DES PEINTURES DE LA SA INTE- CHAPELLE DU PALAIS A PARIS
tecte, pendant son voyage en terre sainte, pour l'initier, de visu, aux habilités des maçons de Damiette et du Caire.
Fig. 382. — Châsse de saint Taurin, conservée dans le trésor de l'abbaye d'Évreux; d'après le P. A. Martin.
Malheureusement, les dates contredisent cette assertion.
La Sainte-Chapelle, nous l'avons vu, fut commencée en 1245 et terminée en avril 1248. Or, saint Louis partit d'Aiguesmortes le 28 août de la même année et ne fit sa rentrée à Paris que le 7 septembre
1254. Il faut être plus Sarrasin que Mahomet lui-même pour s'inspirer d'une chose avant de l'avoir vue. Le voyage de maître Pierre en Babylonie est, du reste, contesté par bien des gens. La légende est bonne à noter toutefois, en ce qu'elle donne la mesure de l'estime que le roi faisait de cet artiste.
Quant à s'être inspiré de l'architecture orientale, Viollet-le-Duc prétend que la Sainte-Chapelle ressemble autant aux mosquées arabes que Notre-Dame au temple de Pestum. Nous sommes, à ce sujet, complètement de son avis.
L'église du Palais de la Cité est un reliquaire français, français de la plinthe à la crête. Nous n'en voulons pour preuve que la comparaison qu'on en peut faire avec une châsse en vermeil de la même époque, qui est, au dire du P. Arthur Martin, « une Sainte -Chapelle en miniature. » On la peut voir exposée dans le trésor de l'abbaye de Saint-Taurin, à Evreux (fig. 382).
Sa date est précise ; on lit, en effet, sur la base l'inscription suivante :