PETITE BOÎTE AUX ARMOIRIES DES TAÏKO, PAR SHIOUNSHIO
(Collection de l'auteur.)
Miés. Il fallut reconquérir à nouveau et pas à pas le terrain perdu. Le grand Shiogoun aida de toutes ses forces à cette renaissance. Sa femme Massago avait la passion des objets en laque. Deux ou trois pièces venue? en Europe nous permettent de nous rendre compte de rétat dMnfériorité ou était tombé Part du laqueur à la tin du XI® siècle. On copie d'abord avec gaucherie les pièces de Shioumoun ; les motifs sont encore em-
afio L'ART JAPONAIS.
pruntés à Tart bouddhique; puis rindividualisme des artistes s^affirme, les premiers essais de laques en reliefs apparaissent, on ébauche de timides incrustations ; enfin un art d^un caractère robuste, d'une exécution un peu sauvage, se forme sous le nom d'école de Kamakoura. Des pièces véritablement admirables furent exécutées au commencement du xni<= siècle, pour la reine Massago. Je reproduis ici une boîte de miroir qui provient, afïirme-t-on, de son trésor.
Tandis que révolution se poursuit à Kamakoura pendant le cours des xiv« et xv® siècles, une renaissance de même nature se produit à Kioto. Les Ashikaga impriment à rindustrie des laques un important essor. Sous Yoshimasa, elle brillait de nouveau du plus vit éclat. Les laques du temps de Yoshimasa sont d'une beauté incomparable. Si la finesse et Télégance de la grande époque impériale n'ont pas été entièrement retrouvées, du moins les produits de la seconde moitié du XV' siècle se distinguent-ils par la sévérité du style, la force et l'originalité de l'exécution. Les pavages et mosaïquages d'or et d'argent en pépites épaisses, les incrustations de métal plein, introduisent dans la fabrication des ressources d'une grande variété. Les laques d'argent et les laques de vermillon enrichissent la gamme des couleurs. Les laques en relief ont réalisé d'immenses progrès et touchent à leur plein.
Les Japonais estiment, entre tous, les laques de Yoshimasa. Il est certain qu'à aucune époque le travail n'a été plus consciencieux. Les beaux laques de cette période sont d'une solidité à toute épreuve. On les reconnaît non seulement au caractère du décor, qui est
LES LAQUES
presque toujours emprunté à l'école de Kano, mais aussi aux procédés eux-mêmes. Les mosaïquages d'or,
très employés dans les fonds, sont encore rugueux ; le polissage à la pierre n'en a pas aplani complètement les aspérités ; les grains d'or enchâssés dans le vernis
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en dépassent la surface, il faut noter ce point, qui est important pour la détermination de Tâge d'un laque. Cette partie du travail des laques est la plus difficile et la plus longue de toutes, chaque grain devant être poli séparément avant d'être fixé dans le vernis, à l'aide d'une pince microscopique. Au milieu du xvii" siècle, le pavage des laques avec des paillettes d'or avait atteint son plus haut degré de perfection ; les surfaces sont parfaitement lisses au toucher.
Au XVIII* siècle, ce procédé, aussi magnifique que dispendieux, était à peu près abandonné.
Cinq ou six belles pièces du temps de Yoshimasa se trouvent précieusement conservées dans les collectionspari-