‹ L'art japonaisChapitre 54 sur 76 · LES OBJETS DIVERS. LES ÉMAUX · texte numérisé non relu

LES OBJETS DIVERS. LES ÉMAUX

On appelle kanémonos les fermetures de bourses ou de poches à tabac. Les ciseleurs japonais des cent cinquante dernières années ont déployé un grand luxe dans le travail et l'ornementation de ces petits appendices, qui sont quelquefois en bois ou en ivoire incrusté, mais le plus souvent en métal. Au xviir siècle, Konkouan et Kikoukava s'y sont tout particulièrement distingués.

Les netzkés ou boutons de métal occupent le premier rang parmi les ouvrages de ciselure les plus délicats. C'est dans les appliques de sabre ouménoukis, dans les netzkés, et aussi dans les coulants qui servent à maintenir les cordonnets de la boîte de pharmacie, que l'on rencontre ces petits chefs-d'œuvre où la finesse de l'outil et le précieux des matériaux employés touchent à l'invraisemblable. Les mêmes noms d'artistes se retrouvent, d'ailleurs, dans les deux séries. Shiourakou,

LA CISELURE

Temmin et Shiômin, pour ne citer que les plus célèbres, sont des incrusteurs et des burineurs sans rivaux. Les deux premiers doivent être mis à part, comme des maîtres uniques en leur genre. Les boutons en or ciselé, en shakoudo incrusté ou en shibouitshi, de Shiourakou, ne peuvent se décrire; il faut les tenir dans la main et s'armer d'une forte loupe pour apprécier toute la netteté du travail, le mordant, le serré des contours, la décision et Pampleur du modelé de cette précieuse bijouterie. Temmin est encore plus extraordinaire; ses motifs sont d'une invention plus personnelle et ses oeuvres sont plus rares. Il a des combinaisons d'intailles et de reliefs qui donnent à quelques-uns de ses travaux un charme tout particulier.

On ne pourrait rencontrer un exemple plus exquis de sa manière, que ce bouton en or encadré dans sa monture d'ébène et représentant une Danseuse de la cour impériale aux ailes de papillon , qui se trouve dans une des collections parisiennes. La tête seule est en saillie; la pureté et l'harmonie des traits en font un type de beauté que la Grèce n'eût pas désavoué. Quelle autre main humaine a jamais mis dans un espace de cinq millimètres carrés une sî complète et si naturelle expression

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