MONSTRE PERSE
(Cabinet des médailles. — Collection de I.uynes.)
tantôt les bras tendus sur deux griffons affrontés. Ahourâmazda plane dans l’espace, et sous les pieds du roi est un support qui rappelle singulièrement la corbeille neb, sur laquelle en Egypte se dresse toujours la figure de Ma, la déesse de lumière, dont le rayonnement annonce la vivification. Par l’élégance du style, la pureté de l’intaille, certains de ces scarabéoïdes sont remarquables. Un griffon ailé, la tête coiffée des couronnes de l’Egypte, a une sûreté de contours, une
fierté d’allure qui le grandissent hors de son cadre. Au reste, chaque fois que l’artiste s’attaque à l’interprétation de la force, il retrouve sa qualité native. Il triomphe dans l’assemblage des puissances mauvaises de la nature et l’étalage de leur implacabilité. Voyez le monstre ailé de la collection de Luynes, au Cabinet des médailles. La tête est celle du gerfaut; le corps et les pattes de devant sont d’un lion, les serres d’un aigle; les ailes et les oreilles, celles des taureaux persépolitains, et les cornes, celles de l’ægargre. Et cependant cette silhouette n’a rien d’invraisemblable et de disparate. Sur des cônes de terre servant à estampiller l’argile, c’est encore une variété de ces monstres qu’on rencontre, couronnés des diadèmes égyptiens et surmontés du disque divin.