M. PI88AR
Sa Route de Pantoise à Anvers, son Soleil couchant, sa Vue de la prison de Pantoise, avec leurs grands ciels pommelés et leurs jets d'arbres si robustement attachés au sol, sont des pendants des magnifiques
paysages qull exposait dans la salle da boulevard des Capacines ; c'est la même interprétation personnelle de la nature, la môme clairvoyante syntaxe des couleurs. En sus de ses paysages de Seine-et-Oise, M. Pissarro exhibe toute une série de paysans et de paysannes et voilà que ce peintre se montre encore à nous sous un nouvel aspect! Comme je Fai déjà écrit, je crois, la figure humaine revêtait souvent, dans son œuvre, une allure biblique, — maintenant plus; — M. Pissarro s*est entièrement dégagé des souvenirs de Millet; il peint ses campagnards, sans fausse grandeur, simplement, tels qu'il les voit. Ses délicieuses fillettes en bas rouges, sa vieille femme en marmotte, ses bergères et ses laveuses, ses paysannes déjeunant ou faisant de Therbe, sont de véritables petits chefs-d'œuvre.