CHAPITRE IV
Kl Gl ES Di l l\\ l NTION DANS LA COMPOSITION ORNEMENTAI I
9. Règles relatives à la forme à orner. C'est une sorte d'axiome en décoration que ['ornement ru rachèti pas les défauts ch la forme. C'est assez dire que le dessinateur doit se préoccuper tout d'abord de l'objet à décorer, pour qu'il soit impeccable sous ce rapport. ( l'est pourquoi, avant de parler des règles relatives à la composition et à l'ornement proprement dit , nous parlerons de la forme à orner.
Nous avons établi que la forme doit être belle indépendamment du décor appliqué. Mais quelles conditions doit remplir cette forme pour être belle ? C'est ce que nous allons voir ; et pour faire cette étude, nous diviserons les tonnes à orner en deux classes : les formes à trois dimensions (longueur, largeur et épaisseur ou profondeur) et les forme- à deux dimensions (hauteur et largeur, ou longueur et largeur .
10. Formes à trois dimensions. — Proportion. -Pour toute forme, la première règle qui s'impose, c'est celle de la proportion. Nous avons déjà défini cette qualité lejusU rapport <1< grandeur qui doit régner entre le tout et ses parti I l'on peut ajouter : entre ces parties elles-mêmes. Pour les formes à trois dimensions, la loi de proportion demande qu'il y ait une partie franchement dominante en volume. De cette manière, l'œil n'a pas à chercher l'élément auquel il doit accorder le plus d'intérêt ; mais il se porte naturellement sur celui qui domine, et l'impression est simple et claire.
La partie dominante est déterminée par la fonction ou la destination de l'objet décoré. Par exemple, dans un vase, l'élément principal en volume
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Exemples de plusieurs ornements formés du même élément, •
Utilité— L'usage de l'objet doit de même influer sur la forme de objet et sur chacune de ses parties : car l'idée ou l'expression d'utilité, loin de nuire à la beauté de la forme, se concilient parfaitement avec elle. I ta peut même dire que cette conciliation est le plus souvent une condition
d'esthétique. Ainsi un pot à fleur n'aura pas la même forme qu'un pot à eau ; et, dans un vase quelconque, le pied doit sembler dire : "Je porte " le corps : " Je contiens " ; l'anse : " J'aide à saisir " : le bec : " Je déverse." Stabilité. — Une autre loi importante, mais relative seulement aux objets non symétriques, c'est celle de la stabilité. Cette loi demande que les mas» a
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soienl également réparties de chaque côté de la base ou du point de suspension, de manière à assurer à l'objet ou au motif cet aspect d'aplomb qui exprime le repos. Ainsi lea tonne- irrégulières, lea trophées, les vases non symétri-
La forme ornée et l'ornement.
ques, comme la lampe antique, exigent une recherche minutieuse de l'équilibre, pour que l'œil reste tout à fait rassuré (fig. 19 b).
11. Formes à deux dimensions.— Proportion.— Iei encore la loi de proportion s'impose la première. Elle est une condition indispensable de l'harmonie du dessin.
l'oUNKMKNT KT LA COMPOHITI( 31
Pour une surface, lec proportion I< j » I m bc*ll< mit r#ll<> que l'oi. le plua de difficulté à décou> rii \m i, une figure dont la hauteur ei la I geur Beraienl dam le rapport de I .;i s formerait un carré double facil reconnaître. Cette proportion erait moine belle que le rapport pi btil de f) à s ; de même, l;i proportion de •> ô ,-> serait moine belle qu que •» à 8, etc.
1 )'un ;iui iv côté, il faut qu'une figure cai c'est-à-dire qu'elle ; bien égau angles bien droit
qu'un rectangle ait au contraire ses deux dimensions bien différent i qu'un cercle ne puisse pas être confondu avec un ovale ; etc.
Pour formuler cette règle, disons que L'espace a décorer, B'il u'est ni rond ni carré, doit avoir des proportions franchement accusées,
faciles à découvrir.
Subdivision. Une surface qui offre une trop grande étendue doit i
divisée ; mais il y a bien «le- manières de faire cette division : die peut être faite (ai hauteur par des lignes horizontales, en largeur par des ligi verticales, obliquement par des lignes inclinées à droite ou à gauche, d'une
manière concentrique par (h^s cercles ou de- are- de cercle décrits d'un même centre, d'une manière rayonnante par de- droite- partant d'un même point , ou enfin par des lignes mixtes ou de- courbes quelconques. < ordinairement la forme de l'objet ou de la surface à décorer détermine elle-même le procédé de division à adopter. Ainsi une surface circulaire ne pourra être partagée que par des courbes concentriques, ou bien par de- droites ou des courbes rayonnant du centre ; tandis que les sections d'un panneau rectangulaire seront faites par des lignes verticales ou des lignes horizontal* -. ou encore par les deux à la fois.
De même, quand les surfaces à décorer sont tournées et possèdent i parties convexes et des parties concaves, comme des balustres, de- vas le sens des divisions se trouve tout déterminé : ce sera celui des coupes horizontales eireulairesou celui des coupes de profil (fig. 18 met 19 a. page 30).
Quant aux rapports de grandeur à conserver aux différentes seetioi ils peuvent être facultatifs, quand il s'agit de formes régulières : mais quand la forme prend un profil qui s'élargit ou se rétrécit, ainsi que dans les exemples que nous venons de mentionner, les divisions doivent être inégales en hauteur, et Tune d'elles doit être choisie comme dominante (fig. 18 n
PRINCIPES l'i. I. \i; l ORNEMENTAL
-i ainsi que nous sommes ramenée à la loi de proportion. Il faut en dire autant des surf aces ayant des hauteurs qui varient ; les divisions en largeur devront être inégales, el correspondre autant que possible aux variations en hauteur de la forme l fig. l(.< c
Ajoutons que La manière de subdiviser une sui face peut aider à corriger un défaut de proportion, car, dans une composition ornementale, la prédominance d'une direction quelconque produit une augmentation dans le même sens. On peut utiliser cotte illusion d'optique pour augmenter la longueur ou la largeur apparente de la surface décorée, ou pour augmenter l'effet qu'une partie de construction doit produire. Si, par exemple, une surface ou une construction paraît manquer de hauteur, on fera dominer les Lignes verticales en faisant les divisions sur la largeur. Dans Le cas contraire on emploiera des divisions horizontale.-.