Hisf. de VAcnd. etc., t. II, p
2. Sachons gré à Boileau de n'avoir pas répété ici le nom de Chapelain, pour le faire précepte. Est-ce par compassion qu'il lui épargna ce châtiment? Un mot de Madame de Sévigné le donnerait à entendre : " Despréaux vous ravira par ses vers. Il est attendri pour le pauvre Cha- " pelain ". (i3déc. 1673.)
-i,. M élite. — Au Lecteur.
Scarron avait résumé les effets de l'impression clans ce quatrain :
" C'est au Palais, chez les marchands, " Où la vente mauvaise ou bonne " A tous ouvrages ôte ou donne " Le nom de bons ou de méchants ('). "
Montfleury avait osé accuser les pièces de son concurrent Molière, de ne se soutenir qu'à la lecture :
" Si, quand il fait des vers, il les dit plaisamment,
V Ces vers sur le papier perdent leur agrément.
" On est désabusé de sa façon d'écrire ;
" L'on rit à les entendre, et l'on pleure à les lire ;
" Et de ces mêmes vers tels qui seront charmés
" Ne les connaissent plus quand ils sont imprimés (^). "
C'est bien un peu ce que l'Alceste de Molière essayait de faire comprendre à Oronte. Mais il est si doux de se voir imprimé.
Pourtant " l'impression est l'écueil ! " C'est une maxime de La Bruyère, écrite à la première page des Caractères. Et si l'on s'en rapporte à Madame de Sévigné, l'impression fit tort même à un chef-d'œuvre de Racine. Malgré sa vieille admiration pour Corneille, la vieille Marquise avait fort goûté la représentation à! Est/ier à Saint-Cyr ; elle avait même qualifié cette pièce de *' belle Tragédie " ; mais à quelques semaines de là, elle écrivait à sa fille : " Vous avez Estlier ; " l'impression a fait son effet ordinaire ; vous savez que " M. de la Feuillade a dit que c'est une requête ** contre l'approbation publique {^). "
Boileau en disant " Tel écrit... " pouvait sous-entendre d'autres noms propres que celui de la malheu-