‹ L'Art ornamentalChapitre 35 sur 71 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Ils \K I s II Kl soi I I I ROM \!\ 1 I 'ART II Kl sol i LfiOO- J I

78. Notions historiques et éléments. Les Étrusques disaient établis en Italie plusieurs siècles avant la fondation de Rome. Qs habitai* la Toscane, partie de la péninsule qui longe la Méditerranée. ( !ett< -'nation les mettait en relation avec l'Assyrie, l'Egypte el la Grèce, qui < rent une influence marquée sur leur art. Mais de i fui la

Grèce qui exerça l'influence décisive et qui donna au style étrusqu caractère principal. Ainsi ce fut un art hétérogène, une combinaison p] ou moins originale d'éléments pris à l'Orient, surtout à Athèn< nous avons décrit l'art de ces contrées, il suffira, ce nous semble, de dire ici un mot des qualités propres aux travaux des Étrusques et des éléments particuliers qu'ils ont laissés aux Romains. Ces éléments furent i rd la voûte, qu'ils avaient employée dans leurs travaux d'égouts, ainsi que dans la construction de leurs ponts et de leurs portes de ville ; puis la colonne toscan première dans la figure VII), qui est une imitation simplifiée de la colonne dorique. On verra plus loin que les Romains ont fait un grand usag de la voûte, et qu'ils ont adopté Tordre toscan comme ordre d'architecture.

Dans la construction de leurs temples, les architectes étr pas montré le même goût esthétique que les Grecs. Ils leur ont emprun beaucoup d'éléments architectoniques, mais ils les ont mis en œuvre d'une manière moins bien raisonnée. On peut en dire autant de l'ornementation: en

I Hi HISTOIRE DE I." M: I ORNEMEN

général, elle ae fut pas mieux interprétée. Néanmoins, dans leurs pri duits industriels, qui Boni innombrables, on trouve beaucoup de compositions remarquables par la délicatesse, l'harmonie el la pureté des fora*

La céramique el la peinture furent les deux arts plastiques qui acquirent le plus de développement chez les Étrusques, grâce aux nombreux modèles qu'ils importèrent de la Grèce. Il- ont laissé plusieurs fresques murales remarquables, et surtout des poteries d'une technique parfaite. L'argile en est fine, et le vernis tenace. Les formes sont ordinairement légères, élégantes et d'aspect varié.

2° L'ART ROMAIN 1 i..;tv .1 .-C L76ap. J.-C. L'ARCHITECTURE

79. Notions historiques. Rome, fondre sur les bords du Tibre, Tan 753 axant .!.-( !., prospéra avec une rapidité étonnante. Après avoir soumis les Étrusques, Bes voisins, et tous les autres peuple- < le l'Italie, elle réduisit la Grèce et la Macédoine en provinces romaines. Sou- Auguste César, son glorieux empereur, Rome devint maîtresse de l'univers. C'était le moment que Dieu s'était choisi pour faire paraître le Sauveur du monde. Ce fut aussi celui où l'empire, après des guerres incessante-, put enfin jouir de la paix. Les arts brillèrent alors d'un éclat extraordinaire, et de somptueux monument- -'élevèrent de toutes parts. Apre- cet élan, la sève de l'art commença à s'épuiser : puis au IVe siècle, arriva la déchéance.

Ainsi, dans l'histoire de l'art romain, on peut distinguer quatre époques: 1° une époque de lutte, qui ne produit presque rien ; 2° un siècle de paix, le grand siècle d'Auguste, qui fut abondant en grandes œuvre- ; 3° le siècle suivant, ou l'art vit surtout d'imitation ; 4° enfin, l'époque de décadence (Ille et IVe siècles).

L'art romain dérive de l'art étrusque et de l'art grec. Ce sont dc> architectes étrusques qui érigent les premiers temples de Rome, des ingénieurs étrusques qui construisent ses remparts et ses canaux. Après les guerres puniques, il en est autrement. Les Romains sont amené- à connaître la civilisation grecque, et il- en .-ont vite séduits. Alors ce ne .-ont pas seulement les dépouilles de la ( rrèce qui envahissent Rome, mai- encore tout un peuple d'artistes La nation grecque est subjuguée, mais son art règne en maître dans la capitale de l'empire. Ce sont des artistes grecs qui en construisent et décorent les temples, les palais et tous les monuments. Le goût des

l Ain \

Romain pour le fa te çl la grandeu admirabh n

hellénique; mais, encore uni l'art I

pour 3 produire ce qu'on peut appeler l'ai co-n »main.

80« Monuments. Le tn de l'ancienne Rome ont

rement nombreux e1 varié Non ortirions du cadre d< entreprenions de les décrire tous. Il faudra donc encore ici oou oer à dire quelques mots d< principaux monument . et à fan -orth |ue

leur stj le a de caractériel ique.

Les Romains ont donné une grande valeur pratique à leur architectui car il- ont appliqué cet art non seulement aux tempU i palai

très et aux tombeaux, comme les ( Irecs, mais encore à une foule de d'utilité publique ou d'agrément, comme lesaqueducs, les bains, les poi les basiliques, les ports d< mer, les cirques, l< amphithéâtres . les ara cb I /)//c, les monuments funérain s, etc. Une description Bommaire de ces travaux fera mieux voir cette vérité.

Les premiers temples romains diffèrent peu de ceux de la < rrèce n< 11 faut en dire autant des théûtn L'un des temples romain- les mieux conservés est celui de Nîmes, connu sous le nom de Maison carré me

exemple de théâtre on peut citer celui d'Orange. Sous L'empire,l< mains adoptèrent la forme circulaire pour haïr- tempt Le plus célèbre époque est le Panthéon d'Agrippa. Il est surmonté d'une vaste coupole qui a donné à Bramante l'idée du dôme de Saint-Pierre.

Les liquidités sont peut-être les travaux les plus remarquables des Romains. Ils consistaient essentiellement en un chenal artificiel disposé sur une pente douce et régulière, et destiné à amener l'eau des montagnes à Rome. Quand ce canal avait à franchir des vallées, il était supporté par des arcades1 en maçonnerie formant une sorte de viaduc. Quelquefois il y avait plusieurs rangées d'arcades superposées qui s'élevaient à une grande hauteur, comme dans l'aqueduc qui est connu sous le nom de Pont du Gard, près de Nîmes. Plusieurs de ces conduits servent encore aujourd'hui.

Les bains publics ou thermes étaient nombreux à Rome. Sous les empereurs ils devinrent des lieux de réunion. Outre quatre ou cinq salles de bain proprement dites, ils comportaient d'autres salles plus ou moins nom-

1 Ouvertures cintrées.

HISTOIRE DE i.'aim ORNEMENTAL

br< mivant la magnificence des thermes. I eux de Titus et d< dla

Limensions col»»— nie- el d'une richesse inouïe.

Les basiliques étaient des édifices publics où l'on rendait la justice

laquait. Le plan en était -impie: c'était un bâtiment rectan-

dans le sens de la Longueur en trois nefs, par deux rangs de

colonnes. \ l'ext rémité de la nef cent raie, qui était la plus Larg I rouvait

une abside en forme de demi-cercle, où siégeait le tribunal. C'est le plan

qui a été adopté par les chrétiens des premiers siècles pour leurs églis

Les cirques avaient la forme d'un long rectangle arrondi en !émicycle à l'une des extrémités. Ils étaient destinés aux cour de chevaux et de chars.

L'amphithéâtn différait du cirque par la nature des spectacles qu'on y donnait. Il était primitivement destiné aux combats sanglants des gladiateurs : mais plus tard, sous les empereurs, on y représenta aussi des chasses d'animaux.

Fîg. Y bis. — L<' Cotisée (état actuel).

L'amphithéâtre des Flaviens ou Coliséc (fig. V bis), commencé par Vespasien et terminé par Titus, est le plus majestueux vestige de l'architecture romaine. C'est une immense construction de forme elliptique, qui mesure 1780 pied- de circonférence. Sa hauteur est de 160 pieds, et sa plus

grande longueur de 615 pieds. Tout autour de l'arène, sur une profondeur de à la hauteur, s'échelonnent les gradins, qui donnaient place à 100,000

Bpectateui I fl Façade premii i ont pei hacun di

colonni dorique au mier et corinthiennes au 1 1 ond I :mi re8,( i :i\ eugle et orné de pila I h

terrainefl renfermaient des couloirs, d( aqueduc ( )n sait que le sol du ( iolisée a été plusieiu

Le di triomphe étaient

poiic- monumentales à une ou t rois arcades, décorées de basreliefs et d'inscriptions qui rappelaient les victoires du vainqueur.

Les principaux, qui existent encore aujourd'hui, Bont les arcs de Tit us et de ( Constantin fig. VI ►, à Rome, et celui d't frange.

Les Romains ont élevé aus des colonnes triomphales. La plus belle est celle qui fut érigée par le sénat en l'honneur de Trajan. Elle a servi de modèle à la colonne Vendôme.

Les habitations ordinaires var rient depuis les plus simples jusqu'aux palais les plus magnifiqu< El montrent toutes le goût des Romains pour le bien-être. Autour d'une pet cour à demi couverte se groupent ordinairement des chambres plus ou moins grandes, plus ou moins nombreuses, suivant la condition du propriétaire. Plus tard le nombre des chambres s'accrut encore. Plusieurs aloi raient un jardin. Tous les intérieurs d'habitation étaient un

grand nombre étalaient une richesse extraordinaire.

Que dire donc des palais des empereur- Le marbre, l'urgent et l'or y resplendissaient de toutes parts. Les chefs-d'œuvre de la Grèce en ornaient les salles, et le luxe le plus raffiné régnait partout. Selon - uteurs anciens, ces palais étaient comme des demeures enchanté

Enfin les tombeaux et les mausolées rappelaient par leur magnificence

1 i ftH^^H

20 HISTOIKK M L AK'I OKNKMEN

les habitations des vivants. Ces monuments étaient d'aspect trê varié. ( >n en voit encore un grand nombre sur la voie appienne.

si. Caractères de l'architecture. Si l'architecture romaine | ticipe jusqu'à un certain degré aux qualités de cell< - de La ( irèce, il n'en i pas moins vrai qu'elle a avec elle des différence* ntielles qui peuvent résumer comme suit :

1° L'emploi fréquent du plan circulaire. On Le trouve dans les amphithéâtres, le- temples de Vesta, quelques mausolé le Panthéon de Rome.

2 Uovbli des principes raisonnes d construction obs< peu la G tes, — Au lieu de se modeler sur L'arrangement si parfait de l'architecture grecque, les Romains se préoccupent d'abord de construire, puis ils adoptent les tonne- helléniques pour orner ces constructions. La colonne, par exemple, no supporte plus qu'un entablement Factice, car la charge repose sur des piliers (fig. VI . Elle n'est là que comme' ornement. La fonction des auti parties est de même méconnue. "La décoration, voilà à quoi L'architec romain réduit cette ordonnance grecque dont la tradition et la mode1 ont consacré la beauté, et sans Laquelle il croit que les yeux ne seraient pas satisfaits". J. Martha. — Archéologû r<>f//di/i> .

3 L'augrru rUation dans les dimensions et la richessi des édifices. ( Somme on a pu le voir, la principale inspiration qui présida à la const ruction des monuments romains fut celle de la grandeur. Il fallait au peuple roi des monuments dignes de sa gloire et de son ambition. Le- ( rrecs avaient eu le culte de la beauté, les Romains eurent celui de la magnifie* ; I î'est dans l'architecture et l'ornementation principalement que s'est mani

désir du somptueux : dans l'architecture par La grandeur des dimensions, et dans L'ornementation par une richesse et une profusion qui vont quelquefois jusqu'à l'extrême.

4° V usage & Varc d delà voûU en plein-cintre. "Comprenant tout le parti qu'on pouvait tirer de la voûte, les Romains n'en restreignirent pas L'emploi aux travaux de voierie, comme les Étrusques. IN lui donnèrent dans leurs constructions le rôle principal. IN surent en multiplier les combinaisons, en amplifier les courbes, en varier le- i. Ils tournèrent, et pour jamais, an profit de l'art . ce qui n'avait été jusque là qu'un heureux expédient d'ingénieur". J. Martha. Grâce à la voûte ils purent faire des constructions extraordinaires, couvrir d'immenses i 3, sans le secours de colonn

I .c arc et le arcade . qui on1 oomme de i tout liât urellement au tèm< a< l( >] ' i pai le Romain en plein cintre fut substitué à la con bruction en plate I <|ui

en usage ju qu'alor

La su/h ion des ordres et l'altération (L len

Le d( de dimensions imposant et le b< oin d'une population toujours croissante amenèrent l« Romain ire d< tructioi

sieurs étages Uon à chacun de ceux-ci coi >ndait m d'un ordre différent, comme noue l'avonc vu pour le ( «>li Di

pareille disposition était la négation même de* ordres, destiné d'ah à être employés séparément, et à déterminer les proportions et l< de chaque édifice.

( )n en vint même à dénat mer la forme propre de chacun des ordres grecs.

La colonne doriqui devint à peu près semblable à la colonne toscane. ( tomme à celleci, on lui donna une base circulaire posée BUT une plinthe carrée. Sous le chapiteau régna un anneau en relief appelé astragale.

La colonne ioniqui perdit de son élégance. Le chapiteau fut simplifié, et les volutes eurent quelque chose de rigide.

En revanche, Tordre corinthien acquit un développement et une magnificence qu'il ne connaissait pas encore. Les architectes romains ne cessèrent de l'embellir de tout ce que leur art put inventer.

La colonne, dans les ordres romains, fut souvent posé but un pied atal (fig.VIetVII).

6° L'introduction de deux nouveaux ordres, le toscan et h L'ordre toscan île premier dans la fig. VII), que les Romains avaient reçu des Étrusques (no 78), n'était qu'une imitation du dorique grec : mais il était approprié aux besoins et aux matériaux de la Rome primitive. Aussi fut-il beaucoup employé avant la conquête de la Grèce.

Plus tard, lorqu'ils eurent perdu davantage le sentiment de la beauté

Fie. VU — Les deux ordres romains.

HI8T< »M;i. M l. \l; l OKNEMEN | \|,

des ordres grecs, les Romains eurenl l'idée de former un nouveau chapiteau en mettant les volutes el le- détails <!<• l'ionique au-dessus de lu rang d'acanthes du corinthien. Le chapiteau composiU fig. VII. deuxième partie) fui le résultai de ce mélange hétérogène. On en trouve un i emple sur l'arc de Titus, m Rome.

Page 1