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LES ARMURES

Le travail et la ciselure des métaux est une des branches de l'art dans lesquelles les Japonais ont affirmé avec le plus d'éclat leur supériorité de main-d'œuvre. C'est incontestablement celle, avec la céramique, où les Européns ont le plus à apprendre.

La ciselure, la forge et le martelage du fer ont précédé ceux des autres métaux. Le travail artistique du fer a été pendant de longs

NCTZKÉ EN MÉTAt.

(Collection de l'auieur.)

iy8 L'ART JAPONAIS.

siècles à peu près exclusivement réservé aux armes et aux armures. Un peuple aussi belliqueux, aussi chevaleresque, devait attribuer un caractère presque divin à remploi du fer, qui est resté aux yeux des Japonais le métal noble par excellence.

Le sabre sacré donné par la déesse du Soleil à son petit-fils Ninighi est conservé au temple d'Assouta. Cette vieille ferraille est le palladium de la nationalité Japonaise. Les trésors de temple et notamment le trésor impérial de Todaïji, à Nara, contiennent certainement des armures datant de la période de Shioumoun; mais les renseignements sont trop vagues pour qu'on puisse rien préciser à ce sujet. Tout au plus serait-il possible de rattacher à ces temps reculés certaines formes de casques, très simples, dans le genre de ceux qui sont conservés au Musée d'artillerie, à Paris. Quelques-uns de ces casques ont été apportés en France au xviii'^ siècle et offrent un grand intérêt. Le galbe piriforme de plusieurs d'entre eux est certainement de source indo-européenne. Ils sont en tôle laquée et l'absence d'ornements fait valoir Içurs lignes. En les voyant, on ne peut se défendre d'un rapprochement avec les casques archaïques de la Grèce. Il est fâcheux que nous n'ayons aucun renseignement sur leur origine et sur leur date. L'un d'eux, en tôle recouverte de laque d'or aventuriné, provenant de l'ancien Cabinet du roi, remonte au moins au xm« siècle. La « Description du trésor du temple d'Idzoukou-Shima » mentionne et reproduit des armures et des casques des xi% xir et xni* siècles.

En réalité, l'histoire du costume de guerre ne commence guère qu'à Yoritomo. Les grandes luttes et

>tf.-.'tendard. - {D'après Hol.'ùci.)

aoo L'ART JAPONAIS.

l'esprit guerrier des Taira et des Minamoto lui om fait faire des progrès importants.

Le développement de la caste militaire entraîna le développement des engins de défense et d'attaque. A cette époque, l'armement de l'homme de guerre est fixé dans ses lignes essentielles; il ne variera plus que dans les détails. Le casque seul conserve une certaine indépendance de formes.

L'un des plus beaux casques que je puisse citer se trouve dans la collection de'M. Bing et date du xii« siècle. Il est en ter et orné de dragons en relief, d'un travail

fruste, mais d'un style puissant. Quelques- Y^ 1^ unes des armes ayant appartenu au grand C^yj Shiogoun sont conservées dans le trésor du

temple de Hatshiman, à Kamakoura.

^^ C'est sous le règne de Yoritomo que s'est

/ fondée, à Kamakoura, la célèbre maison des siioTSHiN. Miotsiiin qui a duré jusqu'au xviii* siècle et

a produit les plus habiles et les plus renommés artistes pour le travail des armures de fer. Les plus belles cuirasses sortent de cet atelier. Les œuvres des premiers Miotshin sont précieusement conservées au Japon, soit chez l'empereur, soit dans les grandes familles princières. Cette maison s'est uniquement adonnée aux travaux de fer. Les pièces articulées ont été dans la suite une des spécialités dans lesquelles elle a déployé une adresse inimitable. Entièrement faites au marteau et sans soitdures, elles tiennent parfois du prodige. L'œuvre la plus remarquable à tous égards qui soit venue en Europe et l'une des plus importantes qu'ait produites cette famille d'artistes est l'aigle en fer

LA CISELURE

•martelé, de grandeur naturelle, qui se trouve au Kensington Muséum de Londres. Il est posé sur un rocher, les ailes déployées, les plumes hérissées, et comme prêt

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