CHAPITRE V
RÈGLES DE 1 INVENTION DANS LA COMPOSITION ORN1 Ml M \l I tutti
12. Règles relatives à l'ornement. La composition ornementait i l'application judicieuse de l'ornement aux différentes parties d'une coi miction, d'un objet, sont assujettie- à certaines règles de convenance, de proportion, d'harmonie, etc., dont il ne faut point s'écarter. ( es règ sont les procédés des grands artistes érigés en principe Toutefois, elles n'ont qu'un caractère assez général. Elles servent à guider l'artiste, mais ne doivent jamais lui devenir une entrave, ni enlever à son imagination la liberté de se mouvoir dans des compositions d'une variété infinie. ( règles sont résumées ici dans les dix articles suivants :
1° Dépendance de la forme ornementale. — U ornement est subordonné aux exigences de la matière mise en œuvre et aux procédés d'exécution t ployés. La matière dont l'objet est confectionné a nécessairement une grande influence sur l'ornementation ; car on comprend facilement qu'un ornement sculpté en bois, en pierre, en marbre, par exemple, ne pourrait être ni aussi fin, ni aussi délié que s'il était exécuté en or ou en argent. La légèreté et l'élégance qu'on peut obtenir avec le fer forgé fera contraste avec la lourdeur inévitable de la fonte Un ornement tissé demandera à être interprété autrement qu'un ornement peint ou imprimé. Ainsi, la forme ornementale doit être entendue suivant la matière employée et suivant le procédé d'exécution qui s'impose (fig. 1 a, page 11, la feuille de laurier adaptée à différents métiers).
2° Convenance de l'ornement. — L ornement doit convenir à la nature, à Yusage et à la forme de l'objet décoré. Par exemple, un ornement très
34 principes Di l'art ornemental
recherché n'irait pas bien. sur le cadre (rime peinture ou «l'une sculpture représentant une scène champél re I rès simple. L'ornement De serait pas assez en rapport avec la natureei la simplicité du sujet. Ce serait pécher plue gravement encore contre la convenance que d'employer la figure humaine pour orner l'encadrement d'une scène d'animaux.
De même un ornement -aillant siérait mal BUT le dos d'un fauteuil, car
il viendrait en contradiction avec V usage de ce meuble.
Enfin la partie principale d'une décoration serait mal placée à l'endroit le moins en vue ou le moins important d'un objet : elle serait en contradiction avec la/orra* de l'objet décoré, et détruirait en outre l'impression d'unité qui doit ressortir de toute œuvre d'art.
Ajoutons ici qu'il faut prendre également en considération la distance d'où l'objet doit être vu. Un ornement qui est destiné à être placé à une grande distance ou à un endroit très élevé, demande que ses lignes et ses formes principales soient plus prononcées, mais exige moins de détails que celui qui doit être vu de près.
3° Procédé de formation des courbes. — Dans les omenu nts d'ordre supérieur les courbes se ramènent le moins possible à un tracé géométrique. — Cette règle ne s'applique pas évidemment aux ornements de forme purement géométrique, mais aux compositions d'un ordre supérieur, où l'on recherche plus particulièrement l'élégance et la souplesse de la forme.
Les courbes les plus agréables sont ordinairement celles dont on reconnaît le plus difficilement le procédé de formation. Les recherches qui ont été faites sur les monuments anciens ont démontré que, dans les meilleures périodes de l'art, les courbes des moulures et des ornements étaient généralement d'un ordre très élevé, tandis qu'aux époques de décadence, les cercles et les dessins au compas étaient plus fréquemment employés.
4° Proportion et subordination des parties. — Les parties secondam s sont soumises aux parties principales. — Cette loi de proportion veut encore ici qu'un juste rapport de grandeur règne entre toutes les parties de l'œuvre. Dans une composition ornementale, il y a nécessairement une partie qui doit dominer, un motif principal auquel viennent se rattacher les autres comme des accessoires.
"Si la composition offre des reliefs, c'est par un contraste, soit de saillie vigoureuse, soit d'aplatissi tmnt marqué que le sujet principal devra se dé-
L'ORNEMKNI ii LA. COMPOSITION i >KNKMKN i \i
tacher des autres motift Dana tout le ca on doit rendre u. ri mettre en évidence le ujet qui, par sa ituation relativi et on entoura mble jouer un rôle important." Il Mayei \
Il semble puéril de faire remarquer qu'aucune partie ne doit être plui 088e que celle dont elle dépend : que le pétiole d'une Feuille, p tnple,
dans une composition florale, ne peul ôtre plusgro que la branche d'où il >rt, ni celle-ci, que la tige qui la soutien!.
Les divers rapports des parties entre elles, le degré de dépendance dea unes envers les autres constituent cet admirable effel d'équilibre qui doit
pénétrer toute bonne composition.
5 Lois de croissance. Dans les motifs floraux > la loti <l< crot fli doivent être observées, au moins dans ce qu'elles ont de plus essentiel. Ainsi: Les tiges, les branches, les pétioles croissent dans le sera de la hauteur, ou du moins dans le sens opposé à la racine, à moins <iu'' la pesanteur OU une autre cause majeure ne les fasse dévier ; alors les tiges peuvent décrire des courbes variées, mais sans changer pour cela la direction de leur point de départ.
(b) Dans les feuilles composées (pennées ou digitées . la foliole du milieu est plus grande, et les autres vont en diminuant de chaque « Sg. L7d).
Sans être basée sur une loi décroissance, une autre règle, provenant de l'habitude, s'impose pour les rinceaux et toutes les compositions formées de tiges qui se développent dans le sens horizontal. Cette règle veut que les tiges paraissent croître de gauche à droite, dans le sens de récriture. C'est du reste la direction qui paraît la plus naturelle. Mais quand il y a un sujet central, les tiges doivent partir de ce sujet pour se développer de chaque côté.
6° Tangence des tiges. — Dans les motifs idéalisés, les tiges dérivent tangeniieUement les unes des autres ; c'est-à-dire que les courbes se raccordent sans faire d'angle au point de raccordement (fig. 10, 16): autrement les tiges paraîtraient à demi détachées de leur support et l'unité serait rompue. Elles se distribuent ensuite, en ondulations graduées, dans toute la composition, de manière à ne laisser aucun vide trop apparent, ni aucune excroissance disgracieuse.
Dans un rinceau ou une bordure formée d'une courbe qui se répète indéfiniment, il est à propos que la tige principale ne se continue pas sur
\< [PES DE I. \i; I 0RNEMEN1 AI.
une trop grande longueur, Bans être cachée en quelque endroit par- une feuille, une fleur ou un fruit , de manière à rompre la monotonie de la courbe.
Adaptation de la forme ornementale.
7° Adaptation de la forme ornementale. — Toutes les parties de V ornement se soumettent sans effort au contour de la surface ou à la forme de V objet décoré. Les tiges, les feuilles, les fleurs, les formes animales elles-mêmes doivent être disposées de manière à s'adapter comme naturellement aux exigences des surfaces qu'elles décorent, et paraître en suivre le contour sans aucun effort. Quelques figures illustreront suffisamment cette règle (fig. 1 b, 1 c, 1 d, 18 e, 18 g, 19 d, 19 e, 19 f, 19 g).
8° Variété des éléments. — Dans foute composition d'une certaine étendue, il doit y avoir suffisamment de variété par u?ie juste alliance d'éléments divers. L'œil est un organe exigeant, qui se fatigue vite de la monotonie et réclame
Les figures 19 d, 19 e, et 19 g sont tirées de Le Modèle. //. Laurens, éditeur, Paris.
l'oKNKMKN'I il LA COMI'OHI'I |(>N
mer uincnl l'excitation de contraste modén Ji donc une com]
Bit ion pré ente une ion de lignes droite ou de figun
il sera bon d'en rompre l'uniformité par l'introduction en certain de quelques formes cun ilig m
"Si au contraire, le décor comportail une suite de lig ourbes, parallèles et concentriques . l'élément rectiligne, intervenant à proj> pourrait produire un excellent effet". Il Maybi \
Cette variété est particulièrement née re à l'harmonie des I. dans un ensemble basé sur une construction géométrique. Il faut alors q par un mélange convenable de ces deux éléments les lignes droites, perpendiculaires et obliques, et les lignes courbes la tendance de l'œil à courir dans une direction Boit neutralisée par des lignes de sens différent, et I au
spectateur ce sentiment de plaisir el dé repos que doit produire la contemplation de toute œuvre d'art. Par exemple, dans les trois parties de la figure H) h. page '">o. l'œil éprouve plus de sat isfacl ion à mesure qu'un élément nouveau est introduit.
Ainsi, pour être intéressante et harmonieuse, une décoration demande la variété. C'est pourquoi, dans ime composition architecturale, par exemple, la figure humaine, la faune et la Bore .-'allieront toujours heureusement aux lignes droites, aux lignes d'encadrement de l'édifice, et les rinceaux fleuris se mêleront harmonieusement aux bordure- géométrique Les contours souples et tlexibles des éléments courbes opposés aux montant- et traverses rectilignes de la construction, produiront cet excellent contrat que l'on peut admirer dans les meilleures compositions.
9° Unité de l'ensemble. — Les formes se rattachent autant que possibL à une même unité, ou l'ensemble est lui-même un multiple de quelqi* ph
unité. Dans un ornement ou dans une composition de forme végétale, par exemple, il y aura une tige mère à laquelle viendront se joindre toutes les parties de l'ornement, quelque éloignées qu'elles soient du centre ou de l'axe de la composition, de manière à former un tout complet, depuis les branches jusqu'à la racine (fig. 18 d, 18 f, 19 i, pages 29 et 30).
Il faut aussi, autant que cela se peut, que chaque détail ait sa raison d'être, de manière qu'il ne puisse être retranché sans nuire à l'effet d'ensemble.
Si dans un ornement on emploie des feuilles, des fleurs et des fruits, ou deux de ces éléments, ils devront appartenir tà la même plante, surtout si ces éléments sont peu idéalisés.
PRIN( IPES DE I. MM ORNEMEN l Al.
Quand le décor es1 composé d'éléments épars, ces éléments pourront être dea reproductions de quelque -impie unité, comme cela se voit dans les dessins formés par répétition, alternance, rayonnement, distribution en réseau ou en semis.
#"vN
oX>