Pausanias, X
LART ANTIQUE A CQNSTANTINOPLE. I77
mémoire K Mais les siècles avaient semé de tant de chefs-d'œuvre le sol des pays grecs que le passage même de tels hommes y laissait à peine une trace. Au ii° siècle de notre ère, Pausanias ne s'aperçoit pas que la Grèce a été dix fois pillée. Au rv' siècle, Constantin y trouve les plus beaux ornements d'une nouvelle capitale, ses successeurs y puisent à leur tour, et cependant c'est encore une Grèce, à peine dépouillée, qu'Alaric, en 395, foule aux pieds de ses cavales ; de ce jour seulement date sa ruine; de ce jour seulement sa vivante grâce, que le temps et les hommes n'avaient pu détruire, s'évanouit pour faire place à cette « beauté de morte » dont parle Byron.
Il serait injuste de comparer les déprédations de Constantin à celles d'un Verres ou d'un Néron. L'un n'avait pensé qu'à décorer ses villas d'Italie, l'autre qu'à meubler sa Maison d'Or : Constantin voulait fonder une ville, créer sur un rivage nouveau un foyer d'art et de lumière ; il agissait en homme d'État, même quand il faisait enlever par ses agents un trépied d'airain ou une