‹ L'art paien sous les empereurs chrétiensChapitre 140 sur 167 · I. Bull, di arch, crist,, i86j, p. jj, 53 et suiv · texte numérisé non relu

I. Bull, di arch, crist,, i86j, p. jj, 53 et suiv

•2. Lettere di E. Q. Visconti sud' un antica argenteria nuov'amente scoperta in Coma, à S, E, Mgr, délia Somaglia, 179J, in-4 ; extrait de VAntologia romana, t. XJ^. Cf. d'Agincourt, Hist. de l'art par les mon., t. II, pi. ix.

hippocampe : tout autour se déroule l'inscription suivante : « Secundus et Projecta^^ puissiez-vous vivre dans le Christ ! » précédée du Chi et du Rho symboliques. Huit Muses décorent les flancs du coffret. Une petite cuvette d'argent montre au fond, gravée au trait, l'image de Vénus à sa toilette : la figure d'Adonis est sculptée sur le manche. Ce sont bien là les images purement décoratives dont parlent les canons apostoliques : la même main a pu sans scrupule les sculpter et graver l'inscription pieuse qui nous fait connaître le nom et la foi de l'époux qui offrit et de l'épouse^ qui reçut ce gracieux trésor. A l'époque où nous reportent ces monuments fragiles de l'élégance féminine, l'Église tolérait plus facilement encore qu'auparavant un mélange devenu tout à fait inoffensif. Non -seulement une figure mythologique sculptée sur un camée, un coffret ou un miroir ne paraissait de nature à faire naître dans l'esprit de personne une pensée superstitieuse ou coupable ; mais le moment vint où les chefs de la société chrétienne ne crurent plus nécessaire de cacher de semblables figures

I. Remarquer ce nom 'd€ Projecta. Voir, sur lesTocablcs de cette nature, Les Esclaves chrétiens, p. 241..

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aux regards des fidèles, quand une circonstance fortuite en introduisait une représentation dans les lieux mêmes consacrés au culte. Nous verrons tout à l'heure des exemples de cette tolérance. Qu'il nous suffise de dire en ce moment, avec M. de Rossi, qu'après le triomphe du christianisme les fidèles s'accoutumèrent à regarder d'un œil plus ou moins indifférent, ou même à considérer comme des trophées de leur victoire, les œuvres de toute nature produites par l'art antique ^ C'est ainsi que, pendant le iv® siècle, les temples, dans un grand nombre de villes, purent demeurer debout, et que l'on put contempler sur les places publiques, ou dans ces musées dont nous avons parlé plus haut, les idoles conservées comme ornement, dépouillées désormais de toute .autre divinité que celle de l'art, aussi inofifensives, aussi désarmées que des captifs enchaînés autour du char de leur vainqueur. « Il avait fallu, dirons-nous avec un archéologue jéminent, donner aux esprits le temps de reléguer les dieux de pierre, de bois et de métal parmi

I. Bull, di arch, cristy 1865, p. 5-8;j866, p. 53-59,61; 1867, p. 10, 64-69, 76 j 1868, p. 25-J2, 48, 52-57, 69-75 ; 1869, p. i3, 14 ; 187 1, p. 28, 29.

les monuments d'un art distingué, mais d'une société éteinte *. » Désormais cette éducation était faite.

Elle était faite autant qu'elle peut l'être, autant qu'elle le sera jamais. Dans tous les temps, dans toutes les sociétés, il y a des âmes que le spectacle du beau remplit de trouble : le beau ne peut se présenter aux hommes que sous des apparences matérielles, qui en sont à la fois le voile et la révélation, et dont le charme propre arrête souvent le regard devenu impuissant à pénétrer au delà. Saint Augustin, dans un livre immortel, où l'on sent, à chaque page, palpiter encore sa jeunesse domptée, et qui est tout plein des cendres à peine refroidies de ses anciennes amours, confesse ingénument le trouble où le jetait la vue des belles choses. « Que de séductions sans nombre, s'écrie-t-il, dans les œuvres de l'art et de l'industrie, vêtements, vases, tableaux, statues! » Mais la clairvoyance de son grand esprit lui montrait tout de suite le remède à ce premier éblouissement, à cette surprise de l'âme par les sens : il ressaisissait aussitôt celle-ci prête à s'échapper. « Ici même, ô mon Dieu, ô ma

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