‹ L'art paien sous les empereurs chrétiensChapitre 99 sur 167 · Pline, Hist, naU, XXXV · texte numérisé non relu

Pline, Hist, naU, XXXV

2. D'Agincourt a publié la gravure de quelques-unes de ces miniatures calquées sur les originaux. HisU de Vart par les monuments, t. IV, pi. xx à xxv.

Ibb ROME AU IV* SIECLE.

destyle enfin dans cet ouvrage d'une époque de décadence*, pour qu'on puisse admettre un instant que l'artiste l'ait pu tirer de son propre fonds- : on sent que les grands modèles étaient tout près de lui. Que l'on examine, par exemple, l'architecture des édifices représentés dans les cinquante miniatures du Virgile; elle n'a aucun rapport avec celle du iv* ou du v* siècle : c'est bien l'architecture antique^. Voyez, dans l'un de ces dessins, le temple qui occupe le tond de la scène, avec les bas-reliefs de son tronton, les statues posées sur des piédestaux en avant des colonnes du portique : c'est un édifice de la meilleure époque de l'art gréco-romain. Évidemment, quand ces figures furent tracées, Rome n'avait rien perdu de sa parure architecturale ; si les artistes qu'elle produisait encore ne dessinaient plus que d'une main alourdie, au moins ils avaient pu faire leur édifcation par les yeux.

Sans doute, dans l'ensemble des merveilles

1. Le christianisme ne fut pour rien dans cette décadence. « La véritable époque de la décadence de l'art doit être fixée avant Constantin, vers le milieu du iii^ siècle. » Winckelmann, Histoire de l'art, t. II, p. 488 (Paris, 1795).

2. D'Agincourt, t. III, p. u, et t. IV, pi. XXIf, n» i, XXIII, n- u XXV, no 2.

LE xMUSÉE DU PAGANISME. 167

qu'ils étudiaient et qu'ils tâchaient de copier, des signes de décrépitude se faisaient voir ; les temples fléchissaient sous le poids de leur antiquité, rÉtat se montrait avare à les réparer, et les derniers adorateurs des dieux n'avaient ni la générosité ni peut-être la Kberté de le faire. Eussentils été tout-à-fait libres, il est douteux que la dévotion seule eût suifi à tirer d'eux les sommes nécessaires pour entretenir les monuments de l'ancien culte national. Même aux époques les plus florissantes du paganisme, il avait fallu d'énergiques efforts pour assurer leur conservation. Quand Auguste devint maître de l'empire, il trouva les temples de Rome à demi ruinés ; celui de Jupiter Férétrien, sur le Capitole, s'écroulait*; celui de Junon Sospita était désert, et transformé en cheniP. « L'araignée, disait Properce, tisse sa toile dans les sanctuaires; l'herbe croît autour des dieux abandonnés^. » Auguste se consacra à réparer ces ruines; par ses soins, par son exemple, les temples de Rome se relevèrent*. En

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