‹ L'Art ornamentalChapitre 45 sur 71 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Lis \kis ARABE II MAURESQUE IXe-XIVc SIÈCLE NOTE si R L'ART RI BSE

102. No' ions historiques.- Avant de continuer l'histoire de Pari chrétien, il faut nous arrêter un moment à considérer un autre développement artistique du moyen âge, une branche qui, bien que greffée sur le byzantin, lit en dehors du christianisme : il s'agit de l'art arabe, qui donna lui-même naissance à une autre branche, l'art mauresque.

Les disciples de Mahomet, sortis du désert, n'étaient pas artisi mais ils axaient le goût du beau, et ils ne pouvaient s'empêcher d'admirer luxe et la beauté des œuvres d'art qu'ils trouvèrent dan- les villes nouvellement conquises par eux en ( Prient et au nord de l'Afrique Ville siècle). Pour élever des mosquées et des palais en rapport avec leurs aspirations andissantes, ils se servirent des artistes de Byzance ; et leur architecture se forma ainsi et surtout d'éléments byzantin-. La Perse exerça aussi une grande influence sur Part arabe, surtout lorsqu'elle eut embrassé le mahométisme.

Axant poussé leurs conquêtes jusqu'en Espagne, les Arabe- fondèrent un califat à Cordoue, qui devint un des centres de leur civilisation. Les Maures ou Arabes d'Espagne développèrent en cette cdhtrée la branche la us brillante de Part arabe.

Le Btyle mauresque d'Espagne et le style arabe d'Orient sont donc de

la même famille, et connue tels se ressemblent jusqu'à la similitude près ;

ds ils i e distinguent tous les deux de Part chrétien par une originalité et une

[dualité frappantes. L'étude de leurs caractère- va non- démontrer cette

.élite.

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LOS. I 'ai chltecf m I i pi incipal< renconl renl nal urellemeni en Orient, à O ton la ni" i [liée d ( h Jéru al< m, (

«le Salomon, et la i |uée d' tanrou, au (

I In i rou\ <• aussi dee i race de l'art aral >e 2 \ que ce* deux paj ont eu de fréquente rclat i< i

Mais, comme on l'a s u déjà . I« product u i ce Btyle sont celles des Vfaure en Espagne. La tno q ié< d< i

forêt de plus de mille colonne «•' l'Âlhambra de ( et éclatante décoration, sont des monuments qui font l'admiration d 1rs \ 03 ageurs.

L'Alhambra (fig, \ll tient le plus haut point de perfect ion de l'architecture mauresque. I ta y trouve l'art imagé des Egyptiens, la grâce naturelle des Grecs, le luxe drs Romains et les combinai- Bons étudiées des Byzantins. C'était la forteresse et la résidence des rois maures. L'extrait suivant d'une description qu'un touriste a faite de ce palais donnera une idée de l'architecture mauresque,

". . .Grande est l'impression, dit-il, quand, débouchant dans la première salle, on - trouve en | sence de ces blanches et sveltes colonnettes, aux doubles arceaux d'une g d'une légèreté aériennes, de toute cette délicieuse fantaisie de marb stucs, mosaïques, éclairée d'une large lumière, ayant pour voûte le ciel bleu1, et se reflétant tout entière, avec ses plates-bandes de myrtes, dan- une nappe d'eau limpide comme le cristal."

"...Autant de salles, autant de parvis aux bassins de marbre blanc, autant de mystérieuses retraites aux voûtes de stalactites, aux murailles ajourées qui semblent faites de plusieurs couches de guipure.

1 Le centre est découvert et forme une sorte de cour intérieure.

Fig. XII. L'Alhambra dea Lioi

m $ i . uni. DE L \i; i - »i;\i.\ii.\ i \l.

arcs élancée s'ouvrent des perspectives enchanter I >ut brillent les

faïences peinte-, lea mosaïques, les plafonds de cèdre dorés." •! Lardei b

loi. Caractères généraux.

XIII Chapiteau et vue extérieure d'un

pavillon de L'Alhambra.

1° /^/ simplicité dt l'extérieur contrastant avi c Vélégana < t la riefu (h Vintérii ur. Ainsi l'Alhambra, si luxueux au dedans, a un aspect très Bimple, presque austère au dehors fig. XIII .

"Était-il possible, continue le même auteur, que tout cela fut contenu dans ce même monument qui m'avait paru si pauvre à l'extérieur et de dimensions si n quines?'5

Les mosquées ont de même un dehors austère et modeste. Le plan est carré. La façade n'offre que de grandes lignes et des pleins prononcés. La lumière ne pénètre qu'avec peine et par de rares ouvertures. Plusieurs mosquées sont surmontées d'un dôme, comme les églises byzantines, mais ce dôme lui-même ne reçoit que peu d'ornements.

2° La profusion et la somptuosité des ornements à l'intérieur, lesquels sont rehaussés de couleur et d'or. "Il semble, dit Owen Jones, que les Arabes ont transplanté dans leurs habitations fixes, sous une autre forme. les étoffe- et les châles de l'Inde qui ornaient leur- premières demeures qu'ils ont changé les mâts de leurs tentes en colonne- de marbre et les tissus de soie en plâtre don'.*'

En effet toute- les surfaces sont couvertes d'ornement.-. ( !e sont comme des draperie- de stuc et de faïence. Toute cette ornementation e-t rehaussée d'une coloration violente, mais harmonieuse.

3° Les découpures et les voûtes dites à stalactites. — Les découpures à jour voient principalement dans le tympan1 des arcades, où elles allègent le fardeau des colonnes. Les arcs eux-mêmes sont souvent découpés ou dentelés, comme ceux de l'Alhambra (fig. XII ! et de plusieurs mosquées du ( 'aire.

1 Partie pleine, en forme «le triangle, de chaque côté de l'are.

I i découpure . «ii lui ant circuler l'a apportent beaucoup de gicicté et de l<

«|cj:i I I l« ".Ni'

Les voûù 1 1 .- 1 € ■ i ii< ont ainsi ap|>clé<

de pel ites part i< li foi ment d«

i ncorbellement l'une m faut re, à l'imitât ion 1 1

\ oûte ■ remplacent les pendent ifs bj zant in en r< i les ar< aux < oupolc S< >u> ent . néanmoin l< ir< un

plafond en charpente et richement dé< i

1 ().">. Caractères particuliers* I La

arcs en ogive , en fer à cheval ou en trèt Le* Arah< employèrent d'abord des colonnes provenant des monumi bientôt ils confectionnèrent leurs propres colonm leur donnèrent une Forme élancée. Ils virent bien qu'un : sait à soutenir des arcades découpées à joui- et qui ressembl tures pendue- au plafond.

Les colonnes sont quelquefois géminées, comme dan- i byzantines et romane-, et même triplées et quadruplées II]

Quant à la forme des arcs, elle est i rès varié En < h ient . c'est 1 ogive qui fut le plus souvent employé, du moins dan- les plu au-

ments ; en Espagne, la forme en fera cheval domine, m arcs cintrés, des arc- en forme de trèfle, etc

2 Les chapiteaux saut le plus ni cubiques, comme ceux des Byzantins, et orné- principalement d'arabesques et d'entrelacs peu aillants XIII).

106. L'ornementation. — Caractères.- 1 EU systématique. Comme le Coran interdisait toute représentât] animés, les artistes arabes, dans leur ornementation florali oir

recours à des formes tellement idéalisée4.- qu'on ne peut les rat t : plante connue. C'est ainsi qu'ils se créèrent une sorte de flore i nelle qui fit l'originalité de leur ornementation.

Néanmoins la loi de croissance et celle de la tangenc >nt

fidèlement gardées. Chaque feuille a son pétiole, chaque pétiole croît une tige, et chaque tige secondaire se raccorde tangentiellement à une tige principale, qu'on peut suivre le plus souvent jusqu'à la racine.

I 5 I HIHTOIRJ Dl l \l: l OUNKMENTAL

2 Compliq Le* ornement entrelacent, B'enroulent d'une infinité de manières. (>n voit «1 les ingénieusement tr<

qui forment des nœuds inextricables dont les gracieux problèmes intriguent et amusent pour un instant le regard" . . .

"Les rinceaux, les fleurons, les entrelacs, les polygones géométriqu bien qu'emmêlés par des complications infinies sont soumis à une loi d'arrangement qui permet au contemplateur de retrouver le fil de ce dédale. ( figures fantastiques s'embrouillent av< métrie ; une secrète méthode préside à la distribution de ces chimères." ( h. I>i. w

3 Gracii l délicate. C'est une ornementation exquise, harmonieuse de forme et de couleur. Cette myriade de petits ornements, ces pan évidé - dentelles qui paraissent revêtir partout les murs, font de L'ornementation une création si légère, si délicate qu'elle semble, dit hyperboliquement un auteur, devoir se dissiper au premier souffle de l'air.

4° Fantaisiste. Les combinaisons géométriques et les créations fantaisistes étaient, comme il a été dit, les seules sources auxquelles pouvaient recourir les artistes aratx Us surent en tirer tout le parti possible. Les effets qu'ils on1 obtenus par le seul emploi de forme- géométriques et de plantes imaginaires sont réellement ('tonnant-.

Les Arabes ont suppléé par l'écritureà la représentation de- être- animés. C'esl ainsi que Ton voit les versets du Coran s'enchevêtrer avec les formes ornementale- et enrichir la décoration par une nouvelle variété de contour-.

107. Éléments. -1° Figures géométriques (fig. 87). Ce sont d'innombrables agencements de droites et de courbes qui forment de vrais labyrinthes où l'œil ne peut trouver d'issue. "L'aride géométrie est appelée à concourir au décor de- chapiteaux, des montants, des mur- et de- frisi On aperçoit ici. de- triangles qui sont noués par le sommet et dont la base coupée se tourne en volutes et va s'enchevêtrer en d'autres triangles'; là.

des losai [Ui ne se terminent point, OU de- carré- qui .-'enlacent et qui

s'ouvrent au passage d'une diagonale interrompue; ou bien des trapèzes qui se combinent et se rachètent de manière à former par leurs côtés inégaux des figures régulières croisées par des lignes dont la marche, capricieuse en apparence, est cependant prévue et réglée par le décorateur. Qui le croirait ? de tous ce- froids éléments résulte une ornementation pleine de saveur!" Ch. Blani .

2 FiU i < ntn lacés, dispow vn bordui formant de pol oili ou con o ant d(

l'< uillag q les.—i 6h n qui i

prunté au bal, «lu moine dan infoi mal îoj

l'inv «ni ion j prend la plue large part . I .■ figu Formée qui re\ iennent le plufi souvent dai

I Etoile de Sahmon Kg. 91 , ortedep ilé assez compliqu

formé de filets ent relac<

Principaux éléments de l'ornementation arabe.

5° Combinaison*, enroulements et entrelacements <l* to dont

l'art arabe semble inépuisable, et que Ton appelle pour cette raison a qucs. On doit donner ee nom particulièrement à d le rinceaux

(fig. 92) formés de feuillages fantaisistes qui -'agencent d'un< vi-

cieuse, qui s'enlacent en décrivant des courbes gracieus varié -

108. Couleurs. — Les Maures n'ont guère employé que les coule' primaires ; mais ils les ont disposées de manière à produire le meilleur effet possible. Ainsi pour décorer les surfaces modelées, ils appliquaient le rouge et le bleu dans les parties rentrantes, et réservaient le jaune, l'or et l'argent pour les parties en relief et exposées à la lumière. De cette manière ils augmentaient, par constraste, l'effet du relief, sans compter que l'or et

m- i« »n;i DE i." m; i « >RN1 mi.n i \l.

['argent tout en rehaussant l'effet général de la décoration, lui donnaient aussi un lustre métallique d'une grande ricin

Les parties unir- étaient souvent ornées de Faïences émailléee et coloriées dont la surface brillante ajoutait elle-même à l'éclat de l'ensemble.

En somme, la décoration polychrome des Arabes, faite de couleurs éclatantes, manquait de la douceur propre aux nuances délicates ordinairement en usage en < accident depuis la Renaissance : mais elle était néanmoins belle et harmonieuse, pleine de magnificence et de splendeur. Celle de l'Alhambra entre autres est sans contredit une des décorations architecturales les plus remarquables, et qui dépasse de beaucoup tout ce qui axait été fait jusqu'alors.

108 bis. La céramique. Les Arabes n'ont pas eu de statuaire, puisque cet art leur était interdit ; ni de meubles, car les orientaux n'en faisaient | usage ; mais la céramique fut en honneur. La poterie mauresque i faite de faïence recouverte d'émail. Les formes des vases dérivent ordinairement du cylindre et du cône : et les ornement- sont des entrelacs et des arabesques.

NOIi: SUR L'ART RUSSE

108 ter. La Russie a emprunté, elle aussi, son art à Byzance. De1 là lui vient l'usage de la coupole, qui prend, chez elle, la forme d'une bulbe. Le Kremlin de Moscou, avec ses fortifications, ses palais et ses églises, est la principale œuvre de l'art national russe. "Au-dessus de la muraille à créneaux échancrés, entre les tours à toits ouvragés, semblent monter et d( cendre, comme des bulles d'or étincelantes, des millier- de coupoles, de clocheton- bulbeux aux reflets métalliques, aux brusques rehauts de lumière. La muraille, blanche comme une corbeille d'argent, enserre ce bouquet de Heurs dorées et donne la sensation d'une ville féerique telle qu'en produit l'imagination des conteurs." Th. Gauthier.

L'art russe moderne perd de son originalité nationale4 pour imiter les styles européens.

CIIAIMIKI \

l 'ART GOTHIOI loi 0GIVA1 XUIe-XVe SlfcCLI I "\i<< 1 1 M i ( M Kl

109. Notions historiques. L'art ogival est l<- dévelopi* complet, le couronnement logique <!<■ l'art roman. C'est 1 ible

qui a élevé les cathédrales gothiques, ces chefs-d'œuvre d'archite qu'on trouve partout en Europe, surtout en Frai en Angl< Enfin

c'est l'an ôhrétien parvenu à -<>u apogée, sous l'inspiration religi< siècles du moyen âge, où la toi brilla d'un si vit' éclat.

Le nom de gothiqui a été donné à yle par les peuples de l'ItaJ

qui, à cette époque encore, assimilaient les autres peuple- de l'Eui aux Goths et aux barbare-. Le gothique est aussi appelé que

l'ogive est un élément essentiel de ce système <!<• construction.

C'est -ou- l'influence des corporations ouvrière- et des communes que s'accentua, à cette époque, l'élan donné à l'architecture par l<

À l'exemple des religieux, les corps de métier- s'organisèrent, le nom de confréries, pour réaliser des œuvres plus considérai l< s des

de l'époque précédente. Les membres s'en. 'eut à s'aider mutuellement. Ils conservaient les procédés de leur art et le- transmettaient aux ouvriers qu'ils s'agrégeaient.

D'un autre côté, "les communes s'affranchissaient et employaient \ lontiers toutes leurs ressources à construire des monument- qui devenaient un signe de leur richesse et de leur indépendance. Le beffroi et l'hôtel de ville étaient, par leur caractère, les édifices de la commune : mais la cathédrale.

158 HISTOIRE DE i.*\i;i ORNEMENTAL

par su grandeur <i sa magnificence, attestait mieux encore l'abondance des moyens que Bavaient se créer les population- en dehors de l'influence «laie. . .

. . ( était, du reste, dans ces édifices que le peuple tenait s< - grandes assemblées .La cathédrale était «loue le monument de la cité...e1 la population s'empressait de concourir à son édification par tous les moyens en son pouvoir." Abbé P. ( rAB< >ki i .

110. L'architecture. L'architecture ogivale paraît avoir pris naissance au nord de la France, vers le milieu du Xlle siècle, pour se répandre de là dans toute l'Europe occidentale. Après avoir traversé l'époque des transitions dont nous avons parlé plus haut (no loi >. elle continua à se développer au moyen de doux nouveaux procédés de construction : la voûte supportée par des nervures, et sa poussée neutralisée par des arcs-boutants. ( omme ces deux procédés sont en même temps deux caractères principe de l'architecture, nous verrons plus loin, bous ce titre, en quoi il- consistaient et comment ils ont si efficacement contribué au développement de l'architec-

t UT

L'art ogival embrasse trois Biècles auxquels correspondent à peu près les trois phases de l'architecture. En France, ces phases Bont :

1° Le style ogival primain (XlIIe siècle) appelé aussi styU à lano de la Forme élancée des fenêtres. C'est la meilleure époque du gothique et de tout l'art médiéval, celle où les formes sont le mieux raisonnées (fig.XV .

2° Le style ogival secondaire (XlVe siècle) appelé aussi styU fleuri ou rayonnant ; fleuri parce que les ornements y furent prodigués dans toute- les partie- de la construction ; et rayonnant, à cause de la forme des roses ainsi que des trèfles et dr> quatre-feuilles qui ornent la partie supérieure des fenêt res.

3 Le gothique tertiain XVe siècle . nommé aussi flamboyant parce que, dan- les fenêtre- et dan- toute l'ornementât ion. on y employa beaucoup de courbes ondulées en tonne de flammes.

Les divisions du gothique anglais correspondent à celle- du français, sauf la t roisième, qui est d'un caractère plus national. ( 'es divisions sont : le gothique anglais primain Early English), le ou orné Decorated , et le tertiain ou Perpendiculaire) dan- lequel les lignes de- panneaux déco-

ratif el l< meneaux d< f< i i lieu i

montent tout droit.

\ part cet te différence, l< m. -m. dai toute l'Europ identale ( ut la m< ihi-

tecture poétique, olennelle, parlant è l'imagination p luisant les plus prévenus par l'inspiration d( m(

I «- principales cathédrales gothiqw l1 : ei ti- \ I \ . Reims, Beauvais, Amiens, ( !hart !

l'abbaye de Westminster, les cat hédrales de Peterborough, d'York, de Lincoln et «I»1 ( îantorbery ; en Allemagne, celles de ( k>l< isboui en Belgique, les cathédrales de Bruxelles et <r.\n en Italie, celles de Sienne, d'Orvieto et de Milan*; en Espagne, celles de Burg 4 Tolède.

II faudrait citer encore un grand nombre d'autres édifices remarquable comme la Sainte-Chapelle de Paris, les hôtels de ville de Louvain, de Bruxelles et de Bruges, et un grand nombre de châteaux, dont la plu) ont fortifie

111. Caractères généraux de l'architecture, 1 / vun La voûte d'arête ogivale offrait déjà beaucoup moins d< que la voûte cintrée ; mais L'on trouva moyen d'en diminuer encore le poids et la poussée par l'usage des nervures. I ta appelle nervures des bandes ou cordons qui suivent les arêtes des voûtes et qui forment une sorte de ch pente dont les intervalles sont remplis par une maçonnerie plus légère. I >•■ cette manière les murs latéraux eux-mêmes ont été déchargés et ont pu i percés de larges Fem Cependant la poussée existait encore : alors on

eut recours aux arcs-boutants.

2° Les contreforts à arc-boutant. -C'étaient des contreforts devenus plus grands et portant des demi-arcs en pierre qui venaient buter les murs latéraux à la hauteur dos voûtes (fig. XV). Comme on le voit, remplissaient la fonction1 d'étais en] ft neutralisant la poussée intérieure. On fut souvent obligé de doubler l'arc-boutant pour atteindre à des voûtes très hautes et étayerdeux fois le mur qui les soutenait.' I. >nd

1 Montants de pierre qui divisent les fenêtn

2 Cette dernière n'est pas d'un gothique pur. Elle n'en est pas moins une merveille d'architecture et de sculpture.

HiM

HISTOIRE M I. \i; l OKNKMKNTAL

arc portait alors le conduit des eaux pluviales du toit. Le contrefort était ordinairement couronné d'un pinacl

3 Uélévation de s nefs et la hardiessi et touU lu construction. A l'aide des

procédés dont on vient de parler les

ri * lises gothiques atteignent une lé.

reté et une élévation que l'archit* cture n'avait pas encore connues.

Les murs latéraux se divisent ordinairement en trois étages les grandes

arcades de la nef, Cell S du tiiiorium OU

deuxième étage, et les fenêtres supérieures formant le clair-étage. Le plus souvent la façade comprend aussi trois grands étages. Les façades de Notre- Dame de Paris et de Notre-Dame de Reims se composent comme suit : au premier, se trouve la triple percée des portails avec leurs arcs élancés et leur décoration ; au deuxième, une rose et deux grandes baies; et au troisième, une admirable rangée de niches avec leurs statues, ou une intéressante galerie de colonnettes (fig. XI V et XV).

4° La prédominant des vides sur les pleins. — En même temps que la construction s'élève, les ouvertures, c'est-à-dire les portails, les roses et les fenêtres, s'agrandissent. Les portails, qui sont profonds et largement ébrasés, tonnent (\^> sortes de grandes niches dont les côtés et les arcs sont ornés de statues, de colonnettes et de toutes sorte- de sculptures. Les

ont aussi plus développées et plus riches qu'auparavant. Les fenêtres

finissent par remplir tout l'intervalle qui sépare les contreforts et leurs arcs-boutants. Elles sont ordinairement subdivisées en trois ou en quatre jours par les meneaux qui s'eut r< croisent dans la partie supérieure, pour

X IV Notre-Dame de Paris.

1 Petit clocher en forme de pyramide a base polygonale, et susceptible de recevoir divers ornemenl

lui II H ! I

i vni uivanl l'époi |iie voii no 110

Lo continu* ll< f< ndan pn) i <

teur. I )ii, toute l( pai i icfi de l'édific< fronto arcad< etc . les archit aloir la haut

lu ligne \ ci i ical< ur lu ligne horizontale ( nelle den parties architeetoniques donne à l'édifice une pi culière, qui exprime d'une manier i i ellente l'élan de la i

6 /- ' substitution <i< I ■ au />/> ni < i iitn /mur /■

voûtes. L'ogive avait déjà été employée, comme on l'a vu, dan turc arabe. - architectes romans en avaient aussi fait u à l'époque gothique, l'ogive est systématiquement appliqué* aux voûtes, aux fenêtres, aux portail-, et à toutes les parties de i tion où l'on faisait usage auparavant «lu plein cintn

7 La multiplicité et h grêh des colomu L'église, devenue haute légère, n'a plus besoin de gros supports; les colonnes peuvent monte!-, grandir, s'allonger, sans croître en épaisseur. Mais la nécessité de diminuer la poussée des voûtes amena celle de rapprocher les points d'appui. Cela augmente l'effet de perspective. Chaque nef produit l'illusion «l'une long avenue dont l'extrémité paraît reculer.

112. Caractères particuliers. 1° Les cœoi sont n ceaux, ou pour parler plus exactement, les pilier- sont composés de colonnettes encastrées les unes dan- les autre.-, lesquelles montent en une ligne non interrompue depuis la base jusqu'au chapiteau. Les pleii les vides que présentent ces piliers dissimulent leur diamètre et les font paraître plus allongés qu'ils ne sont. Par suite, la voûte paraît à une plus grande hauteur et toute la construction gagne en légèreté.

2° Les chapiteaux sont revêtus d'uni on laU fig. W . —

C'est une riche végétation qui sort du pilier et s'épanouit sous les arcs de la voûte pour les recevoir et les soutenir. La corbeille du chapiteau g sa forme ronde, comme chez les Grecs, et s'élargit à sa partie supérieu Le tailloir est carré ou octogonal : et comme les angles reçoivent les n vures de la voûte, des crochets, ou feuilles en forme de crochet-, -avancent pour les soutenir. On voit aussi des tailloirs ronds, surtout dans le gothique

Hi>

HISTOIRE DE I. Al; I ORNEMENTAL

XV Coupe d'église gothique, colonne gothiqui fenêtre ogivale de chaque époque.

ftnglftîft Quelques chapiteaux du X 1 1 le siècle aonl ornés d'oiseaux ou de personnages historié*

;; L\ ntabU nu ni < si supprimé. I tans l'architecture romane L'entablement Be réduisait à quelques moulun ici, il disparait complètement .

4° Les moulu us sont d'un profil hardi > f pronon comme dans le roman : mais elles sont plus légères, plus étudiées et plus variées fig.

XV, colonrn

5 On fait usagi dt balustrades qui consistent en arcatures fermées ou ouvertes, ou bien de découpures qui prennent la forme de trèfles ou de quatre-feuilles. C'est particulièrement au bas des grands combles qu'on les met, pour y former le bord des canaux.

112 a. Architecture militaire et civile. — L'architecture privée et l'architecture militaire suivirent les progrès de l'architecture religieuse. Les maisons particulières ont leurs ouvertures ogivales, leur toit à pignon. De très belles statues décoraient parfois leur façade principale. Les nombreux châteaux construits à cette époque ont tous un caractère de grande sévérité, marqué par les moyens de défense: fossés, ponts-levis, bastions, donjon-, etc.

113. Comparaison entre l'architecture grecque et l'architecture gothique. Un parallèle (Mitre ces deux grandes époques de l'histoire de l'art, eut î-e ces deux manières différentes de construire, sera utile pour mieux faire apprécier les mérites de chacune. Il n'est pas nécessaire de comparer longtemps ces deux mes pour s'apercevoir qu'ils sont diamétralement

opposés. I >ans l'architecture grecque, la ligne horizontale domine ; dans l'architecture gothique, c'est la ligne verticale qui prévaut. Une mesure unique, le module, règle toute- les parties du temple grec, tandis qu'une complèteli-

il \1MHI

bel ne dan la cor I ruction gothiqut ijouton que l< qui

pré id rcnl aux développement d< ai clli

di\ (i . [V)utc< que produi lait l'art ancien fut pour le plu

tion el la séduot ion de i n Au moyen âge, la relij cul

8ouoi de l'art. Elle en est le principe inspirateur et le mobile \ u

grec n'élève pa me au d< u d< cho

l:i porte vei ciel. S doute "cette architecture hardie n'a ni la olid

parfaite, ni lea proportion et di» de l'art elle mai un

peu de cette unité concentrée qui se laisse embi d'un cou]

( 'u. I,i':\ bsqi i Maie elle a cependant • qualités

Mous avons étudié en leur lieu les mérites de l'art maitt-

tenant, avec M. l'abbé P. Gaborit . m qui noua empruntons & nient, quels sont ceux de l'art gothique.

'U faut reconnaître tout d'abord que les agencements de la tion gothique attestent une science merveilleuse de la part d< appelait les maîtres de l'œuvre. La - combinaisons qui assurait ni la soli du monument grec étaient t rès -impie- comparées à tous les calculs étoi qui maintiennent par des principe- d'équilibre les partie- de l ogivale.

"De pins, tout est combiné avec la logique la plus rigoureu les membres de la construction sont mesurés et disposés pour les fonctions qu'ils ont à remplir, aussi bien que dans les temple- grecs.

"Et les architectes du moyen âge ont le mérite de l'invention beaucoup pins que ceux de la Grèce. Les Grecs, avec un goût parfait sans do avaient perfectionné les éléments qui leur avaient été transmis : au

moyen âge tout fut créé, le système de construction avec sa décoration.

"L'assujettissemenl de toutes les parties de l'édifice grée à une mesure déterminée, faisait que tout grandissait dans la même proportion. La porte dan- certains temples avait en hauteur dix fois celle d'un homme. Les degrés par lesquels on arrivait au monument étaient souvent impraticables : et il devenait nécessaire de faire en certains endroit- des - 'divisions qui rendaient le temple accessible.

"Dans l'architecture du moyen âge tout fut réglé d'après la stature humaine. Même dans les plus vastes monuments, comme la cathédrale

1 Manuel d'archéologie, 2e édition, Bloud et Cie, éditeurs, Paris.

HISTOIHl DE I Un OKNKMKNTAL

d'Amiens, tout ce qui est à l'usage de l'homme reste a Ba taill L< - pori de [a façade ont des proportions raisonnables, el les emmarchements sont ordinaires. Il résulte de cette combinaison que l'œil, retrouvant dans toutes lee parties <!<• l'édifice les dimensions qu'il connaît, apprécie facilement la grandeur de cet édifice ; il en reçoit beaucoup plu- promptemenl une impression vraie.

"Il résulte aussi de la combinaison gothique une grande richesse; L piles extérieures, les arcs-boutants, les balustrades, les clochetons ai leurs statues, les corniches avec leur feuillage, tout cet ensemble donne à l'édifice des silhouettes plus découpées, plus vraies, et Une physionomie plus animée que le temple grec.

"Enfin te nouveau système architectural avait l'immense avantage d'offrir dans ses fenêtres, un vaste champ aux verrières coloriées : et genre de décoration convient Admirablement aux édifices religieux.

"De tout cela on conclura facilement que l'art ne -aurait créer des temples qui soient mieux en harmonie avec les dogmes de la religion catholique, avec les pensée- et les sentiments dont elle entretient le cœur de l'homme."

CIIAIM I RE \ I

L'ART GOTHIOU1 SUIT] L'ORNEMENTATION LA DÉCADENCI

111. L'ornementation. Dès le XlIIe siècle, l'influence byzantine disparaît promptement de l'ornementation, qui prend un aspect propre et des caratères particulier-.

Caractères. 1° EUa est tantôt réelk, tantôt conventionnelle. Au XlIIe siècle, elle esl le plus souvent conventionnelle : mais ensuite elle devient plus en plus naturelle, jusqu'à la décadence. ( !e réalisme lui-même était le signe évident d'un déclin. "L'ornementation garda sa perfection, 4i1 Or Jones, tant que le style rota conventionnel : mais à mesure qu'il devint moins idéalisé et d'une imitation plus fidèle, les beautés propre- de ornementation s'effacèrent et elle cessa d'être monumentale pour devenir appliquée."

2e Elle est élégante, délicat* et raisonnée. —Le même auteur parle ainsi de ces qualités : "Il y a autant d'ëlégance et de raffinement dans la modulation des formés gothiques que dan- l'ornementation des Grecs. Ces formes sont toujours en harmonie parfait!1 avec les éléments, les caractères de la construction, et paraissent toujours en suivre d'une manière naturelle le développement."

3° Elle est d'origine végétale. — Les artistes n'empruntent plus leurs motifs qu'à la nature, à la flore indigène : les plantes courent en guirlande le long des corniches et autour des chapiteaux : elles ornent les rampants et les sommets des frontons, les arêtes et les pointes des clochetons: ellese glissent jusque sur les nervures des cintres et des voûtes, comme le ferait

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le lierre des bois. C'est surtout dans les chapiteaux que les artistes ont prodigué les éléments naturels. In botaniste archéologue ;i dressé la Bore des chapiteaux du XlIIe siècle, el y a reconnu une trentaine de plantes différent La surface entière en est souvent couverte, h une partie du Feuillage dépasse même parfois le niveau «lu tailloir pour faire saillie à 1 ■ teneur.

l EU* est d'un relief prononcé, particulièrement dans le- sculptures qui doivent être vues à distance, comme celle- qui ornent le- corniches et les chapiteaux. Elle est traitée alors avec ampleur et simplicité. Peu de détails, niai- dés tonne- accentuées el des saillies profondément ciselé On dirait, en certains cas, que l'ornementation pourrait facilement se détacher «lu tond qu'elle décore.

115. Éléments. -1° Îa trèjle} l> quatre-feuiïU et h <itn'nt</< uilh i\^. 71, 72), qui axaient déjà été en usage dans le style roman, et qui continuèrent de l'être dans le gothique, principalement dans les balustrades, les tympans dc^s arc- et certaine- fris

2 L- bouton de fleur (fig. 93) de forme sphérique et légèrement entr\ Il se place dans les cavets ou les gorges, à égales distanc

3 La dent-de-chien (fig. 94) ou fleur à quatre pétales, avec rebords -aillants parfois jusqu'à l'ext renie, d'où son nom de dent.

4° Le* zigzags ou bâtons rompus (fig. 74) et le.- dents <l< scie, rest de l'art roman, qui persistèrent au début du XlIIe siècle, mais disparurent « osuite.

5° Le bouquet1, un des ornements les plus caractéristiques de l'époque,

11 est composé de feuillages groupés de différentes manières, souvent en

'i me de croix .-impie ou de croix double. Il se place au sommet (\c> frontons,

des pinacles et des clochetons. Les formes variées qu'il revêt -ont presque

toujours élégantes (fig. 95).

0° L< crochet (fig. 96), autre ornement très caractéristique du gothique. Il est ordinairement formé d'une feuille dont l'extrémité se recourbe ou s'enroule. Les crochets du XlIIe siècle ont souvent la forme d'une crosse. Au XIYe, ils se redressent un peu et sont plus variés et plus touffus. Au XVe, ils deviennent plus riches et plus exubérants.

1 Le bouquet est quelquefois appelé fleuron, tenue générique qui s'emploie pour tous les ornement- mblant à une fleur.

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Eléments de L'ornementation gothique.

r Lis lobes et les redents (fig. (.)7). Les Lobes sonl des compartim< vides laissés par des portions de courbes convexes ou conc >urbes

en se rencontranl forment des partie- saillantes qui sonl appelées les red* i Les lobes et les redents se voient dans la partie supérieure des fenêtres, où les meneaux suivent des courbes multiples, dan- les roses, les dais . les panneaux décoratifs et les balustrade

8° La fleur de lis (fig. 98), forme conventionnelle ou héraldique de la fleur de lis naturelle. À l'époque gothique, en France, elle fut b >up

employée dans la peinture murale, le blason, la céramique et la confection des tissus, comme emblème de la dignité et de la souveraineté.

1 Motifs d'architecture placés au-dessus des statues ad un mur, et surmontés d'arcatures

à jour, de pinacles, de clochetons (fis;. 100 a).

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g La fleur Tvdo 99 sorte de fleuron à contour tourmenté dont

[es parties s'alignent cependant suivant la forme d'un losi I une

modification de la fleur de lis. ( i fleuron fut beaucoup en ua u Angleterre sous la dynastie des Tudoi [1 était employé alternativement avec un trèfle formé de trois petites fleurs à corolle circulaire, et couronnait les niche-, les faites des toits, etc.

10 Les gargouilles en forma d'animaux fantastique* fig. 100). Les gargouilles 3ont des conduits placés à la base des toitures, dan- 1»-- édifie gothiques, pour rejeter les eaux pluviales loin des murailL Elles représentent le plussouvent des animaux, des êtres fantastiques, dont la gueule crache les eaux qui descendent du toit. "Les gargouilles axaient aussi leur importance au point de vue de l'art ; elles faisaient valoir, par leur saillie horizontale dans le vide, les grandes lignes verticales du monument.'1 J. Ajdeline.

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toutes sortes (L plantes, chaque artiste .-'inspirant de la flore de son pays : de là cette intéressante variété qui règne dans l'ornementation de- édifices gothiques. Les fouillele- plus fréquemment employées sont celles de vigne ii.u'. 101 ■. de trèfle &g. 102 . d'érable (fig. 103b et d . de chêne fig. lt) l . de lierre, de rosier, de renoncule, d'arum, de mauve, de liseron, de géranium, de potentille. etc. La feuille d'érable est ordinairement idéalisée 1» : les autre- -ont tantôt réelles, tantôt conventionnelles.

12e Les feuill fantaisisU imaginaires, employé- en bordures

(fig. 105 . en rosaces fig. 106 . dan- les chapiteaux, les corniche-, etc.

À ces éléments, qui ornaient particulièrement les édifice- religieux, il faut ajouter ceux que l'on trouve dan.- les constructions civiles et militaires.

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