I. Traduction de fÉnéïde; Rem. sur le F'- Liv.., p. loo
" Une voix dans la nue à ses vœux répondit; " La Paix avec Thémis à l'instant descendit. "
A quoi Eurylas réplique :
" Le plus grand des humains est l'admirable Jule ;
" Moins de monstres que lui dompta le grand Hercule.
" Ah ! plus tôt dans le Rhône, aux sept larges canaux,
" Le Parthe abreuvera ses belliqueux chevaux ;
" Plus tôt les froids Lapons boiront l'onde du Gange,
" Que je cesse jamais de chanter sa louange ('). "
Peut-être ce morceau choisi d'Idylle française suffira-t-il à démontrer combien ce genre soi-disant pastoral est faux et fade. Segrais n'écoula point l'invitation de Despréaux. Il ne fit plus retentir le nom du Berger Louis aux échos de ses paysages en carton peint. Il quitta Paris en 1676, et alla chercher aux rives de l'Orne le bonheur champêtre qu'il avait versifié ; bonheur, dont Louis XIV eût voulu, dit La Bruyère, voir jouir tout son peuple. C'est une Églogue en prose, chantée aux échos de l'Académie : " Pro- " vinces éloignées, Provinces voisines, ce Prince " humain et bienfaisant... veut voir vos habitants, vos " bergers, danser au son d'une flûte champêtre, sous " lessaules et les peupliers, y mêler leurs voix rustiques, •" et chanter celui qui, avec la paix, et les fruits de la " paix, leur aura rendu la joie et la sérénité (^). "
On ne s'attendait guère à ouïr ces accents bucoliques du grave La Bruyère, au sein de la docte assemblée ; ni à entendre cette " flûte" mêler ses notes d'Idylle aux volées du canon, qui grondait en Belgique. Et puis célébrer le Roi belliqueux et conquérant aux sons du pipeau, n'est-ce pas un peu ridicule ? M™^ Deshoulières, chantre des petits oiseaux, des petits moutons,