I. Fal>. Liv. XI. — 2. Car., Chap. De rhotmne
i.'akt poétique.— ni.
Horace est plus riche :
" Multa senem circnmveniunt incommoda^ vel quod
" Quœrit et inventis miser abstifiet ac timet uti ;
" Vel quod res onuies timide gelideque ministrai,
" Dilator, spe longiis, i?ie>-s, avidusque futiiri,
" Difficilis, queruhis, laudator teinporis adi
" Se puero ; censor, castigatorqiie ininonim ('). "
Vauquelin est un fidèle traducteur :
" L'âge apporte au vieillard mainte incommodité,
" Soit qu'aux acquêts il soit ardemment incité,
" Soit que son bien acquis il ne veuille despendre (^),
" Qu'il aime mieux garder qu'à son dommage vendre ;
" Soit qu'en toute entreprise il soit timide et froid,
" Dilayeur, attendant, riotteux, maladroit.
" Convoiteux du futur, chagrin, plaignant sans cesse.
" Louant le temps passé qu'il était en jeunesse ; .
" Sévère repreneur des mœurs des jeunes gens.
" Se fâchant, négligent, de les voir négligents (3). "
Régnier imite, en poète et en philosophe :
" Maints fâcheux accidents surprennent sa vieillesse ;
" Soit qu'avec du souci gagnant de la richesse.
" Il s'en défend l'usage et craint de s'en servir,
" Que, tant plus il en a, moins s'en peut assouvir ;
" Ou soit qu'avec froideur il fasse toute chose.
" Imbécile, douteux, qui voudrait et qui n'ose.
" Dilayant, qui toujours a l'œil sur l'avenir ;
" De léger il n'espère, et croit au souvenir;
" Il parle de son temps, difficile et sévère ;
" Censurant la jeunesse, use des droits de père ;
" Il corrige, il reprend, hargneux en ses façons.
" Et veut que tous ses mots soient autant de leçons (4). "
La Bruyère traite un peu la vieillesse comme l'en-
fance ; il n'en voit que les côtés tristes. Au surplus, il
est aisé de s'apercevoir que, dans ces portraits des
âges, Boileau ne voit non plus que les aspects les