‹ L'Art poétique de Boileau, commenté (volume 2)Chapitre 100 sur 150 · Les Aventures, etc. Ed. Delahays, p · texte numérisé non relu

Les Aventures, etc. Ed. Delahays, p

" Aux plus savants auteurs, comme aux plus grands guerriers, " Apollon ne promet qu'un nom et des lauriers (')•

Guerriers, lau7^iers. Combien de fois ces deux rimes commodes se trouvent-elles accolées parmi les vers du xyiV" siècle? Madame de Sévigné, au milieu de sa prose exquise, laisse elle-même tomber de sa plume ces deux lignes rimées (^) :

" En attendant que nos guerriers " Reviennent couverts de lauriers.

" Voilà deux vers, ajoute-t-elle. Cependant je ne sais " si je les savais déjà, ou si je les viens de Faire. " Les deux suppositions sont aussi acceptables l'une que l'autre.

L'idée que Boileau orne de ces deux consonances banales est un thème banal aussi. Scudéry, " guerrier " et poète, l'avait amplifié : " Ne pensant être que sol- " dat, je me suis encore trouvé poète. Ce sont deux " métiers qui n'ont jamais été soupçonnés de bailler " de l'argent à usure... Ces neuf jeunes Pucelles de '' trois ou quatre mille ans, qui ne donnent que de " l'eau à boire à leurs nourrissons..., qui n'ont pour " biens-meubles que des luths et des guitares, m'ont " dicté ces vers (^). "

Vigneul-Marville réunissait vers 1 700 ses recherches sur la misère des gens de lettres; maladie dont ces gens-là " ne guérissent jamais (•♦). " Le chroniqueur

1. C'était un proverbe grec, cité par Ménage : A Delphes, on porte couronne et on crève de soif:

AsXcpoi; àvTip auscpavov jj.èv £X-^ ot'isi o'àTioXtoXev. " (Ménag., Éd. de 1693, p. 159.)

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