I. Cahier, dans les Mélanges d'archéologie, t. I, p
256 l'art chrétien
gloire! ici je trouve à glorifier votre nom; ô moii sanctificateur ! je vous offre un sacrifice de louanges ! car ces beautés que vous faites passer de Tâme à la main de Tartiste procèdent de cette beauté supérieure à nos âmes, et vers laquelle mon âme soupire nuit et jour. Mais ces amateurs, ces fabricants de beautés extérieures, empruntent à rinvisible la lumière qui les leur fait agréer, et non la règle qui en dirige l'usage. Elle est présente, et ils ne la voient pas *. » La société chrétienne s'habituait à la voir de plus en plus : à mesure qu'elle se dégageait, comme Augustin, de l'enchantement des moeurs païennes, qu'elle purifiait son regard, que l'âme y devenait maîtresse, les derniers troubles causés par la beauté des images se dissipaient; on apprenait à les contempler de cet œil simple dont parle l'Evangile ^, de cet œil lumineux qui fait apercevoir la beauté éternelle à travers la forme périssable, comme la flamme dans la lampe d'albâtre. L'art antique était ainsi mis à sa véritable place : il est une des plus parfaites expressions du beau que