‹ L'Art poétique de Boileau, commenté (volume 2)Chapitre 12 sur 150 · Lettres, etc., IV^ P., p · texte numérisé non relu

Lettres, etc., IV^ P., p

" de tout Paris, on l'envoya à la Cour, qui était alors au " voyage des Pyrénées, où elle fut très bien reçue. Cela "lui enfla le cœur: — Je n'ai plus que faire, dit-il, " d'étudier Plaute et Térence, ni d'éplucher les frag- " mentsde Ménandre ;je n'ai qu'à étudier le monde ('). "

" Si, moins ami du peuple, en ses doctes peintures,

Boileau " eût voulu retrancher des pièces de Mo- " lière tout le jargon propre à divertir le menu peuple, " et surtout le langage paysan. — Vous ne voyez pas, " disait-il, que, dans ses pièces, ni Plaute ni ses con- " frères estropient la langue, en faisant parler des " villageois; ils leur font tenir des discours proportion- " nés à leur état, sans qu'il en coûte rien à la pureté " du langage. Otez cela à Molière, continuait-il: je ne " lui connais point de supérieur pour l'esprit et pour le " naturel. Ce grand homme l'emporte de beaucoup sur " Corneille, sur M. Racine et sur moi. Car, ajoutait-il " en riant, il faut que je me mette aussi de la partie (-), "

N'oublions pas que les autres grands critiques du temps ont parlé comme Boileau du " jargon " de Molière : " Il n'a manqué à Molière que d'éviter le ''jargon et le barbarisme, et d'écrire purement. (La Bruyère) if).

Tout le monde sait le jugement de Fénelon sur le style de Molière. Mais tout le monde ne sait peut-être pas que Fénelon ne fut pas le seul bel esprit du grand siècle à préférer la prose de Molière. Ménage avait dit, vinoft ans avant la Lettre à f Académie : " La " prose de Molière vaut beaucoup mieux que ses " vers {^\

I. Œuv. etc., t. III, p. 158-9. — 2. Bolœatia, CXXIII. ch. I- — 4- -^^én., éd. de 1693, P- 5°-

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