MITRE BRODÉE AUX PETITS POINTS DE SOIE SUR OR
(Exposée par MM. Biais aîné fils et Rondelet.)
et d'excellentes figures brodées au trait. Les autres tissus ou broderies sont d'une bonne fabrication régulière, et rien de plus. L'Espagne, qui était si richement représentée dans la section rétrospective, n'a rien dans la section contemporaine. L'Italie n'est pas plus riche. Nous espérons que ces deux nations prendront bientôt une éclatante revanche. Les exposants belges sont peu nombreux. M. Grossé, de Bruges, avait une très riche bannière, consacrée au Sacré-Cœur. Le seul défaut de cette pièce est d'être surchargée d'architecture, d'ornementations, d'emblèmes, de
figures, de légendes, etc., dans de telles proportions qu'il est difficilede voir le fond de Fétoffe et de discerner clairement les principaux sujets. Cette réserve faite, on ne peut que louer l'exécution habile de ce travail.
Les produits exposés par M. Leynen Hougaertz sont moins finement exécutés. Les dorures ne sont pas toujours employées avec justesse; maisles dessins sont largement compris et ne manquent pas de qualités.
La ville de Lyon est représentée par M. Henry. Exposition très importante en passementerie, en tissus et en broderie. Il y a souvent un fâcheux mélange de tissus brochés et de la broderie; dans cette dernière, une recherche excessive du détail et souvent une surcharge qui dénature les lignes premières.
Nous avons remarqué dans cette grande vitrine plusieurs objets qui,, bien commencés, ont été mal terminés et ont perdu par cela même leurs qualités artistiques. Ces qualités n'ont pu toujours être rachetées par la patience et la finesse de Texécution. Dans l'exposition de Paris, M. Kreichgauer nous montre un grand ornement en drap d'or brodé or et couleurs, avec figures d'un dessin trop géométrique peut-être, mais rempli de charmants détails et d'une exécution remarquable. Ce brodeur alTectionne les compositions de ce genre et varie peu ses productions. Nous avons revu avec plaisir de remarquables mitres à figures, et nous aurions désiré revoir une paire de mules exposées à Vienne en iSj3. Ces derniers travaux resteront parmi les meilleurs de M. Kreichgauer. L'ornement de velours rouge brodé en or de M. Dubus faisait un très brillant effet,, grâce à la sagesse du dessin et à sa bonne exécution. La broderie de tapisserie pour ornements d'église n'offrait malheureusement rien de digne d'être signalé. Il nous semble que l'ornement d'église peut, dans de justes limites, profiter de l'expérience acquise par d'autres industries d'art. Dans les travaux que nous avons étudiés, nous avons été frappé de ce qu'ils étaient plus des reproductions de travaux flamands, anglais, allemands ou français du moyen âge ou de la Renaissance, que des travaux originaux. Le dessinateur, sans prendre une époque pour en faire le pastiche, ne doit-il pas étudier les diverses époques comme un point de départ nouveau qui lui donnera des inspirations nouvelles ? Le lecteur voudra bien compléter notre pensée et comprendre la réserve qui est imposée à l'écrivain par le sujet même qu'il traite.