LE PAVILLON DES MIROIRS
(Plan.)
hiératique, ni les ondoiements symboliques en lesquels elle se contourne et se replie pour que la philosophie
de la ligne prévaille, et que le regard trouve dans ses sinuosités telle ou telle impression. Les couleurs vives et claires s’harmonisent, sans chercher non plus à éveiller telle ou telle idée par la juxtaposition des nuances.
C’est la sève coulant à pleins flots dans les rameaux d’une plante vivace, l’image de ces beaux ombrages que, de tout temps, les Perses ont tant aimés.
Et, complétant cet ensemble, des vitraux de couleur s’enchâssent aux fenêtres, cloisonnés en compartiments merveilleusement agencés, tandis qu’aux portes, des grillages et des panneaux peints et dorés alternent, artistement ouvrés. Si fort avait été alors cet instinct de la nature heu-
reuse chez l’artiste, qu’au commencement de notre siècle, Feth-Ali-Chah put encore se faire bâtir le Hecht Bechicht , — le pavillon des huit paradis, — où survit la tradition de la Renaissance en ce qu’elle eut de plus gracieux. Ce pavillon avait pour destination de servir de résidence d’été aux huit favorites du monarque. L’édifice est exhaussé sur une large terrasse ; on y arrive par deux perrons à double rampe, aboutissant à des portiques soutenus par de hautes colonnettes de bois.
Au centre est une vaste salle à pans coupés de 8", 40 au carré, avec dôme en stalactites couronné d’une lanterne percée de huit fenêtres grillagées et également surmontée d’un dôme. Une immense arcade ogive perce chacune des quatre faces de la salle, et dans les angles ainsi déterminés entre leurs jambages se répartissent les huit appartements du harem; quatre au rez-de-chaussée communiquent par quatre escaliers au premier étage, où les quatre autres communiquent à leur tour entre eux par des galeries jetées dans l’ouverture des arcs. Un bassin de marbre de 3m,3o de diamètre occupe le milieu de la grande salle où donnent