SHIOUBOUN
Soami était non seulement un des peintres préférés du Shiogoun Yoshimasa, mais il est resté célèbre pour son habileté à préparer le thé. Il a composé un livre qui, aujourd'hui encore, régit les lois de cet art, mis par les Japonais au-dessus de tous les autres. Shiouboun fut aussi le maître du premier des Kano, Kano Masanobou. Cette grande dynastie des Kano,
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26 L'ART JAPON Aïs.
dont les descendants existent encore aujourd'hui, représente la plus illustre école de peinture du Japon et n^est surpassée en durée que par celle de Tosa. Elle personnifie la forme classique du beau aux yeux des Japonais lettrés, du beau conçu suivant les principes de la tradition chinoise. Les artistes les plus remarquables des xvir et xviii* siècles, tous ceux qui ne sont pas enrégimentés dans récole impériale de Tosa, ou qui n^appartiennent pas à Pécole vulgaire, touchent en quelque point à celle des Kano. Par son origine et ses attaches futures, elle peut être considérée comme Técole è-fJ^ officielle des Shiogouns, par opposition à /j ^^ l'école de Tosa qui est l'école officielle des Mikados. Nous devons ajouter cependant que cette école des Kano, si grande à ses débuts, était destinée, par son habileté même dans le maniement du pinceau, à réduire peu à peu en recettes et en formules les plus nobles et les plus savantes formes de dessin. C'est un art d'enseignement, un art académique, que son caractère a mis en opposition constante avec le naturalisme indépendant et franchement japonais de l'école vulgaire.
Kano Masanobou était né aux environs de Kamakoura, dans les premières années du xv« siècle. Il avait appris les éléments du dessin chez son père, Kaghénobou; mais c'est à l'atelier de Shiouboun, puis à celui de son condisciple Ogouri Sôtan, que Masanobou tormason talent. Il est mort avant i5oo, à Kioto, assez jeune encore. Ses œuvres sont des plus rares, même au
KANO MASANOBOU