S. Augustin, Ep
offrait encore en grand nombre des bois sacrés et des arbres auxquels s'était attachée la dévotion des habitants d'un village ou d'un domaine*.
Dans le nord de l'Italie, à cette époque, et même plus tard, les champs étaient remplis d'autels de bois et de statues de pierre^. Dans le centre de la Gaule, ils étaient parcourus par de fréquentes processions païennes : on promenait dans leS' campagnes les statues des dieux recouvertes d'un drap blanc ^ : quand le printemps revenait, on attelait des bœufs à un char rustique, on plaçait dans le char une statue de Cybèle, et des bandes de paysans, précédés de prêtres, escortaient la déesse à travers les champs et les vignes, en lui demandant d'abondantes moissons *. La religion vaincue s'était réfugiée là. Les sanctuaires des dieux rustiques étaient devenus le dernier asile des superstitions et des grossières débauches du paganisme. Le paysan païen s'attachait avec passion à ces vieilles chapelles remplies d'impurs souvenirs : il prenait avec orgueil le titre de prêtre
1. Concil. Carthag.^ V, canon xv ; dans Hardouin, Concilia, t. I, p. 987.