‹ L'art paien sous les empereurs chrétiensChapitre 64 sur 167 · Socrate, /. c · texte numérisé non relu

Socrate, /. c

?. Jbid,

no THEODOSE,

tiohs secrètes, se soient bornés à appliquer impitoyablement les lois, quand un de ces actes d'immoralité ou de criminelle superstition, qui étaient presque inséparablesducultepaïen, leur avait été signalé dans quelque sanctuaire. C'est ainsi que le Sérapéion de Canope fut détruit. Ganope était située près de l'embouchure du Nil, à quatre lieues environ d'Alexandrie. C'était une ville sacerdotale, pleine de temples, et bâtie dans un lieu charmant. On y accourait de toute l'Egypte : les étrangers même y venaient en pèlerinage.

Les prêtres y enseignaient à de nombreux adeptes les mystères de l'antique Egypte, c'est-à-dire que, sous prétexte d'interpréter la science sacrée, ils tenaient école de divination et de magie. Comme dans tous les lieux de pèlerinage païens, la débauche s'y étalait sans voile. Cette ville de science était en même temps une ville de plaisir. Le Nil était sans cesse couvert de barques remplies d'une foule joyeuse qui se rendait à Canope. Les hommes graves, ceux qui tenaient à un renom, vrai ou faux, d'austérité, n'avouaient pas facilement y être allés. On comprend qu'un tel sanctuaire ait offert aux ennemis du paganisme les prétextes qu'ils cherchaient : on détruisit le

foyer de superstition et le lieu de débauche, et, sur les ruines souillées du Sérapéion de Canope, on construisit un monastère qui prit le nom de la Pénitence ou la Prison^ et devint célèbre par les austérités de ses religieux *.

Ces mesures furent particulières à T Egypte : elles eurent pour cause unique la sédition d'Alexandrie. Nous sommes parvenus au moment où Théodose va engager une lutte directe contre le paganisme, et Ton verra que, dans les lois rendues par lui à cette occasion, il n'est nulle part question de la destruaion des temples.

En Sgi, deux lois furent, à peu de mois d'intervalle, adressées, l'une au préfet du prétoire d'Occident, l'autre au préfet d'Egypte, Évagrius, et au comte Romanus, que nous avons vus pénétrant, à la suite de l'évêque Théophile, dans le Sérapéion d'Alexandrie. Ces deux lois, qui sont identiques, sinon dans la forme, au moins dans le fond, interdisent formellement tout exercice

Page 1