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LA LEÇON DE TRICOT, PAR M. HENKES

(Dessin de l'artiste.)

donnant un faux air de coloration hardie et originale. Cependant, en ce genre, M. Lindstrom est arrivé à plus de justesse que d'autres, et M. Bergh me paraît aussi plus vrai dans ses tonalités que M. Wahlberg.

M. Torna a abandonné ces systèmes, et il a envoyé un Paysage d'été qui vaut beaucoup mieux. Cette peinture a de la simplicité vraie, de Tunité, de la largeur; on y voit la compréhension des aspects plantureux de la

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saison quV'llc rcprcscnlc. Mais les premiers plans s y confondent avec ceux qui leur succèdent, et c est dommage. xM. Gegerfeld a deux paysages, dont Tun rappelle un peu M. Clays le Belge, et Fautre Daubigny. C'est un talent déjà très fait , mais qui a besoin de dégager davantage sa personnalité. Un paysage à la note sincère, claire, grise ravivée d'un vert fin, a été exposé par M. Lindmann, qui a dû, je le soupçonne, regarder plus d^une fois comment s y prend M. Damoye, un de nos paysagistes.

L'œuvre qui domine l'exposition suédoise est la Paysanne de Picardie que M. Salmson a peinte de tons très fermes, très francs. Cet artiste étudie et travaille en France. Nous le connaissions déjà, et d'année en année il avance à grands pas. Si les officiers qui rapportent le corps de Charles XII le long d'un sentier à travers des rochers couverts de neige étaient d'une exécution moins lourde, ce tableau de M. Cederstrom, où ne manque point un côté dramatique, aurait pu tenir la téte des envois suédois. M. Cederstrom travaille à Munich, comme M. Hellquist, dont la Marguerite blafarde ne manque point non plus de sentiment. Mais M. Hellquist s'est appliqué surtout dans ce tableau à nous donner un échantillon de tous les bois du Nord, ce qui l'a entraîné à faire aussi de son héroïne une sorte de planche.

En Norvège, quelques paysagistes se rattachent à l'école suédoise; quelques autres sont plus directement français; d'autres encore suivent M. Gude, qui se montre bien éteint dans la salle norvégienne, ou bien M. André Achenbach. La tendance générale de la peinture est allemande; les peintres sont presque tous élèves de Munich ou de Dusseldorf, et plusieurs ont aussi des tableaux dans la galerie de l'Allemagne. L'œuvre principale est VAdam et Eve de. M. Heyerdahl, qui appartient à l'école de Munich. Ce sont deux figures nues d'après nature, marchant à travers un fond de vapeurs ou d'obscurités brumeuses. Le modelé en est très suivi, dans les colorations de l'école Piloty, d'un gris jaune relevé de reflets verdàtres ; la peinture est assez personnelle, et l'aspect général a quelque chose de sauvage, conçu dans un sentiment de réalité brutal, qui contraste avec le mystère du fond sinistre, menaçant et incertain où s'éloignent les deux exilés. 11 y a de la force là dedans.

Un remarquable paysage de neige, de M, Mûnthe, où le ciel est particulièrement bien traité, ce qui est rare dans les écoles du Nord, un portrait de femme de M. Rùsten, doux, lumineux, expressif dans son vêtement noir, et les joyeusetés antimonacales de M. Lerche sont la fleur de cette

LA PEINTURE EN SUÈDE ET EN DANEMARK. i35 école. Certaines notes curieuses jaillissent çà et là dans le paysage, sans être soutenues par Texécution. La grande Forêt de sapins de M. Mûller témoigne d'un travail acharné, mais avec tout son développement ne

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