CHAPITRE \l
L'ART ROM MN (guite) I/ORN1 MRNTATION, ETC. LA DÊCADENCI
82a. L'ornementation. Rome antique n'a guère eu d'ornementation originale. Ce qu'on appelle style romain, en décoration comme architecture, n'esl qu'une imitation emphatique de l'art ;
82 b. Caractères. — La sculpture d'ornement a donc \ aérai,
esthétique, élégante et conventionnelle, comme en Gréa ( i a ca onl
été expliqués plus haut (no 74), et cela noua dispense d'y revenir ici.
L'ornementation fut en outre somptueuse et parfois à l'époque de décadence. Les ornements grecs les plus riches deviennent très simples si on les compare à des ornements romain- d'alors. décoration sans mesure est cependant digne d'être étudiée avec soin, à des qualités qu'elle renferme et que nous venons d'énumérer, à
causes des défauts dont elle nous donne l'exemple et qu'A faut éviter.
Le principal défaut fut précisément celui de charger toute- les parti architectoniques de sculptures, sans laisser de repos pour l'œil. Les pari qui demandaient le plus à rester unies, comme le larmier et d'autn droites, furent sculptées; de sorte que les lignes de l'architecture dispara salent partout sous cette ornementation extravagante.
Les Romains furent aussi moins esthétiques que les Grecs dans le choix de leurs courbes, qui sont plus circulaires, plus géométriques, tant dans les moulures que dans les ornements.
83. Éléments. — 1° Acanthes, volutes, perles, oves, rais de cœur, chimi têtes de lion et rosaces (fig. 36 à 43, no 75), comme dans l'art grec.
HISTOIRE Dl. I. Ai; I ORNEMENTAL
L'acanthe employée par lea Romains, dans leur ornementation, n'était
[a même que celle des ( irecs, ( ''était la variété appelée acanthus molli ou acanthe molle fig. 68 b, pages 137 , tandis que l'autre était l'épineuse fig, 88 a .
( Jette plante, qui croît spontanément en Italie, et qui est si remarquable par l'ampleur et la beauté de sa végétation, n'avait pas manqué de plaire aux sculpteurs romain-. Aussi en firent-ils un très grand usage. Outre qu'elle décore le chapiteau corinthien, comme non- l'avons vu. on la retrouve dans les rinceaux qui ornent le- frises, dan- le- modillons . dans l'ornementation des vases et dan- une infinité de motifs décoratii
La forme conventionnelle que lui ont donnée les artistes a respecté l'aspect générique de la feuille. Ils ont su conserver et coordonner sa disposition étagée et sa division en lobes symétriques ; ils ont simplifié les capric ri les irrégularités des dentelures, accentué les nervures et arrangé les loi en progression, du sommet à la hase ; de sorte que la feuille ornementale présente dan- son ensemble le.- caractères les plus esthétiques.
2° Griffons fig. 16), animaux fantaisistes ayant la tête et les ailes d'un aigle et un corps de lion. Ils rappelaient la force unie à l'agilité. Le griffon servait souvent de couronnement aux acrotères. On le voyait au>si dans les frises.
3e Masques et mascarons (fig. 47), motifs de décoration formés de têtes humaines de formes réelles ou fantaisistes. Le plus souvent le mascaron est entouré de feuillages auxquels il est lié. Parfois ses cheveux et sa barbe se transforment en feuilles d'acanthe ; d'autres fois des tiges sortent de sa bouche et s'épanouissent en rameaux ou en rinceaux.
Les deux principaux types de masques sont le masque tragique et le comique, tels que ceux qui servent encore aujourd'hui de motifs dans la décoration des théâtres.
4° Sirènes et tritons, déesses et dieux marins ayant une tète humaine et un corps qui se termine en poisson. Amours, enfants ou demi-corps d'enfants mêlés aux rinceaux. Faunes et nymphes, divinités champêtres de forme4 humaine. Ces êtres fabuleux faisaient partie de la décoration des frises.
1 Sorte de console qui supporte la corniche de l'ordre corinthien romain.
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6 Rinceaux (fig. 10 et 19 Lee rinceaux prirent un développement extraordinaire dans le décor romain. Lesarti plurent i Jerunlu
d'ornementation qui dépasse de beaucoup tout ce qui avait é qu'alors.
"Ces rinceaux appartiennent tantôt à la flore conventionnelle, I et le plus souvent, à une flore imaginaire : l'acanthe et ses dérivés y dominent , en raison de leur caractère décoratif. Les principe- qui règlent la dis] sition ornementale de ces rinceaux relèvent du goût et de la fantaisie du dessinateur... .C'est ainsi que les feuilles ne seront pas nécessairement portées par un pétiole, et qu'on les fait souvent sortir capricieusement d'une autre feuille, d'un calice, d'un culot1, etc.; mais il est cependant certains principes auxquels la disposition doit obéir; les tiges peuvent s'infléchir en volutes, en courbes indéterminées convergentes ou divergentes, mais elle* raccorderont toujours tangenticllcmcnt l'une à l'autre, comm< nous l'avons dit plus haut."
. . . "Les tiges des rinceaux romains sont représentées parfois produisant demi-figures d'hommes et d'animaux. Ici, des enfants sortis d'une plai semblent effrayés d'une fleur qui donne naissance à une tête de lion : là ce sont des sphinx, des quadrupèdes ailés, des griffons qui tiennent des guirlandes ou paraissent garder un flambeau; d'autres fois ce sont des béli< qui se menacent de leurs cornes, ou bien de chimériques sirènes qui végèù parmi les feuillages." H. D'Henriet.
On peut dire que la feuille d'acanthe et le rinceau furent à l'égard de l'ornementation romaine ce que la palmette et la courbe en spirale f tirent relativement à l'ornementation grecque.
1 Ornement de forme très variable, mais qui se rapproche de celle du calice d'une fleur ; on l'emploie fréquemment dans les rinceaux et les arabesques, pour en1 faire sortir des feuillages.
lll-l OIR] DE I. Ain ORNEMEN1 AI.
7 Canaux fig. 50), ou petits évidements creusés dans le sens vertical but les larmiers <>u aul res moulures plan
^ Feuilles d'eau fig. 51 », ou feuilles à bords unis, sans découpures, servant à décorer des moulures ; feuilles de laurier, de chêne, souvent disposé trois par trois ci décorant les tore- ; Feuilles d'olivier, Feuilles de persil, enfin fleurons et alliances variées de Formes végétales stylisé
84. Peinture. La peinture romaine nous est connue par les décorarations trouvées à Pompéi et à Herculanum, lesquelles se rapprochent beaucoup des peintures grecques. "Toutefois l'art chez les Romains avait perdu cette fin< jette élégance de l'an grec; il était devenu, comme la religion, plus grossier. I renés dans la reproduction dv< effets de lumière, les artisi se bornaient souvent à représenter des personnages isolés, d'un ton mat et al. Leurs œuvres se rapprochaient de la décoration des vases étrusques. C'est surtout aux mosaïques que les Romains demandaient dès représentations <illi leur paraissaient parfaitement suffisantes et !<•> séduisaient par leur éclat." ( '. Laboulaye.
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Éléments de L'ornementation romain"
Néanmoin l€ oeuvn pompéienne brillent d'uni it/ di
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I );ui le mai on di l 'ompéi, chaque panni au di mui tableau, toujoui com] ec art . t i libre que |
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ration, qui inspire encore o\x\ ent qoé d( ton données à V i chéologii étru 1 1 romaine de J, Mari ha.
Les architectes romains avaient appliqué contre leurs murs de briques, à l'intérieur des édifices, des revêtements de marbre ou de stuc qui reproduisaient en relief les formes architectoniques grecques. Le principe de la décoration pom- y péienne n'est pas autre chose que l'imita- r*~ tation en couleur, en trompe-l'œil, d< compositions architecturales. ( )n dessine el on peint des colonnes, des pilastres, des frises et des corniches (fig, 51a). On les transforme, on les multiplie, on les combine de mille manières, sans se soucier de la vraisemblance. Les menus ornements surabondent : ici un ruban noué, une guirlande, un feston, une touffe de feuillage ; là un bouquet de fleurs, des fruits, un oiseau, etc. Quelques personnages animent ces vues fantaisist Une femme attend, appuyée contre une colonne ; une autre se penche avec curiosité sur un balcon ; là des promeneurs circulent sur une corniche, etc.
On voit de quelles nombreuses ressources disposait le peintre décorateur de Pompéi. La richesse et la variété des tons s'unissaient à l'élégance des formes pour plaire aux yeux. En outre, les artistes abondaient en artifices
Fig. 51a— Peinture ivc de Pom
(J. Martha — VA romain*
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pour captiver et charmer le regard du spectateur. Parfois ce sont des teintée uni<-. Bur lesquelles on a ménagé un détail inattendu et vivement colorié; d'autres fois ce sont des images amusantes, ou des perspectives plus ou moins reculées; d'autres Fois enfin ce sont des scènes dramatiques, piquant* ou seulement pit boresques.
< ta ne trouve aucun nom célèbre de peintre romain, parce que ht peinture était pratiquée par des serviteurs grecs ou des esclaves.
85. La statuaire, la céramique, le meuble. Dans ces arts comme dans les autres, les Romains n'ont fait d'abord qu'imiter les Grecs : ou plutôt, c'étaient des artistes grecs qui continuaient, à Rome, de produire les plus belle- œuvres. ( Je n'est que sous l'empereur Adrien que des Bculpteurs romains commencèrent à exécuter des travaux de leur style. Us employèrent I e lucoup l'ivoire pour la sculpture de statuettes, de bas-reliefs, de meubles, et surtout de diptyques tablettes doubles qui se refermaient comme un livre .
85a. Décadence de l'art romain. — Les défauts de l'art romain, qui étaient, nous le répétons, une folle prodigalité dans l'ornementation et une exagération emphatique dc^ formes, s'accrurent sous les derniers-empereurs. Pour innover on s'écarta de plus en plus de la nature et des proportions raisonnées des modèles grecs. Le colosse romain atteignait à sa décrépitude et tout s'en ressentait. Une dégénérescence fatale du goût allait amener la décadence de l'art. On essaya bien de produire de l'original, mais l'inspiration manquait dans les caractères et les âmes abaissés de l'époque : et quand on dépouilla Home de ses grandes collections d'art pour en parer ( !onstantinople, la nouvelle capitale de l'empire, ce fut le dernier coup porté aux œuvres d'imitation même. Avec l'art romain finissait l'art ancien. C'était au tour de l'esprit chrétien, qui commençait à briller but le monde, de vivifier la sève de l'art et de le régénérer par une inspiration plus pure, celle de la foi et de la vraie religion.