‹ L'Art poétique de Boileau, commenté (volume 2)Chapitre 24 sur 150 · Cf. Lettre à M. de Vivonne · texte numérisé non relu

Cf. Lettre à M. de Vivonne

burlesque contre la faculté ; quatre ou cinq ans auparavant, il avait félicité les animaux, avec les rimes qui reviennent ici sous sa plume, de ce que

" Jamais chez eux un médecin " N'empoisonna les bois de son art assassin ('). "

Ces rimes étaient par trop commodes et obvies, pour ne pas se prêter maintes fois aux médisances des petits Apollons contre les petits Esculapes. Le rimeur Pavillon disait, comme Despréaux, de ces " savants " hâbleurs " :

" Bannissez tous vos >/iêdeci?is ;

" Ce ne sont que des assassins, " Que la crédulité du malade autorise.

" Ils sont fort éloquents, ils ont de bons desseins :

" Mais quoi que leur jargon vous dise,

" La santé qu'ils vous ont promise

" Est d'une trop grande entreprise,

" Pour être l'œuvre de leurs mains (^). "

A la date où Boileau composait la métamorphose du médecin Perrault, Molière mourait, en ridiculisant une dernière fois la médecine, avec son cortège de Diafoirus, de Purgons et de Fleurants. Une dernière fois, Molière traitait les médecins de " hâbleurs " et d' " assassins " suivant les règles : " Toute l'excellence de " leur art consiste en un pompeux galimatias, en un " spécieux babil, qui vous donnent des mots pour des " raisons et des promesses pour des effets... Presque " tous les hommes meurent de leurs remèdes et non " pas de leurs maladies {^).

Donc ici, comnie partout, Boileau est de son siècle.

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