‹ L'art moderne à l'Exposition de 1878Chapitre 1 sur 117 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Nous pourrions nous dispenser de présenter au public ces deux volumes, publiés par la Gaiette des Beaux-Arts sur les arts du dessin et du décor à l'Exposition universelle de 1878. Ils se recommandent d'eux-mêmes, et par le sujet et par les noms des écrivains qui leur ont apporté leur concours, et aussi — il nous sera pardonné de l'écrire — par le nom de la Revue qui les édite; ils s'expliquent par leur titre. Nous ne voulons donc rien écrire qui ressemble à une préface,

I. Nous croyons devoir maintenir cette introduction telle qu'elle a paru en tête de la première édition de cet ouvrage, dont le succès a été si vif qu'il n'a pu en être mis dans le commerce qu'un petit nombre d'exemplaires aussitôt épuisés.

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mais nous tenons à marquer en quelques mots le but vers lequel nous a\ons tendu, en même temps que les difficultés que nous avons rencontrées pour domier une forme un peu équilibrée à une matière d'une richesse et d'une variété immenses; nous tenons surtout à rendre un chaleureux hommage au dévouement de tous nos collaborateurs. Chacun d'eux a droit à notre vive gratitude. Si nous n'avions pu compter sur leurs efforts individuels, sur leur aide amicale, il nous eût été interdit de tenter une si rude besogne, n'ayant devant nous qu'un espace de six mois. Nous devons également remercier les propriétaires de la Galette pour la confiance qu'ils nous ont accordée et pour la libéralité avec laquelle ils nous ont en quelque sorte donné carte blanche. Dès qu'il leur a été permis d'apprécier l'importance artistique que devait prendre l'Exposition de 1878, ils n'ont pas hésité à associer la Ga{ette des Beaux- Arts à ce grand concours du génie humain. L'Exposition de 1867 avait été magnifique; celle de 1878 devait l'être bien davantage, particulièrement en ce qui concerne les manifestations infinies de la production artistique, qui semble maintenant avoir enfiévré tous les peuples civilisés. Sous ce rapport, notre Exposition a été d'un prodigieux enseignement. On a pu sentir des le début qu'un ensemble aussi gigantesque serait impossible à reconstituer de longtemps, et que le dernier mot des expositions universelles allait être dit. La Gaiette des Beaux- Arts, dont l'autorité s'appuie aujourd'hui sur vingt années d'existence, se devait de ne point reculer devant la tâche qui s'offrait à elle. Elle avait publié, lors des fêtes du Centenaire, en 1876, V Œuvre et la Vie de Michel- Auge ; elle a voulu célébrer les Beaux-Arts et les Arts décoratifs à l'Exposition universelle de 1878, en leur consacrant une étude sérieuse, étendue, en rapport avec l'importance exceptionnelle qu'ils y avaient prise.

Notre but a été, en éliminant et en condensant, d'embrasser les faces principales de l'Exposition, au double point de vue de l'art ancien et de l'art moderne. Nous avons divisé l'Exposition en sections, d'après le xiiode de classement adopté, confiant chacune de ces sections à un collaborateur spécial. Nous en avons réduit quelques-unes, volontairement négligé quelques autres, et cherché dans leur juxtaposition le plus d'harmonie qu'il nous a été possible. Pour la production moderne, c'est l'importance relative des différents arts qui nous a guidé. Pour l'art ancien, nous avons ajouté à cet ordre dominant un ordre non moins nécessaire, et qui, défait, avait été fort méconnu, l'ordre chronologique. Nous avons donné le pas à l'art moderne, cela se conçoit : il était la raison

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d'être et le fond même de l'Exposition. Si l'art rétrospectif a pris dans nos volumes un développement égal, c'est que l'accessoire est devenu presque le principal, en raison de la merveilleuse perfection des objets exposés, de leur beauté artistique et des enseignements qui en résultaient.

Dans la Gaiette, où tous ces différents articles ont paru d'abord, c'est le hasard de la mise en œuvre et de l'achèvement qui nous a dominé; nous n'avons pas suivi de méthode particulière. Ici, au contraire, après avoir été revus par leurs auteurs et remaniés par nous, puis enrichis d'un grand nombre d'illustrations nouvelles, ils ont été coordonnés d'après le plan que nous nous étions tracé au début et dont nous venons d'indiquer l'esprit.

Pour l'art moderne, disons-nous, c'est l'importance relative des différents groupes qui nous a guidé, et par là nous entendons leur importance à l'Exposition même, leur richesse et leurs éléments de succès sur la grande masse du public. Par suite, les arts plastiques ont eu une part prédominante. Il est certain qu'ils ont été l'honneur du Champ de Mars. Et dans les arts plastiques, c'est la peinture qui a occupé le premier rang. Nous avons donc été entraîné à donner une place considérable aux différentes écoles de. peinture, surtout- à l'Angleterre, à l'Allemagne et à la France, en commençant par cette dernière. Pour les mêmes raisons, nous avons fait suivre la peinture par la sculpture, puis par l'architecture; ce qui est le renversement de l'ordre naturel. Nous avons donné ensuite assez d'étendue à l'étude sur la gravure, qui a été toujours l'un des domaines préférés de la Galette et l'un de ses moyens d'action. Nous n'avons pas pu oublier que la Galette a vu éclore chez elle les talents les plus appréciés de l'école moderne, et, pour ne citer que les principaux, M. Jacquemart, qui a obtenu une grande médaille d'honneur, MM. Gaillard, Flameng et tant d'autres que nous pourrions nommer. Aussi avonsnous ajouté à ces volumes quelques-unes de leurs planches les plus remarquables parmi celles qui étaient exposées. De M. Gaillard, notamment, nous donnons trois chefs-d'œuvre qui resteront parmi les plus fortes et les plus originales productions de l'art français : VŒdipe, l'Homme à l'œillet et le Gattamelata. Parmi les arts décoratifs, c'est l'orfèvrerie qui a été le plus amplement étudiée; la variété, le charme et le caractère tout artistique de ses produits lui assignaient le premier rang. Après elle, après la céramique, les bronzes, les meubles et les tissus, puis les livres d'art, qui eussent, sans doute, mérité plus que nous ne leur avons donné, nous avons cru pouvoir restreindre un sujet dont l'étude se

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