I. s. Augustin, De civitate Dei, V
.2. Ibid.
5. En félicitant l'empereur, saint Ambroise lui avait demandé une amnistie générale au nom de l'Eglise : Pius es, imperator, clementiam habes maximam.... Opto, per clementiam tuam, Ecclesia Dei sicut innocentium pace gratulalur, ita etiam reorum absolutione laetetur. Ep, 61; cf. Ep. 62, et Paulin, Vita Ambrosiiy ji.
4. Ce voyage de Théodose, qu'avaient contesté, malgré l'autorité de Zosime et de Prudence, plusieurs érudits, Pagi, Crit, ad Baronium, an. 595 ; Tillemont, Hist. des Empereurs, t. V, p. 767, note Lvii; Le Be2LU,Hist. du Bas-Empire, t. V, p. 479 ; Beugnot, Hist. de la destruction du paganisme en Occident, t. I, p. 484 ; A. de Broglie, V Église et l'Empire
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sénat. Tous les pères conscrits, déjà rassurés, accourent dans la curie, d'où l'autel et la statue de la Victoire avaient disparu. L'empereur déplora devant eux la mort de Flavien : « J'aurais voulu, s'écria-t-il, qu'il pût vivre et nous être conservé! » Puis il aborda la question qui était dans tous les esprits, qui se posait sur toutes les lèvres. Depuis plusieurs années les temples étaient fermés, les sacrifices interdits partout : à Rome seulement la loi n'avait pas été exécutée : Rome était demeurée la capitale païenne d'un empire chrétien. La majorité du peuple, la majorité même de l'aristocratie adorait Jésus-Christ : une minorité orgueilleuse, habile, puissante par les richesses, par la naissance, par les traditions, avait réussi jusqu'à ce jour à faire de Rome l'asile inviolable, et la citadelle incontestée du paganisme : les lois qui le proscrivaient s'arrêtaient impuissantes aux portes de la Ville éternelle.
romain au vf^ siècle, t. VI, p. 288, a été mis hors de doute par la découverte du piédestal de la statue de Nicomaque Flavien restaurée en 45 1 : l'inscription qui y est gravée rapporte les paroles prononcées devant le sénat (quce verba ejus aput vos fuisse plerique meministis) par Théodose déplorant la mort de son ennemi. Voir la dissertation de M. de Rossi,^««. deW Instit, di corresp, archeoU, 1849, p. 285-356; cf. Bull, diarch. crist., 1868, p. 70.
Cette situation anormale eût peut-être duré longtemps encore, si la révolte ouverte du parti païen au moment de l'usurpation d'Eugène n'en avait révélé le péril. Théodose, victorieux, sentit qu'il fallait en finir. Il tint au sénat une sorte de lit de justice : sa présence donna à la majorité chrétienne de cette assemblée le courage de faire pour la première fois prévaloir son opinion. Elle accorda avec enthousiasme le vote que Théodose lui demandait, et, unie à l'empereur, prononça l'interdiction absolue du culte païen : ses bruyantes acclamations étouffèrent les faibles murmures et les timides protestations que la minorité, rendue enfin au sentiment de sa faiblesse, essayait de faire entendre *.
Cette dernière et décisive condamnation du culte païen n'entraîna pas la destruction des manuments qui lui avaient été consacrés. Théodose survécut peu à sa victoire ; mais ses fils et ses petits-fils imitèrent sa douceur envers tous les vaincus. Sous leurrègne,la famille de Nicomaque Fla-
I. Zosime, IV, 55 ; Prudence, Contra Symmachum, î, 410 et seq. — Uannona tempîorum, qui, à Rome, avait continué d'être payée, fut entièrement supprimée à partir de ce moment ; Zosime le dit en termes formels.
vien obtint la permission de relever ses statues * , et une protection efficace s'étendit sur les temples. «Plus de sacrifices, s'écrie Honorius, mais que les ornements des villes soient respectés ^. Que personne, dit-il encore, n'essaie de renverser les temples désormais vides de toute superstition. Nous ordonnons que ces édifices demeurent intacts ^. »
Un coup d'œil jeté sur les deux capitales de l'empire fera voir avec quelle largeur d'esprit et quelle haute intelligence des intérêts de l'art fut appliquée cettQ politique des empereurs chrétiens, inaugurée dès le lendemain delà conversion de Constantin, et formulée si nettement par Honorius dans la dernière année du iv** siècle.
1. Statue de Flavien élevée par son petit-gendre Q. Fabius Memmius Symmachusen 595, sous Honorius ; statue de Flavien rétablie dans le forum de Trajan, sous Théodose II et Valentinien III, entre 427 et 450, par son petit-fils Appius Nichomachus Dexter. Voir la dissertation citée de M. de Rossi; cf. Morel, Revue archéologique, t. XVIII (1868), p. 49.