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LOIS DE L'HARMONIE DES COULEURS

22. Harmonie de proportion. — 1° U étendue des couleurs doit être répartie en quantités subordonnées à une couleur principale, à un fond dominant, — ■ Les proportions relatives entre les différentes étendues coloriées seront d'autant plus nécessaires à observer que le ton sera plus pur et plus voisin du maximun d'éclat de la couleur.

52 n;i\< [PE8 DE l'àB i ORNEMENl ai.

"Examinons les productions si variées de l'industrie des éto et des papiers peints : non- voyons d'abord un fond dominant : puis, sans considérer aucunement le mérite du dessin, ni la perfection de l'exécution, nous pouvons remarquer qu'il existe des proportion- relatives entre les couleurs

qui ornent les fonds." ZlÉGLER.

Il on Bera ainsi dans toute décoration. ( ta devra premièrement choisir une couleur de fond, qui donnera la note dominante, et sur laquelle viendront se placer les ornements, en harmonie avec elle.

2° À intensités égales, les couleurs primaires pures s'harmonisent et Si neutralisent dans des proportions di surfaa déterminées. Deux couleurs placées l'une i de l'autre forment une troisième couleur que l'o il aper-

çoit à distance et que Ton peut appeler une résultante.

Voici l'explication de ce phénomène : les laits prouvent qu'un* couleur colon di sa complémentaire les couleurs environnantes. Par exemple, si on fixe attentivement un cercle d'un rougi éclatant placé sur une feuille de papier blanc, le cercle paraîtra entouré d'une auréole de vert, complémentaire du rouge. De même si deux couleur.- sont placées à côté l'une de l'autre chacune fera paraître sa complémentaire dans la voisine. Ainsi si l'on place du bh u à côté du rouge, le bleu fera paraître de Vorangé dan- le rouge, et le rouge, du vert dans le bleu ; et les deux couleurs juxtaposées engendreront de cette manière une troisième couleur qui est le jaune, la couleur contenue dans l'orangé et le vert. Le jaune est ici la résultante.

( Jette loi a été appelée contraste simultané des couleurs par M. Chevreul, savant chimiste français à qui est due la théorie de l'harmonie dv> couleurs.

Or, c'est cette résultante des deux couleurs juxtaposées qui les neutralise et les harmonise, quand elles sont employées en proportion d'étendue convenable. Un Anglais, AI. Field. a trouvé les proportions suivantes : 3 de jaune, 5 de rouge et 8 de bleu.

Il en est de même des couleurs secondaires et ternaires. I. condaires s'harmonisent dan.- (h'< proportions de 8 d'orangé, 13 de pourpre et 11 de vert, et ainsi de suite en additionnant les rapports des couleurs composant

La multitude infinie des nuances que l'on peut obtenir par le mélange des couleurs (Mitre elles, la variété de leurs tons produits par l'addition du blanc ou du noir, les contrastes et l(l< oppositions différentes qui peuvent

ep i 'ni autant de circon qui modifient

dent l'application difficile, i pourquoi, au lieu d'emp

mien ût6 « l'.iI' . il e I ordinairement pr< f( rablc d<

( >n peut aussi, quand ellca sont éclatante . I<

bon qui produisent presque toujours un bon efl uaumoii

rer par un filet de blanc ou de noir. Il fau urtout de ju

deux couleurs Froides de même valeur ; et, à plu fort on, del<

par du gris, car ce serait attrister davantage un coloris déjà trop peu:

i r;i\ ant .

3 En général l'intensité d'uni couleur doit êtn en proportion il de

son étendue : ainsi une couleur vi\ couvrira une surface rêlatr

ment petite, tandis qu'une couleur claire pourra couvrir une grande su

L'emploi en trop grande quantité de tons vigoureux et éclatants pu iluit un effet criard. ( couleurs sont celle- qu'onl préférées lea peuples dont le goût n'était pas cultivé : mais à mesure que la civilisation s'est dé loppée et que le goûl s'est affiné, on a évité ces nuance- éclatantes, et on les a remplacées par de pins délicates, ou au moins entremêlées de tons rom] et de tons clairs que l'on peut contempler avec satisfaction et sans fatigue pour l'œil.

23. Harmonie d'analogie ou d'assimilation. -1° De* couleurs s'harmonisent généralement quand dits contiennent u coul tité suffisante. "C'est l'harmonie de la variété dan- l'unité que l'on partout dans la nature. En observant un horizon très étendu, on remarquera que les lointains paraissent bleutés ; ils participent à l'apparence bleue de l'atmosphère. A mesure que les plans se rapprochent du bateur ils perdent cette teinte. La peinture proprement dite et la fresque sont soumises à cette loi ; la première parce qu'elle est la représentation des lois de la nature, et la deuxième parce qu'elle doit s'inspirer de ces lois. Ainsi on fera entrer dans les teintes des plans saillants les couleurs des plans reculés."

"L'assimilation est le moyen le plus facile d'obtenir l'harmonie. Elle s'applique surtout à la décoration monumentale et aux ensembles."

"La couleur assimilable doit : 1° servir de fond à l'ensemble de l'œuvre; 2° entrer dans la composition des teintes principales ; 3° faire partie des gammes plus ou moins élevées de couleur que les motifs d'ornement peuvent

recevoir."

5 t ri;i\< ici - Di. i.' \i; i ORNEMEN i IL

i ette règle observée présente un bel effel décoratif lorsque les motifs d'ornementation Boni des nuancée d'une même couleur. Sur un fond vert pâle, par exemplej od peut appliquer toute la gamme dea tons verts : '-t comme le jaune entre dans La composition du vert, un appoint d'or ou de jaune rehaussera l'effel général.'1 Cours élémeniain <l< dessin linéaire, — Livn du matin . F. [. C.

2° L< 8 couli urs s'harmonisi ni dans l'ordre du spectre solain . I >e l'analyse spectrale de la lumière solaire on déduit une deuxième loi de l'assimilation. La décomposition de La lumière naturelle donne, comme on l'a vu(no 16) , une succession de couleurs qui varient graduellement du violet Intense au rouge

Baturé; car il se produit alors une assimilation parfaite des couleur.- voisines

les unes des autres. Aussi les couleurs disposées dans l'ordre du spectre .solaire: violet, bleu, vert, jaune, orangé, rouge, sont dite- en sérù harmonique.

"C'est l'ordre naturel suivant lequel un certain nombre de pièce- coloriées de teinte- plate.-, même à leur maximum d'éclat, peuvent produire un accord harmonieux, sans recours ni à la hiérarchie dv> proportions, ni à l'influence d'une couleur dominante, par le seul ordre dans lequel les couleurs sont disposées". Ziégler.

De sorte qu'une décoration monumentale dont la partie inférieure recevrait les couleurs froides pour passer doucement aux tons chauds, qui seraient naturellement placés à la partie supérieure, offrirait une très riche et très puissante harmonie. Le moyen âge offre des exemples remarquables de ce genre.

24. Harmonie de juxtaposition ou de contraste. — 1° Les couleurs saillantes et les couleurs rentrantes convenablement juxtaposées, produisent ou augmenU rU Veffi ( du r< / -Les couleurs saillantes, comme le rouge, le jaune et leurs composés, doivent occuper naturellement les parties en relief ou exprimant des reliefs : tandis que les couleurs rentrantes, les variétés de bleus, se placent dan- les plans reculés. Les verts, les violets et quelques autres couleurs composées conviennent aux plans intermédiaires, ("est ainsi que l'effet de relief sera produit ou augmenté.

Les artiste- de Pompéi ont appliqué cette règle d'une manière remarquable dans leurs décorations architecturales. Ils ont su leur donner l'apparence d'un véritable relief par la simple juxtaposition des teintes plates.

La pratique des Maures était quelque peu différente ; les couleurs pri-

LA COULKUK DAN I MEN fATK

maires et l'or étaient placé.* .!<• manièn l«-um

OOmpO itiOD Dans la décoration des -urtaee- mo<lel< appliquaient

souvent le rouge dam lei profondeur où l'ombre pouvait en adouci] force. ( l'était aussi <le droit la place du bleu; l'or ou le j sur les surfaces exp< à la lumière Cette di bion pleine d'h donnait aux couleurs primaires toute leur valeur.

2 / m couleur t%t exalté par la juxtap< mplémei —

NOUS avons VU (no 22, 2 I qu'une teinte colore de mpléiiientai

teintes environnantes. 8i «loue on place une couleur î côté de sa complémentaire, la première ajoutera à l'effet de la deuxième, comme la deu fera mieux valoir la première, et les deux couleurs s'exalteront l'une l'air Le violet atteindra Bon maximum d'éclat à côté du jaune, l'orangé •> et du bleu, et le vert en présence «lu rouge*

D'autre pari nous axons vu aussi (no 19) que deux complémentaires s'annulent par le mélange en produisant Vachromatisrm , Nous concluons «loue que les couleurs complémentaires se combattent jusqu'à la mort quand on

les Combine, et qu'elles se soutiennent et se font ressortir l'une l'autre quand elles sont juxtaposée-.

On a le maximum de contraste par la juxtaposition de deux couleurs complémentaires dont l'une est intense et l'autre claire; par exemple, du violet foncé à côté d'un jaune clair, un rouge intense à coté d'un vert léger.

Deux complémentaires juxtaposées gagnent beaucoup en étant séparées par un trait de blanc ou de noir ; sans ce trait les vibrations rapprochées des deux tons produiraient un effet un peu louche et indécis.

L'harmonie de contraste convient plus spécialement aux détails.

25. Harmonie d'analogie et harmonie de contraste comparées. — L'harmonie d'analogie exprime la douceur, la paix ; l'harmonie de contraste, la force, l'énergie. La première convient aux ensembles, aux surfaces de grandes dimensions ; et la deuxième aux parties moindres, aux ornements qu'on veut mettre en relief et faire valoir davantage.

On peut allier ces deux sortes d'harmonie par la juxtaposition de valeurs ou de tons très différents d'une même couleur. Il y a alors contraste par la différence d'intensité et assimilation par l'analogie de couleur.

En général, dans une même décoration, on doit employer autant que possible ces deux sortes d'harmonie, tout en tenant compte de l'harmonie

PRINCIPES DE L Ain ORNEMEN

de proportion, afin de satisfaire au besoin de variété qui est unedee conditions de la beauté. Un d< onvenable de ressemblance el de variété concourant ensemble à L'unité, voilà , il ne faut pas L'oublier, les conditions indispensables de la parfaite harmonie, dans L'emploi des couleurs comme dans celui des Formes ornemental*

Par exemple, pour la décoration (l'un plafond <>u (l'un pan <!<• mur intérieur, la plu- grande partie de la surface pourrait être couverte «le différents tons clair- de vert, tandis que des ornements au centre et aux (plâtre

coin- pouffaient être dessinés en blanc crème sur un fond rouge ou

brun. La variété serait obtenue pat- le contraste du vert clair avec le rouge foncé, et l'unité par L'analogie de- ton- verts. Il y aurait aussi harmonie de proportion au moyen de la couleur dominante, le vert. Dos filets d'or sur les moulures compléteraient la série des couleurs, et rehausseraiept l'effet de l'ens* mble.

La nature nous offre de- exemple- Frappants d'harmonie de- couleurs dan- certains beaux couchers du soleil, où le- ton- bleutés se Fondent doue ment avec les tons violets, rouges et jaune- des nuages; dans le- végétaux, où le feuillage vert Forme une harmonie contrastante avec les fleurs rouges ou roses, ou une harmonie d'assimilation avec les fleurs jaunes ou violettes.

26. Contours, lai peinture décorative, le contour a une importance capitale. Il consiste ordinairement (ai un trait de peu de largeur, qui doit être de couleur distincte et Lien prononcée. Il -'emploie pour séparer les couleurs et limiter les ornements à teintes plate-.

Les contours de- couleurs juxtaposées doivent être redessinés en noir, en Liane ou en un ton plus foncé que la plus foncée des juxtaposées, ou plus clair que la plus claire. Il doit en et re de même pour le contour des ornements; néanmoins les ornements peints sur un fond considérablement plus sombre ne demandent pas nécessairement à être cernés. On peut s'appuyer pour cela sur la pratique dr> art i.-te- pompéiens, qui omettaient le contour dan- ce cas. Le- ornement- en or SUT fond colorié -ont bordés préféraLlement d'un trait noir.

Le contour des ornements peut être quelquefois un trait fin du côté de la lumière, et un trait fort du côté de l'ombre.

On peut. < n certain- cas, rehausser un ton en renforçant le contour de la surface à modifier. Par exemple, si deux couleurs claires juxtaposées ne

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qui voudraient approfondir davantage l'étude d< couli i poin

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