‹ L'art paien sous les empereurs chrétiensChapitre 138 sur 167 · Bull, di drch. crist,, 1867, p. 77 et suiv · texte numérisé non relu

Bull, di drch. crist,, 1867, p. 77 et suiv

2. La Néréide n'est sans doute ici qu'un symbole de Teau destinée à être contenue dans ce vase. Cest ainsi qu'un manuscrit grec du v* siécie, dans lequel sont peintes des scènes de la Genèse, symbolise par une Naïade la fontaine prés de laquelle se rencontrent Rebecca et Eliézer (D'A^incourt, HisU de Vart par les mon,, t. IV, pi. xix, n» 6) ; dans un autre manuscrit du vii« ou viir siècle, contenant l'histoire de Josué, un vieillard appuyé sur son urne représente le Jourdain {Ibid,f pi. XXIX, no i).

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appartenant au cycle cosmique, qui n'avaient pas un sens absolument idolâtrique, et que les premiers chrétiens toléraient même sur leurs sarcophages ^ Mais on leur demanda ensuite un Esculape destiné à être placé dans un temple; ils refusèrent de le faire, parce que c'était une idole (^sculapii simulacrum non fecerunt) : ce fut la cause de leur martyre*. Le texte arabe des Canons apostoliques indique clairement la règle imposée en cette matière aux artisans chrétiens : « S'il se trouve quelque ouvrier qui, après avoir reçu le baptême, ait fabriqué une idole ou une figure idolâtrique, qu'il soit excommunié jusqu'à ce qu'il ait fait pénitence, à moins que l'objet fabriqué ait été de ces choses qui servent à l'usage des hommes^, » c'est-à-dire

1. De Rossi, itoma Sott.,t, ni,p. 445. — Cf. Martigny, Dict, desanUchrét., V» Ciçl, Soleil ; et BulL di arch, crist., 1870, p. 87 et tav. I. — Le moyen âge conserva Phabitude de mêler à la représentation même des sujets religieux' des images de divinités rattachées au cycle cosmique ; ainsi, Apollon, Diane, la Terre, l'Océan, figurent sur des bas-reliefs représentant le crucifiement. Cahier et Martin, Mélanges d'oixkéologie, 1. 1, p. 47-66 et pi. IV, V, VI, viï, yiii.

2. L'église qui renferme les reliques de ces saints appartient à la confrérie des sculpteurs et ouvriers marbriers de Rome (scarpellini).

j. Si quis autem artifex post baptismum receptum inveniatur, qui ejusmodi rem (idolum vel aliquam fi^ram ido-

ET LES REPRÉSENTATIONS MYTHOLOGIQUES. 25 t

un meuble, un ustensile, où la figure mythologique ne joue qu'un rôle d^ accessoire décoratif.

Les femmes chrétiennes ne craignaient pas de porter des bijoux ainsi ornés. Des camées, des parures en mosaïque, représentant des scènes m)rthologiques, le Triomphe de Bacchus, Ganymède enlevé par Taigle, la tête de Gorgone, ont été trouvés dans les tombeaux de plusieurs catacombes *. L'impératrice Marie reçut d'Honorius, comme cadeau de noces, le riche écrin des souveraines qui l'avaient précédée sur le trône du monde : le mundus muliebris de Livie, accru sans doute de tout ce qui avait pu être conservé des bijoux ayant appartenu aux Poppée, aux Faustine et à toutes « les superbes compagnes des dieux de la terre, » fut déposé dans la corbeille de mariage de la fille de Stilicon ^. Si ces bijoux étaient vraiment authentiques, il est probable

latricam) confecerit, exceptîs ils rébus quce ad usum hominum pertinent, ezcommunicetur, donec pœnitentiam agat. Haneberg, Canones S. Hippolyti arabice, can. xi, p. 69. — Cf. Const, Apost,, Yiu, 52, où cette distinction n'est pas énoncée.

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