‹ L'Art poétique de Boileau, commenté (volume 2)Chapitre 21 sur 150 · I. Nouv. ch. de pièces en vers, t. II, p · texte numérisé non relu

I. Nouv. ch. de pièces en vers, t. II, p

" pour l'Opéra, c'est qu'il va ruiner la Tragédie, qui est " la plus belle chose que nous ayons, la plus propre à " élever l'âme et la plus capable de former l'esprit (').

Dix ans après, La Bruyère s'ennuyait à l'Opéra, comme St-Évremond. Même après YArmide, il disait: "Je ne sais pas comment V Opéra, avec une musique " si parfaite et une dépense toute royale, a pu réussir " à m'ennuyer (-), " Pour La Bruyère, l'Opéra n'est ni " un poème", " ni un spectacle " ; c'est simplement un concert, ou ce sont " des voix soutenues par des instru- " ments {^). "

On conçoit après toutes ces raisons pourquoi Boileau n'a pas jugé l'Opéra digne d'une mention quelconque en son Ai^t Poétiqiie.

3° Une autre omission de Boileau, à propos du Poème épique, est celledu Poème héi'oï comique. Boileau aima mieux en donner l'exemple que les règles. Le Lutrin parut en même temps que X Art Poétique ;\\% avaient été composés parallèlement ; ou plutôt X Art Poétique était déjà grandement avancé, quand l'auteur entreprit le Lutrin. Du reste Boileau a fait sentir incidemment quel prix il attachait aux fables héroïcomiques, lorsqu'il a loué celles de l'Arioste.

Et puis, Boileau se croit, par ordre de date, le premier auteur français d'un poème héroï-comique : " Je " ne pense pas, dit-il, qu'il y ait d'ouvrage de cette " nature en notre langue ; la Défaite des Bouts-rimés " de Sarrazin étant plutôt une pure allégorie qu'un " poème comme celui-ci (''). "

Les critiques générales et contemporaines au sujet du iii'^ chant ressemblent à celles des autres chants. Je ne les trouve que chez le seul Pradon. Elles reviennent

I. Œuvres mêlées, t. II, p. 268, etc., et éd. Gidel, p. 248. ch. I. — 3. Ib. — 4. Préface du Lutrin.

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