ROME AU IV* SIÈCLE. — LE MUSÉE DU PAGANISME
SoHXAiRE. — L Erreur de Gibbon et de Milman. — Les monuments du paganisme respectés. — Descriptions de Rome . au iv» siècle. — Nombre de ses temples et de ses œdiculœ.
— Maisons expropriées pour dégager des temples païens.— Les temples et les statues conservés comme ornements. — Les grands esprits chrétiens et Part antique. — Prudence.
— S. Basile. — S. Grégoire de Nazianze. — Discours de Théodose sur les statues. — II. Images des dieux cachées par les païens. — Fouilles exécutées par les magistrats pour les retrouver. — On les replace dans les lieux publics. — Rareté des violences populaires à Rome contre les statues païennes. — Rome et les villes de province, au iv© siècle, peuplées de statues. — A urea Roma, — Vers de Claudien.
— III. Influence des modèles antiques sur la poésie et Part de cette époque. — Temples tombant de vétusté. — Il en fut ainsi même aux époques florissantes du paganisme. — Temples délaissés, mais debout. — La foule passe auprès d'eux, et se rend aux tombeaux des martyrs. — Les deux Rome.
« On eût dû, dit Gibbon, sauver des mains destructrices du fanatisme les édifices magnifi-
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ques qu'on n'employait plus au culte de Tidolàtrie. Un grand nombre de ces temples étaient des chefs-d'œuvre de l'architecture grecque, et l'intérêt personnel de l'empereur lui défendait de détruire l'ornement de ses villes et la valeur de ses propriétés. On pouvait laisser subsister ces superbes monuments comme autant de trophées de la victoire du christianisme *. p) L'auteur d'une Histoire duChristianisme qui jouit d'une grande autorité en Angleterre écrit de même : « Les temples païens, laissés debout dans toute leur majesté, mais en même temps profanés et déserts, eussent été le plus splendide monument du triomphe de la nouvelle religion. Si celle-ci, avec le dédain de la force qui a conscience d'ellemême, leur, avait permis de rester sans victimes, sans prêtres, sans fidèles, exposés aux seules injures du temps et de l'oubli, non-seulement elle aurait mérité la reconnaissance de la postérité, heureuse de voir conservés d'aussi étonnants et d'aussi gracieux types de l'art antique, mais encore elle aurait forcé les hommes à l'admiration d'un acte aussi magnanime. Une telle conduite
I. Gibbon, History of décline and fall of Rom. emp,, cK. XXVIII.
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ne pouvait être attendue ni de ce siècle ni de l'esprit religieux d'alors *. »
Le programme que tracent en ces termes Gibbon et Milman, en regrettant qu'il n'ait pas été adopté, est précisément celui que le christianisme triomphant suivit, pendant tout le cours du iv* siècle, aussi fidèlement que les circonstances et certaines nécessités locales le permirent.
Il ne fut nulle part plus complètement observé qu'à Rome. Pendant l'esjpace de temps qui va de la conversion de Constantin à l'apparition d'Alaric devant les murs de la Ville éternelle, toute l'antiquité y demeura debout. La description de Rome insérée sous Honorius dans Talmanach officiel de l'Empire, et un autre document analogue, qui en diffère peu% nous montrent ses quatorze régions remplies de temples, de basiliques, de thermes, de théâtres, de cirques et déco-