilles représentant de grandes fêtes à Nagoya et appartenant à M. Husues Kraffti

LA PEINTURE. at

La vaste impulsion civilisatrice produite, au xiii* siècle, par Ténergique volonté de Yoritomo, le fondateur du shiogounat héréditaire et le créateur de la grande ville de Kamakoura , retentit jusqu'à Kioto et exerce une notable influence sur le développement des arts et des lettres. Le caractère national de la peinture se précise de plus en plus; les principes du décor japonais s'établissent.

A cette époque ont vécu d'autres peintres distingués, dont les historiens japonais nous ont conservé les noms. C'est d'abord Takatshika, de l'école de Yamato, qui fonda la branche importante de Kassouga, petite localité de la province de Yamato, tout proche de Nara. Takatshika et ses successeurs, jusqu'au xv« siècle, ont été successivement employés à décorer le célèbre temple de Kassouga, dont les peintures ont été, pour la plupart, conservées jusqu'à nous et sont considérées, au Japon, comme l'œuvre la plus importante de l'école de Tosa. C'est ensuite le prêtre bouddhiste Ono Sojio, fondateur d'une petite école qui eut quelque influence, l'Ono-Riu; puis encore Seijin, autre prêtre bouddhiste, et Keïon, peintre de la cour, qui reçut le titre de hôghen et resta plus connu sous le nom de Soumiyoshi. On cite aussi, comme ayant étudié dans l'atelier de Kassouga, un troisième fils de Takatshika, du nom de Youkinaga, et Takanobou, noble frère aîné de Teïka, le poète le plus renommé de l'ancien Japon. C'est Teïka qui a écrit le livre des « Cent poètes célèbres », édité et illustré tant de fois. Les annales du xnf siècle mentionnent enfin, comme ayant un talent de peintre des plus remarquables, le 82* era-

pereur, Gotoba Tennô, qui mourut en 1239, retiré dans Tîle d'Oki, après avoir régné de 1186 à 1198.

Les temps d"'anarchie qui couvrent comme d^un sombre voile Thistoire du Japon, pendant tout le cours du xiv siècle, ont leur retentissement sur les arts. Sauf une courte éclaircie sous le règne de Tempereur Godaigo (i3 19-1339), à Texpiration du pouvoir des Hôjô, tout semble enseveli dans une barbarie profonde. On trouve cependant quelques noms de peintres qui méritent d'être relevés comme ceux de Takouma, dont Tatelier eut une certaine réputation, et de Shokeï, prêtre de Kamakoura, mort en i345, plus connu sous le nom de Keï-Shoki.

La renaissance des lettres et des arts ne commence qu'avec raffermissement du pouvoir des Àshikaga, à la fin du XIV* siècle.

Yoshimitsou, et après lui Yoshimasa eurent sur le développement des goûts artistiques de la nation la plus heureuse influence. Ils avaient été tous deux des peintres distingués. Yoshimasa avait étudié la peinture dans Tatelier d'un des bons maîtres de Tépoque, Ghéami. Yoshimitsou, 3° Shiogoun des Ashikaga, était mort en 1408, à cinquante et un ans. Cette date peut être prise comme Taurore d'une des plus brillantes expansions d'art qui aient illustré l'histoire du Japon. La régence de Yoshimasa (8" Shiogoun Ashikaga, mort en 1489, à cinquante-six ans) marque l'apogée de ce mouvement qui a vu naître les fondateurs du grand art national : Meïtshio, Josetsou, Shiouboun, Soami, les deux Kano, Sesshiu, Sesson et tant d'autres, dont les noms presque inconnus en Europe jouissent d'une

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immense célébrité dans leur pays. Ces maîtres sont les Masaccio, les Mantegna, les Lippi de l'art japonais. A cette période de Tart correspond aussi une invasion caractéristique de l'influence chinoise dans le domaine de la peinture. C'est une époque qui mérite, à tous égards, de fixer notre attention.

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