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AIGUIERE EN CRISTAL DE ROCHE VERMEIL, PERLES FINES ET ÉMAUX

Fplix Buliot de] et se Exposition Universelle

EXÉrUTÉE PAR M. FROM ENT- MEURICE POUR S. M. LE ROI D ESPAGNE Oaaetle des Beaux-Arts Tmp, Â Qiiaiitm

émaillé, nous trouvons un remarquable ostensoir dessiné par Cameré. Cette pièce, offerte à Féglise Notre-Dame du Sacré-Cœur d'Issoudun par la comtesse de Bardi, est entièrement revêtue d'émaux champlevés et flinqués, dont la gamme harmonieuse s'enroule en longues feuilles byzantines sur des formes grasses et souples ; une couronne de lis, sertie en diamants et gracieusement mouvementée, entoure le cabochon de cristal qui protégera Thostie. Cet ostensoir n'a pas la recherche archaïque des ouvrages de Poussielgue ni les raffinements des orfèvreries lyonnaises; mais il doit être otîert comme un excellent spécimen d'ornementation religieuse.

« Froment-Meurice n'a pas beaucoup exécuté par lui-même, quoi-

COFFRET EN CRISTAL, AVEC ORNEMENTS D'i', MAIL TRANSLUCIDE.

(Exposé par M. E. Froment-Meurice.)

qu'il maniât avec beaucoup d'adresse fébauchoir, le ciselet et le marteau. 11 inventait, il cherchait, il dessinait, il trouvait des combinaisons heureuses; il excellait à diriger un atelier, à souffler son esprit aux ouvriers. Son idée, sinon sa main, a mis un cachet sur toutes ses œuvres. Comme un chef d'orchestre, il inspirait et conduisait tout un monde de sculpteurs, de dessinateurs, d'ornemanistes, de graveurs, d'émailleurs et de joailliers, car l'orfèvre d'aujourd'hui n'a plus le temps de ceindre le tablier et de tourmenter lui-même le métal pour le forcer à prendre des formes diverses. » Ainsi parlait de Froment-Meurice le père Théophile Gautier; on en pourrait dire autant du fils, et, s'il n'a pas reçu du chef de sa maison cette éducation de l'outil qui, malheureusement, devient rare chez les maîtres orfèvres, s'il n'est pas un exécutant, il est toujours ce chef

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d'orchestre dont parle Gautier, et dans les symphonies finement ciselées qu'il conduit on sent une délicatesse, une distinction, une pureté d'idée, une suavité d'exécution, qui lui sont bien personnelles. M. Émile Froment- Meurice se rattache par son père à nos grandes époques, il a dans le sang ces qualités de race qui ne frayent pas avec les grossièretés de certaines boutiques ; ses bijoux n'ont pas besoin de Fappât des grosses pierres pour être précieux, ses orfèvreries gardent de la Renaissance les fines élégances : c'est une production de haut goût, une richesse rafïinée qui convientàson aristocratique clientèle.

Les contrastes de formes et d'ornementation qui frappent à première vue dans cette exposition témoignent d'une riche variété de conception. Nous citerons, entre autres, les pièces d'un service Louis X'V, commandé par la princesse Mentschikofï et composé par Joindy, d'après les types de Roettiers, — un joli thé persan, — une garniture de toilette Louis X'VI et, dans le même style, un bassin d'argent, dont le modelé gras et spirituel accuse chez le ciseleur et chez Carrier-Belleuse, qui l'a modelé, un sentiment exquis de l'époque : cette jolie pièce appartient à la baronne douairière de Rothschild; — puis, outre un vase à bière dans le genre allemand, de ravissantes salières portées par des enfants qu'on croirait empruntés à Clodion, de nombreuses pièces de table, la reproduction de la lampe d'argent du saint sépulcre, l'ingénieux prix de course modelé par Emile Carlier et si habilement exécuté au coquillé : le Centaure et la "Victoire. — 11 nous faut encore mentionner la pendule et les candélabres exécutés en argent et en ivoire, pour le château de Chantilly, sous la direction de M. Daumet. C'est bien une garniture princière, mais je blâme les proportions ramassées de l'horloge. — On trouvera plus loin le dessin d'un des candélabres; l'ivoire est d'une facture agréable, mais, comme il advient souvent de cette matière, le modelé a pris des sécheresses que n'avait certes pas le plâtre de Lafrance. Les bras de bougies fondus en argent sont un peu lourds d'aspect. — Déjà, en 1867, M. Froment- Meurice avait exposé une délicieuse buire de cristal de roche, tout incrustée d'or et d'émail; il a, cette fois, sur le même thème, varié ses etiets. La gravure exprime mieux que je ne saurais le faire la forme et l'ornementation de ce vase, qu'a acheté le roi d'Espagne. Quant au coffret, nous le gravons aussi, et c'est une gracieuse chose en sa simplicité. Les entrelacs d'argent émaillé, inscrits dans des cadres de vermeil, se marient d'une façon harmonieuse avec les gemmes transparentes et rendent des effets de couleur que notre dessin blanc et noir est inhabile à exprimer.

Enfin, entre cent bijoux qu'il faudrait tous dessiner ou décrire : — des pendants de col du seizième, aux pierres gravées, une coupe d'agate, une autre de girasol, une huître perlière ingénieusement montée, des boules ajourées pour la coiffure, — ne citons plus que Tanneau pastoral

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