‹ L'Art poétique de Boileau, commenté (volume 2)Chapitre 56 sur 150 · mars · texte numérisé non relu

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se. IV. — V. Fournel, Cont.

reuse Pucelie. Le Bolœana recueille au moins une anecdote où l'on voit le poète appliquant son précepte sur recueil de l'impression. Il s'agit de Jîidith. Le succès en fut grand tout d'abord, grâce au débit de la Champmeslé. — " M. Essain, frère de Madame de La " Sablière, en fît de grands récits à M. Despréaux qui " lui répondait toujours : Je l'attends sur le papier (').

Boileau, si on l'en croit lui-même, craignait le moment solennel où ses vers allaient, pour la première fois, s'étaler chez Barbin, ou chez Thierry. Il en fut ainsi, lui-même le confesse, quand \ Art Poétique fut sur le point d'être soumis aux presses de Barbin. La suspension de l'ouvrage le soulagea " du fardeau de " l'impression et de l'incertitude des jugements " publics (-).

Malgré ce fardeau et ces incertitudes, Boileau. comme ses semblables en Apollon, se résignait volontiers à voir ses œuvres,

" x^mbitieux libelles, " Étaler chez Barbin leurs feuilles criminelles. "

La longue liste des éditions de ses vers publiés sous ses yeux et par son ordre, en serait une preuve fort suffisante. Il savait bien quel sort leur était réservé. Et puis les auteurs ont beau parler des dangers de l'impression, ils aiment à courir ces dangers, comme des braves. Corneille avouait naïvement que les conseils des sages ou des amis ont peu ou point de succès en pareil cas : " Beaucoup de mes amis m'ont toujours " conseillé de ne rien mettre sous la presse, et ont " raison, comme je crois. Mais, par je ne sais quel mal- " heur, c'est un conseil que reçoivent de tout le monde " ceux qui écrivent, et pas un d'eux ne s'en sert (').

I. i5<7/.,LXV. — 2. Lettre de Boil. à Colbert. — 3. Mélite. — Au Lecteur.

Desmarets plaint Boileau d'avoir eu la feiblesse d'imprimer. Après les trqis vers: " Tel éciàt ... " Desmarets ajoute: "Voilà l'état oi^i il (Despréaux) est " tombé lui-même par cette impression ; comme on le " connaît par le jugement de ceux de bon goût qui " l'ont lue, et par ces remarques qui en ont été faites. " Il devrait toujours lire, et jamais ne faire impri-

" mer (').

" On sait de cent auteurs l'aventure tragique.

De ces " cent auteurs" Boileau en va nommer un, au vers suivant. Il en nomme dix ou quinze autres dans les Satires et dans La plaine de Barbin. Grâce à la bataille des chanoines, maint bouquin

" Vit le jour pour la première fois if). "

Selon une des Épigrammes du même Boileau, un ouvrage de Desmarets avait tous ses exemplaires chez Billaine, même après vingt ans d'impression.

Saint- Marc, commentant ces vers de X Art Poétique, nomme La Motte parmi les " cent auteurs " ; et à ce propos il enregistre une historiette qui fait trop d'honneur à La Fontaine pour être omise ici : " Nous avons " vu la même chose arriver aux Fables de feu La " Motte. On les avait louées à toute outrance, lors- " qu'il les avait récitées dans les assemblées publiques " de l'Académie. A peine furent-elles imprimées, " qu'elles n'eurent plus pour admirateur que le petit " Abbé de Pons, qui soutint toujours que le public " avait tort, et que c'était un excellent ouvrage.

" Plusieurs personnes se souviennent, aussi bien " que moi, qu'un jour il vint au Café très en colère " contre un petit neveu, qu'il avait, auquel il avait

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