I. Kûgler, Handbook of painting in Italy, 1. 1, p
diction des images par la loi mosaïque, distingue celles qui étaient peintes ou'sculptées dans un but idolâtrique (idolatriœ causa) de celles auxquelles n'était attachée aucune idée de culte (quœ non ad idolatriœ titulum pertinèbant)^ et qui étaient de purs ornements (simplex omamentum *). Celles-ci, simples formules courantes de la langue artistique d'alors, restaient tolérées, ou même étaient ingénieusement tournées à un sens évangélique : Orphée peint sur les murailles de deux catacombes *; — le mythe de Psyché reproduit deux fois dans une de leurs plus anciennes cryptes, apparaissant plus tard sur les mosaïques chrétiennes, les fonds de coupes et les sarcophages 3; — le mythe d'Ulysse et des Sirènes
T. Tertullien, Adv, Marcioneniy 11,2.
2. Aringhi, Roma subterranea, 1. 1, p. 547, 56 j ; Perret, Les Catacombes de Rome, t. I, pK xx, xxxiv bis ; t. IV, pi. xvii ; De Rûssi, Roma Sotterranea, t. II, tav. xviii ; Martigny, Dict. des Antiquités chrétiennes, 2» édit., V* Orphée, p. 554; Northcole et Brownlow, Rome souterraine, trad. Paul Allard, 2« édit., pi. V. — L'emploi de l'image d*Orphée comme symbole du Sauveur du monde ce avait sa source, dit le savant Mgr Martigny (/. c, p. 561), dans un sentiment de tolérance large non moins qu^éclairée, dont aujourd'hui bien peu de chrétiens seraient capables, les uns le dépassant hors de toute raison, les autres ne sachant pas l'atteindre. »
j. Garrucci, Storia delV arte cristiana, pi. xx; Veiri ornât i, pi. XXXV, n» 4 ; Piper, Mythologie und Symbolik der christL Kunst, t. I, p. 215-217 ; Guéranger, Sainte Cécile, fig. i2j,
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adopté comme symbole chrétien * ; — l'emploi fréquent de figures décoratives représentant de petits Génies ailés qui font la vendange, se jouent au milieu des guirlandes et des festons, secouent des cornes d'abondance, soutiennent la tablette où se gravait l'épitaphe, tiennent des torches renversées, les Saisons personnifiées, des Télamons, des Tritons, la tête de l'Océan ^, etc. : — ces exemples, qu'on pourrait aisément multiplier, montrent bien que la Fable antique, réduite à l'état d'allégorie gracieuse, d'allusion spiritualiste ou de simple motif artistique.
p. 316 (Paris, 1874); Northcote et Brownlow, ouvr. cité, fig. 42, p. 432 ; Muntz, dans la Revue archéologique, t. XXX (1875), p; 228 ; Max. CoUignon, Essai sur les monuments grecs et romains relatifs au mythe de Psyché, n*' 188-200 (Paris, 1877).
1. DeRossi, Roma Sott., t. I, tav. xx, n" 5 ; Bull» di arch. crist.y i86j, p. 35 ;. Northcote et Brownlow, fig. 43, p. 4j; ; Martigny, Y* Ulysse, p. 769.
2. Aringhi,t. I, p. 295, jt^y^Jh ^89, 42c, 5J1, 569,61c, 15i7 ; t. II, p. 25, 29, 119, 14J, 157, 167, 181, 267, J95 ; Perret, 1. 1, pi. lvi, lxi ; t. Il, pi. xxxv ; De Rossi, 1. 1, tav. xin, XXX, XXXI ; Northcote et Brownlow, fig. 9, p. 108 ; pi. 11, xx ; Davin^ dans la Revue de l'Art chrétien, t. XXIII (1877;, pi. VII, IX ; Martigny, V» Ciel, Saisons, Soleil, p. 17J, 707, 739; Desbassayns de Richemont, Les nouvelles études sur les catacombes romaines, p. 444-459 (Paris, 1870) ; E. Le Blant, Études sur les sarcophages chrétiens de la ville d'Arles, pi. 11, IX, XVI, XIX, XX, XXI (Paris, 1878).
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n'avait rien qui parût inquiétant pour la conscience des fidèles. Leurs architectes ne s'en effrayaient pas plus que leurs peintres ; le somptueux grillage de marbre qui entourait Tautel, dans la chapelle sépulcrale des papes, au cimetière de Calliste, était terminé à Tune de ses extrémités par un Hermès à double tête de femme *. Telle était la tolérance artistique de ceux auxquels était confié le dépôt de la foi.
Mais en même temps, ils maintenaient avec la plus grande rigueur la distinction établie entre les figures purement ornementales et celles qui avaient un caractère ouvertement idolâtrique. Ces dernières étaient absolument interdites, comme pouvant devenir une occasion de, scandale. Avant la paix de T Église, il existait peu de sculpteurs chrétiens ^; le plus grand nombre des sarcophages des trois premiers siècles rencontrés dans les catacombes sortirent d'ateliers païens. Toutes les fois qu'ils n'offraient que des images
1. Voir la restauration de cette chapelle par M. de Rossi, Roma Sott., t. II, p. 2 j 5 et tav. I. Cf. Northcote et Brownlow,
pi. 3CV.
2. Il en existait cependant quelques-uns : voir Northcote, Epitaphs ofthe Catacombs, p. 170. L'épisode que nous racontons plus loin fera comprendre pourquoi ils durent être peu nombreux.
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allégoriques ou décoratives, on en laissait la face sculptée exposée aux regards ; toutes les fois, au contraire, qu'une figure clairement idolâtrique y était reconnaissable, on la couvrait de plâtre, on la martelait, on la dénaturait avec le ciseau, ou bien on tournait le bas-rielief contre la muraille, ou bien encore on enterrait le sarcophage dans le sol de la galerie *. Les fouilles modernes ont montré de nombreux exemples de ces précautions.
Les fidèles observaient avec le plus grand soin, dans leur vie privée, les règles ainsi posées et pratiquées par TÉglise. Un exemple très-remarquable en fera juger. Des Actes^ dont la valeur historique est aujourd'hui reconnue, racontent lé martyre de cinq artistes secrètement chrétiens ^. On leur commande des vasques et des bassins qui devront être ornés de figurines ou de bas-reliefs (conchas sigillis ornatas, conchas et lacus cum sigillis) représentant des Amours
1. De Rossi, Roma Sott., t. I, p. J44 ; t. Ilf, p. 444 ; BulU di arch. cri st., i86j, p. 55.
2. Passio SS. Quatuor Coronatorum, — Les quatre saints désignés par ce nom sont SS. Sévère, Sévérien, Carpophdre et Victorin : les cinq artistes dont le martyre est raconté par les mêmes Actes sont SS. Claude, Nicostrate, Symphorien, Castorius et Simplicius. Ils sont honorés le 8 novembre.
et des Victoires (Victorice et Cupidines)\ ils consentent à les faire. C'étaient • là de simples ornements ; un tel travail était toléré par T Église. Cest ainsi qu'on a pu voir exposé à Paris, en 1867', un seau de plomb orné de figures moulées, parmi lesquelles, à côté du Bon Pasteur, de rOrante, de cerfs se désaltérant aux fontaines qui sortent d'un tertre surmonté d'uiie croix, on reconnaît une Victoire ailée et une Néréide couchée sur un hippocampe*; les moules de ces dernières figures provenaient sans doute d'un atelier païen ; mais le fondeur chrétien s'en était servi sans scrupule. Les cinq artistes dont nous parlons consentirent à sculpter, après les figurines destinées aux conchœ et lacus, une image du Soleil, debout sur son char, et emporté par ses coursiers (simulacrum Solis cum quadriga). C'était là une de ces représentations