Jug. des Sav., t. I p
" déclaré plus d'une fois que, si dans le temps qu'il " fit imprimer sa Poétique, les Rondeaux de Benserade " eussent paru, il n'aurait eu garde de parler de lui " avec éloge à la fin du iv^ Chant, comme il l'a fait (').
Mais lorsque Boileau lui accordait cette mention gracieuse, Benserade était en pleine faveur, M"^^ de Sévigné écrivait en 1671 : " Je dîne tous les vendredis " chez Le Mans, avec M. de la R. F., madame de " Brissac, et Benserade, qui toujours y fait la joie de " la compagnie {^). " En 1686, la spirituelle Marquise s'indignait encore contre les marauds, qui ne savaient pas goûter les bluettes dont Benserade avait charmé les Ruelles. Elle disait à Bussy-Rabutin: " Vos lettres " et vos vers m'ont donné une véritable joie ; et sur- " tout ce que vous écrivez, pour défendre Benserade " et La Foniain':; contre ce vilain factum. Je l'avais " déjà fait en basse note à tous ceux qui voulaient " louer cette noire Satire. Je trouve que l'auteur fait " voir clairem :nt qu'il n'est ni du monde, ni de la Cour : " et que son goût est d'une pédanterie, qu'on ne peut " pas même espérer de corriger. Il y a de certaines " choses qu'on n'entend jamais, quand on ne les entend " pas d'abord. On ne fait point entrer certains esprits " durs et farouches dans le charme et dans la facilité " des Ballets de Benserade et des Fables de La Fon- " taine. Cette porte leur est fermée, et la mienne " aussi (^).
Ces Ballets, audacieusement comparés aux Fables, firent l'occupation et la fortune de Benserade à la Cour, pendant près de vingt années. Dans ces fêtes, les plus hauts personnages, le Roi en tête, représentaient des héros mythologiques, des dieux, des figures allégoriques. Benserade avait le talent de faire débiter par