Vairon, dans Servius, Georg,, I
2. Omnia quae cernerentur deorum esse plena. Cicéron, De le gibus, II, II.
j. In lucis silentia ipsa adoramus. Pline, Hist. nat,, XII, i.
2o8 l'église
de la nature que Tart et la poésie ont porté si loin chez nous, ils avaient bien plus que nous le sentiment de ce qu'on peut appeler le surnaturel dans la nature, ce surnaturel qui se manifeste dans le silence des forêts, entre les crêtes des montagnes, auprès des sources et de leur majestueux murmure*. » L'imagination des paysans en était continuellement émue.
La superstition était encore maîtresse des campagnes au iv® siècle. Les temples sont leur âme, écrivait Libanius^. Une loi de 892 parle de ceux qui offrent des sacrifices dans les champs {in œdibus agrisvé)^ devant un autel de gazon {erecta effossis ara cespitibus)^ ou en présence d'un arbre dont le tronc est enveloppé de bandelettes {vel redimita vittis arbore^). En 398, le voyageur était exposé à rencontrer, en Afrique, des chapelles isolées dans lesquelles des mets déposés en l'honneur des idoles étaient une tentation pour sa faim*. En 401, la même province
1. Preller, les Dieux de l'ancienne Rome, trad. Dietz, p. 86.