‹ L'Art poétique de Boileau, commenté (volume 2)Chapitre 10 sur 150 · I. V. 169-175.— 2. Dépenser. — 3. L. II. — 4. Sat. V · texte numérisé non relu

I. V. 169-175.— 2. Dépenser. — 3. L. II. — 4. Sat. V

moins élevés de la vie; il parle à peu près uniquement des défauts, La raison en est qu'il imite Horace, et qu'il écrit pour les auteurs qui prétendent " aitx hon- " neîtrs dti comique ".

" Ne faites point parler vos acteurs au hasard,

" Un vieillard en jeune homme, un jeune homme en vieillard.

C'est la conclusion qu'Horace tire de ses caractères :

" Ne forte seniles " Mafidenturjîiveni partes^ pueroque viriles {^). "

Et d'après Vauquelin :

" ... Il ne faut jamais qu'un jeune homme gaillard

" Représente en parlant la façon d'un vieillard,

" Ni qu'un jeune homme aussi son vieillard sente encore ".

Il est manifeste qu'Horace, Vauquelin et Boileau se contentent de noter les règles générales dans ce chapitre des âges. Mais souvent le talent d'un auteur et le vis coviica d'une scène éclateront grâce à un renversement des rôles. Un jouvenceau qui veut faire l'homme est un type deComédie;tout comme un septuagénaire qui se donne des allures de vingt ans. Corneille, qui possédait la pratique du théâtre beaucoup mieux que Boileau, ajoute ces restrictions ou rectifications, aux lois communes des âges : " Il est bon, dit " Corneille, de remarquer encore que ce qu'Horace dit " des mœurs de chaque âge n'est pas une règle dont " on ne se puisse dispenser sans scrupule. Il fait les " jeunes gens prodigues et les vieillards avares; le con- " traire arrive tous les jours sans merveille. Mais il ne " faut pas que l'un agisse à la manière de l'autre, bien " qu'il ait quelquefois des habitudes et des passions " qui conviendraient mieux à l'autre {'').

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