Div. Inst,, V
4. In templo vero... tacitam etiam mentem nostram custodimus. Quintilien, Decîamationes, 265.
tout entiers, il essaya d'introduire dans les temples antiques la vraie prière ; il voulut qu'à des jours et à des heures réglés les prêtres se réunissent pour chanter l'office, et qu'une psalmodie alternée, comme celle des chrétiens, vînt éveiller- par des sons d'une gravité inconnue jusque-là les échos des sanctuaires*. Beau rêve d'un esprit trompé, qui ne put jamais se résoudre à voir le paganisme tel qu'il était I Les historiens qui nous parlent de ce désir de Julien ne disent pas qu'il ait même reçu un commencement d'exécution. Il était inexécutable.
Comment eût-il pu en être autrement, quand il était de l'essence de certains des cultes que Julien s'efforçait de ranimer, de repousser de leurs sanctuaires la personne et les vœux des suppliants ? Beaucoup de temples païens demeuraient fermés toute l'année, à l'exception d'un petit nombre de jours fixés par les rituels.
A Athènes, le temple de Dionysos ne s'ouvrait qu'une fois par an, le 8 février. Le temple d'Eurynome, à Phigalie, n'était de même ouvert qu'un
I. Sozomène, V, i6; S. Grégoire de Nazianze, Oratio V [contra Julianum), m.
seul jour*. Quand saint Juliien, sainte Basilissa et leurs compagnons furent, sous Dioclétien, poursuivis comme chrétiens, le gouverneur d'Antioche dit aux prêtres des idoles : « Décorez le vénérable temple de Jupiter, qu'il est d'usage d'ouvrir une fois chaque année, afin que ceux-ci sacrifient^. »
Le prêtre lui-même n'entrait que ce jour-là dans certains temples, comme celui de Minerve Poliade à Tégée^ ou de Pluton à Elis*. D'autres restaient ouverts, tous les ans, pendant deux ou trois jours, comme celui de Diane à Hyampolis en Phocide s, ou de Bacchus Lysius à Thèbes ^ D'autres, enfin, demeuraient toujours fermés, comme ce bois sacré des Euménides, près d'Athènes, dont parle le chœur de V Œdipe à Colonne^ « devant lequel on passait en détournant les yeux, en retenant sa voix, en osant à peine penser. "^ »
1. Pausani as, Z)e5cr(p^ Grcec, VIII, 41; Démosthène ; Contra Nceeram.
2. « Ornate venerandum templum Jovis, eu jus est consuetudo semel in anno patefieri. » Acta S, Juliani et socio^ rum, 12, dans les Acta sanctorum, Januarii, t. I, p. 585.